Le King au Royaume

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Dans la peau d'Elvis Presley, Martin Fontaine a offert un spectacle très apprécié, au Théâtre du Palais municipal de La Baie, vendredi.

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'est comme un show de diapos où les images se mettraient à bouger, un album où le chanteur parlerait entre les pièces, alors qu'il n'y a pas de place pour ses interventions sur le vinyle. Bienvenue dans le monde étrange et fascinant d'Elvis Experience où, pendant deux heures, une région de votre cerveau vous informe qu'il s'agit d'une illusion, tandis qu'une autre collection de neurones, de plus en plus insistante, de plus en plus convaincante, vous suggère d'y croire.

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C'est ainsi qu'au lieu de se demander s'il existait un décalage quelconque entre le modèle et la copie, il était plus amusant de juger Elvis lui-même, comme si on découvrait tout ça en temps réel.

Le Progrès, Rocket Lavoie

Son pouvoir d'influence est d'autant plus grand que vous brûlez d'envie de vous retrouver à l'International Hotel de Las Vegas dans les années 1970, la période couverte par cette production menée par Martin Fontaine. Or,  avant même le début du spectacle présenté vendredi soir, au Théâtre du Palais municipal de La Baie (il sera de retour samedi, à 16h et 20h), voici qu'on vous met sous les yeux l'affiche en forme de losange qui disait: Welcome To Fabulous Las Vegas Nevada.

Suivant la même logique, des ritournelles popularisées par des gens comme Cat Stevens et Paul McCartney sont diffusées dans la salle. Au début, on n'y prête guère attention, mais peu à peu, malgré le rappel à la réalité que constituent les téléphones intelligents, les vêtements que portent les gens, ainsi que le bâtiment lui-même, une idée commence à s'installer. Peut-être que tantôt, pour vrai, le King prendra le contrôle du Royaume.

Réchauffée par les films montrant le chanteur au temps de sa splendeur, arrivant en limousine, s'apprêtant à fouler la scène de l'International Hotel, la foule, qui occupait tout le parterre et débordait jusqu'aux gradins, est devenue fiévreuse lorsqu'ont résonné les premières notes d'Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss. Elvis était dans le building.

Vêtu de blanc, il a fait mine de gratter sa guitare face à ses huit choristes et ses 22 musiciens, tout en livrant une version tonique de C C Rider. C'était à la fois rock et gospel et pour la première fois, on a eu droit à une finale dominée par les cuivres. Le ton était donné et déjà, dans la tête de l'auteur de ces lignes, une affaire était réglée.

Ce numéro était si précis, jusque dans les moindres détails, cabotinages inclus, qu'il ne faisait pas de doute que Martin Fontaine était devenu le jumeau cosmique du gars de Memphis.

C'est ainsi qu'au lieu de se demander s'il existait un décalage quelconque entre le modèle et la copie, il était plus amusant de juger Elvis lui-même, comme si on découvrait tout ça en temps réel.

Ce qui est frappant à cet égard, c'est de voir comment il avait réussi à former une bulle créative qui n'obéissait à aucune règle, hormis celles qu'il daignait s'imposer. C'est ainsi que dans sa version de La quête, l'hymne de Brel, les arrangements sont tellement touffus, bien trop cuivrés, bien trop pompiers. Et pourtant ça marche. Des fois aussi, on trouve qu'il abuse des «passes» de karaté. À chaque récidive, pourtant, on sourit, signe que l'entertainer en lui avait raison.

À l'opposé, il était fascinant de le voir se glisser dans Proud Mary avec autant d'aisance que si c'était sa pièce à lui, plutôt qu'à Tina Turner et CCR. Sa voix suintait le bayou, tandis que le groupe a dressé un mur de son qui a réduit à néant toute forme de résistance. C'est également ce qui s'est produit avec Burning Love, dans la deuxième partie. Il a eu beau montrer son torse, ce qui a emporté l'adhésion, c'est le rythme infernal, autant que le rendu.

Plus spéciale encore, sa version de Fever, uniquement appuyée par les percussions, a constitué l'un des faits saillants du spectacle. Elle est intervenue juste avant la séquence finale ouverte par un Glory Alleluia tonitruant, hommage émouvant aux racines sudistes du chanteur. Et quand est arrivé My Way, autre temps fort de la soirée, on a compris ce que cette composition signifiait pour lui parce qu'on avait eu tout le loisir de mesurer ce qui le rendait si singulier. Il y avait la voix, les attributs physiques, mais surtout, un désir féroce de ne chanter sur scène que des choses qu'il aimait. À sa manière.




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