Le livre vert de Guylaine Tanguay

Guylaine Tanguay était de passage dans les locaux... (Le Progrès, Michel Tremblay)

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Guylaine Tanguay était de passage dans les locaux du Progrès, mardi, afin de parler de l'album Mon livre vert. Il sortira le 9 juin et donnera lieu à une tournée comprenant une cinquantaine de rendez-vous.

Le Progrès, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Ceux qui connaissent Guylaine Tanguay savent que Mon livre vert représente bien plus que le titre de son nouvel album, disponible à compter du 9 juin. Il s'agit du cahier à anneaux dans lequel sa mère avait regroupé les chansons qu'il lui arrivait d'interpréter dans les années 1970 et 1980, parfois dans des noces, plus fréquemment dans un établissement de Mistassini qui s'appelait Le Charivari Saint-Louis.

« Ils formaient un duo, elle et mon oncle Bernard. Ma mère chantait dans ce bar du jeudi au dimanche. C'était son travail et, le reste de la semaine, elle s'occupait de nous à la maison, à Girardville », a raconté Guylaine Tanguay mardi, à l'occasion d'une entrevue accordée au Progrès. Ce sont de doux souvenirs pour elle, d'autant que c'est à cette époque qu'elle a commencé à apprivoiser la scène. Dès l'âge de six ou sept ans.

Encore aujourd'hui, elle tourne les pages du cahier et pas juste pour céder à une pulsion nostalgique. Comme les recettes écrites à la main et qu'on se transmet de mère en fille, ce document reste vivant, utile. « Je pige dedans quand je dois reprendre un air ancien, confirme l'interprète. Je le fais régulièrement dans le cadre de l'émission Pour l'amour du country. »

À ses débuts, elle a sorti un disque maison où le livre vert figurait à la place d'honneur. Ses fans de la première heure lui en parlaient fréquemment, ce qui l'a poussée à revisiter ce gisement de classiques dans les dernières années. On peut même parler d'un cycle étalé sur quelques enregistrements, lequel prendra fin avec le nouvel encodé, où il atteint sa forme la plus achevée.

« C'est l'histoire de ma jeunesse, de ma famille, de la vie avec mon conjoint et mes filles, de ma carrière et de mon amour pour le public. De cette manière, je referme la série des albums de reprises. Ensuite, je souhaite présenter davantage de chansons originales, tout en incluant quelques versions parce qu'elles constituent des points de repère pour les gens », énonce Guylaine Tanguay.

La notion d'équilibre

Déroulant le fil de sa vie, la Jeannoise se souvient de sa grand-mère Dufour qui fredonnait Partons, la mer est belle, tandis qu'Un verre sur la table la ramène au Charivari Saint-Louis quand sa mère interprétait cette pièce dont l'effet sur l'assistance était instantané. « Dans le bar, je vois du monde chanter, danser là-dessus », souligne-t-elle. Quant à son duo avec Patrick Norman, J'ai tant besoin de toi, il témoigne de son admiration pour lui, doublée d'une réelle amitié.

Un medley lancé par Lâche pas la patate, dans lequel figure l'immortelle de Roger Miron, À qui le petit coeur après neuf heures?, trouve également son origine dans le cahier vert. En revanche, la pièce qui ouvre l'album, À mes filles, est relativement récente. Écrite par Paul Daraîche, elle découle d'un échange qui a eu lieu il y a quelques années, entre les deux artistes. « Je lui avais dit que ma priorité dans la vie, c'était mes trois filles. Ça l'a touché », rapporte Guylaine Tanguay.

Elle insiste d'ailleurs sur la notion d'équilibre, si difficile à mettre en pratique lorsqu'on gagne sa vie sous les réflecteurs. L'amour du public, tel qu'il se manifeste en spectacle, peut se révéler corrosif si l'objet de cette attention n'est pas suffisamment « groundé ». On ne compte plus le nombre d'âmes qui dépérissent lorsqu'elles sont privées de leur dose de scène.

« Il y a quelque chose d'égoïste là-dedans. Tout le monde est là pour toi et ça rend tellement d'artistes malheureux quand ils en sont privés. Ils tombent dans la drogue, les partys, mais moi, j'ai toujours su composer avec ça. J'ai ma famille et mes racines au Lac-Saint-Jean, où je viens justement de faire mon tour. En plus, je suis une fille organisée, alors que dans l'industrie de la musique, on a tendance à trop rêver ou à rester dans le flou », fait observer Guylaine Tanguay.

De fait, même si le succès est au rendez-vous, elle et son conjoint se projettent loin en avant. Entre autres, ils anticipent le jour où la chanteuse ne pourra plus faire de grosses tournées comme celle qui a commencé vendredi, à Repentigny. On parle de 50 escales, un marathon qui sera couru à la vitesse d'un sprint. « Un jour, je sais que je devrai ralentir le rythme », reconnaît la principale intéressée, tout en laissant entendre que ce n'est pas demain la veille.

Nashville: un son et un état d'esprit

Mon livre vert est le troisième album que Guylaine Tanguay enregistre à Nashville. Chaque fois, elle a fait confiance au producteur Steven Mandile, dont le studio est intégré à sa résidence. C'est devenu une affaire de famille lorsque la Québécoise et son conjoint s'y rendent pour mettre en boîte une nouvelle série de chansons.

« Nous vivons chez lui, en compagnie des membres de sa famille, et les séances se déroulent rondement. Comme on prend soin d'échanger des informations au préalable, qu'il m'envoie régulièrement des arrangements pour voir si je suis d'accord, le travail est pas mal avancé quand vient le temps de nous rencontrer », fait remarquer la chanteuse.

Ce sont les musiciens de Steven Mandile qu'on entend sur les disques de Guylaine Tanguay et justement, c'est le son du producteur qui l'a incitée à le contacter. « J'ai tenté ma chance après avoir entendu un album enregistré par un artiste du Canada anglais, raconte la Jeannoise. Je trouvais que ça sonnait bien et dès nos premiers échanges, j'ai senti que ça cliquait. J'aime quand le son est gros, bien rond à la façon country. »

Les valeurs de son ami américain sont les mêmes que celles qu'affectionnent la chanteuse et de son conjoint. Ils aiment le contact personnel et les choses simples, dépourvues de tout artifice. C'est dans cet esprit que le producteur participe aux spectacles donnés au Bridgestone Arena, le domicile des Predators de Nashville. Parce que là-bas, un match de la Ligue nationale de hockey épouse les traits d'un événement communautaire.

« J'ai vu les Predators, la saison dernière, et c'est très différent de la manière dont ça se passe à Montréal. Comme les billets ne coûtent pas trop cher, des familles entières assistent aux rencontres. C'est un véritable happening », s'émerveille Guylaine Tanguay. Elle aurait aimé y retourner pendant les présentes séries, mais la sortie de l'album, couplée au début de la tournée, l'a obligée à renoncer à ce plaisir.




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