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Amorphisme: une rare et belle sortie de Marcial Grenon

Marcial Grenon expose au CNE... (Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque)

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Marcial Grenon expose au CNE

Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Même si Marcial Grenon est un habitué des centres d'exposition européens, notamment ceux de la Suisse, où il demeure présent par l'entremise de la Galerie Philippe Hubert de Fribourg, on le connaît peu dans la région qui l'a vu naître. De retour à Sainte-Rose-du-Nord depuis 14 ans, cet artiste préfère travailler dans son atelier plutôt que de courir les vernissages, d'où l'intérêt de l'entrevue réalisée mardi, au Centre national d'exposition de Jonquière.

C'était l'occasion de le revoir, six ans après l'exposition présentée à l'auberge La Tourelle de Saint-Fulgence, de regrettée mémoire. Toujours aussi affable, il a confié que ce projet occupait ses pensées depuis longtemps, d'où la joie que lui a procurée le vernissage, très fréquenté, ainsi que la visite d'Amorphisme, son solo présenté jusqu'au 18 juin. « L'équipe dirigée par Manon Guérin a produit un montage exceptionnel », a confié le Saguenéen au journaliste du Progrès.

Jumeaux à table illustre bien la prédilection de... (Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Jumeaux à table illustre bien la prédilection de Marcial Gagnon pour le maillage du réalisme et de l'abstraction.

Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque

Les toiles sont plus grandes que la dernière fois, à l'exception des croquis accrochés près de l'entrée. Ceux-ci illustrent le caractère méticuleux de Marcial Grenon, qui amorce rarement la création d'une oeuvre sans savoir où elle le conduira. « Je sais ce que je veux faire, mais même après 45 ans, je crains toujours de commettre une erreur d'exécution », mentionne-t-il.

Une autre de ses obsessions tient au respect du nombre d'or, cette règle définissant la composition d'un tableau depuis la Renaissance. C'est ainsi que l'une des dernières oeuvres conçues avant l'exposition, Lapin jaune, a été modifiée à partir du croquis, histoire de trouver le juste équilibre entre les formes. L'animal affiche aussi une vibrante couleur jaune qui tranche avec la plupart des images accrochées au CNE.

C'est le signe d'une mutation, laisse entendre l'artiste. On dirait une bande dessinée, ce qui correspond aussi à l'impression générée par trois dessins au pastel regroupés sur le mur voisin : Le lit de MozartS.O.S. et Bonhomme 7 heures. « J'ai le goût d'en faire d'autres du même genre, destinés aux enfants. Ce qui est bien avec eux, c'est qu'ils comprennent spontanément », souligne Marcial Grenon.

Néanmoins, c'est un tableau plus fidèle à sa manière, Nature morte, qui lui inspire les commentaires les plus flatteurs. Il l'a exécuté au fusain, en vaporisant de l'eau sur la toile afin de produire un effet proche de l'aquarelle. « J'aime la façon dont j'ai organisé les fruits sur l'assiette », explique le Roserain, qui affiche également un faible pour Jumeaux à table.

Sur cette oeuvre grand format, les frères partagent une même tête, tandis que le corps de l'un d'eux semble se dissoudre, ce qui correspond au désir de l'artiste de jumeler réalisme et abstraction. « Ça invite à entrer dans le tableau », énonce Marcial Grenon, dont le titre de l'exposition réfère justement à « un art sans formes repérables ».

Ce boîtier donne une idée du travail que... (Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Ce boîtier donne une idée du travail que Marcial Grenon a dû déployer afin de produire les chaises miniatures qui en forment la trame. Elles sont surmontées de jolies plumes, lesquelles ajoutent de la verticalité à l'affaire.

Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque

Des oeuvres faites de bois et de plumes

Marcial Grenon y voit des bas-reliefs. Il s'agit d'une série de boîtiers renfermant de minuscules chaises en bois de balsa, toutes faites de ses mains et composant des trames parfois étonnantes. On croit reconnaître le drapeau d'Israël, de même la lettre x, sur certaines des oeuvres présentées au Centre national d'exposition de Jonquière.

Elles sont accrochées à la manière d'un tableau, alors que d'autres sont posées à l'horizontale. La lumière projetée sur ces dernières produit des ombres que magnifient les plumes de perdrix et de faisans fixées à chacun des dossiers. L'effet est joli, apaisant. On a le sentiment d'explorer un paysage étrange, un brin surréaliste, tout en étant émerveillé par la patience qu'il a fallu déployer pour faire naître ces créations.

« Ça demande beaucoup de précision lorsque je taille le bois et à chaque fois que je colle deux pièces ensemble, je dois les tenir pendant quelques minutes en attendant que ça prenne. Le processus est laborieux, mais aujourd'hui, je pense que je suis arrivé au bout de cette expérience », a décrit l'artiste au cours d'une entrevue accordée au Progrès.

Il se plaît à comparer ces oeuvres à des jardins dans lesquels le regard peut se perdre à loisir. « Ce sont des planches de méditation, l'équivalent d'un mandala. J'en ai fabriqué une soixantaine, au total, et plusieurs ont été exposées en Suisse. Celle qui forme un x est d'ailleurs inspirée par le drapeau de ce pays. C'est juste que je l'ai inversé », rapporte Marcial Grenon.

Il y a également un tableau intitulé Stonehenge, qui fait penser à une vue aérienne du célèbre site anglais. Quant à son étoile de David, elle n'a rien de politique, à l'en croire. « Pour moi, ce n'est pas le drapeau d'Israël. Ce ne sont que des formes », assure l'artiste originaire de Sainte-Rose-du-Nord, dont la première boîte a été conçue il y a cinq ans.




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