• Le Quotidien > 
  • Arts 
  • > Julien Boily défie l'oeil du visiteur au Centre Bang 

Julien Boily défie l'oeil du visiteur au Centre Bang

Julien Boily expose au Centre Bang jusqu'au 12... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie)

Agrandir

Julien Boily expose au Centre Bang jusqu'au 12 août.

Photo Le Progrès, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le récipiendaire de la première bourse D'Artagnan-02, Julien Boily, présente son travail artistique des derniers mois jusqu'au 12 août au Centre Bang de Chicoutimi avec Paradigme objet, une exposition où se mêle savoir-faire des anciens maîtres-peintres et créativité numérique.

L'artiste propose aussi des sculptures et des sérigraphies.... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie) - image 1.0

Agrandir

L'artiste propose aussi des sculptures et des sérigraphies.

Photo Le Progrès, Rocket Lavoie

Les natures mortes de Julien Boily montrent souvent... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie) - image 1.1

Agrandir

Les natures mortes de Julien Boily montrent souvent des objets électroniques.

Photo Le Progrès, Rocket Lavoie

D'entrée de jeu, l'artiste originaire de Saint-Gédéon plaisante à propos de sa « sphérite aiguë » lorsque rencontré mercredi à la veille de son vernissage. C'est vrai que cet objet géométrique est prédominant dans les oeuvres exposées à l'Espace Séquence du centre d'art actuel saguenéen. À priori simples, les sphères reflètent ce qui se passe à l'extérieur du tableau, leur donnant une profondeur inattendue pour des natures mortes.

« J'en fais depuis 2009, mais j'ai beaucoup évolué depuis les représentations d'objets électroniques désuets, explique Julien Boily. J'avais envie d'une forme plus épurée et primitive, et la sphère est une référence neutre. Pas tant que ça par contre dans mes oeuvres, puisqu'on y voit plusieurs choses. Je travaille beaucoup le hors-champ, ce qui donne un second niveau de lecture pour le visiteur. De là vient le titre Paradigme objet, pour décrire la façon qu'on a de se représenter le monde à travers un objet. »

Celui qui a une formation d'infographiste 3D suivie d'un bac interdisciplinaire en arts exécute ses tableaux à partir d'une image tridimensionnelle, au lieu d'une photographie, comme la plupart des natures mortes. Trois de ces oeuvres de grand format tapissent les murs du centre, en plus de quelques sérigraphies sur le même thème. Notons aussi des sculptures, dont une réalisée à partir de panneaux agglomérés recyclés dans l'esprit des courtepointes.

« Travailler avec le numérique m'apporte beaucoup d'opportunités. Je peux défier la gravité et faire flotter mes objets ou contrôler l'ambiance et l'éclairage », donne en exemple Julien Boily.

Plus loin, une installation multidisciplinaire a de quoi jouer un tour au visiteur. Une large impression numérique met en scène une sorte de fiction électronique aux couleurs vives. Sauf que l'expérimentation ne s'arrête pas là. Une projection vidéo parfaitement superposée de la même image, mais avec quelques variantes, trouble l'oeil de celui qui regarde.

Grâce au projet D'Artagnan-02, l'artiste a pu aller plus loin dans sa démarche artistique. Avec l'aide de différents partenaires, il est soutenu durant plus d'un an depuis la réflexion des oeuvres jusqu'à la promotion à l'international, en passant par la production, la diffusion et la préparation d'un catalogue, lequel agit comme une carte professionnelle étoffée.

C'est d'ailleurs durant sa résidence à Petit-Saguenay que Julien Boily a développé la technique pour finaliser une des sculptures. Avec l'aide du luthier réputé Benoît Lavoie, il a réalisé un fini laqué comme celui d'une guitare. « Je joue sur la matérialité de la surface, sa superficialité. Ma démarche se dirige de plus en plus vers ça », confie-t-il.

Au départ, sa démarche s'appuie pourtant sur l'histoire de l'art de la peinture, une pratique millénaire. « J'en suis venu à l'idée fixe que c'est une excellente manière de figer une image dans le temps, parce qu'on a en a la preuve avec les tableaux qui nous sont parvenus depuis des siècles presque en parfait état. »

Toutefois, c'est toute une dérive chronologique et géométrique qu'on voit à travers la représentation d'un cube sur quelques oeuvres, une boîte tirée des jeux vidéo de Mario Bros. « J'ai une approche assez classique et le numérique me sort de ma zone de confort », résume Julien Boily.

L'effet catalyseur de D'Artagnan-02

Dès l'automne 2015, l'artiste Julien Boily avait franchi le pas de se consacrer à temps plein à son art, mais la bourse D'Artagnan-02 lui a donné un important élan pour la prochaine année avec plusieurs projets à court et moyen terme.

La première édition de la bourse est financée en grande partie par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Plusieurs organismes culturels contribuent avec leurs services, comme la revue Zone occupée, Canopée médias et les centres d'art Sagamie, Bang et Touttout. Pour la deuxième édition dont l'appel de dossier se termine le 30 juillet, la députée de Chicoutimi Mireille Jean participe financièrement pour encourager l'entrepreneuriat dans sa forme culturelle.

« Il y avait des résidences, des expositions et des participations à des foires internationales offertes dans la région, mais tout était séparé. Il y avait une demande pour accompagner un artiste originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean tout le long du processus de création. On s'est donc concerté avec les différents partenaires, exprime le directeur général du Centre Bang Sébastien Harvey. Ainsi, l'impact sur la carrière et la visibilité de la personne est plus important. »

Le directeur avoue que même si le but est d'éviter à l'artiste de devoir occuper un autre emploi pour survivre, sa situation reste précaire avec un budget annuel d'environ 30 000 $, incluant le prix des matériaux. Cela a été tout de même suffisant pour permettre à Julien Boily de préparer d'autres projets, en même temps que l'exposition Paradigme objet.

À la fin août, il exposera à travers la vitrine de l'artiste américaine Mary Ellen Croteau à Chicago. En septembre, ce sera « la cerise sur le gâteau » avec une exposition solo à la Galerie 3 de Québec. Il participera aussi à une exposition collective en octobre à Stockholm.

« La crédibilité qu'offre le Centre Bang à l'extérieur de la région est importante, note-t-il. D'Artagnan-02 agit comme un catalyseur. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer