Orloge Simard: mémorable à tous les égards

Orloge Simard a célébré dignement la sortie de... (Le Progrès, Jeannot Lévesque)

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Orloge Simard a célébré dignement la sortie de l'album Beuvez tousjours. Ne mourez jamais, vendredi soir, au Vieux Théâtre de La Baie. Près de 600 personnes avaient envahi la salle pour assister à ce spectacle mémorable à tous égards.

Le Progrès, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Pour une fois, ce n'est pas l'Esprit du fjord qui a soufflé sur La Baie, vendredi soir. Ça ressemblait davantage à l'Esprit du fort, dans le sens d'alcool, de soirées longues et débridées. Notre belle jeunesse occupait chaque recoin du Vieux Théâtre et pendant une centaine de minutes, elle a attendu avec une placidité exemplaire l'arrivée d'Orloge Simard, le chanteur et le groupe, à l'occasion du spectacle marquant le lancement de l'album Beuvez tousjours. Ne mourez jamais.

Un artiste ordinaire se serait brûlé en se laissant désirer ainsi, mais pas Orloge. Ceux qui se trouvaient dans la salle faisaient partie du noyau dur de ses fans. Ils le suivaient bien avant que les médias ne s'intéressent au phénomène et savaient que leur patience serait récompensée. Dès l'ouverture du rideau, en fait, tous ont réalisé que cet événement les rendrait un peu plus heureux.

«Oyez! Oyez! Veuillez accueillir le plus grand roi du monde, Orloge 1er», a-t-on annoncé pendant que cinq musiciens portant perruques, vêtus comme au temps de Louis XIV et portés par une musique à l'avenant, ont salué la foule en délire. Déjà, au pied de la scène ornée de bouteilles de bière et de vin, on remarquait des bras tendus bien haut. C'était encore tranquille au coeur de la piste de danse, mais les gars qui s'y trouvaient n'ont pas attendu longtemps pour slammer avec abandon.

Ils étaient venus pour découvrir la version «live» de l'album et pour passer un bon moment, ce qui a commencé sur le beat funky de Crescendo, relayé par Vincent. «Comment ça va à souère? Avez-vous une p'tite soif ou quoi?», a lancé Orloge avant de chanter l'un des beaux titres de la soirée: Organic Music. Après quelques incantations, ses camarades ont installé un beat lourd pendant qu'il se lançait dans un monologue ultra-rapide qui rappelait ceux de Serge Brideau, le leader incandescent des Hôtesses d'Hilaire.

Une talle de gars pas mal intenses secouaient la tête vigoureusement, prélude au joyeux délire provoqué par la pièce suivante: Fabrice Bouchard. Le demi-monde de La Baie étant à Orloge Simard ce que Saint-Élie-de-Caxton représente pour Fred Pellerin, ce portrait d'un fier-à-bras un brin caractériel l'a montré au meilleur de sa forme, alors qu'il s'est fait plus raconteur que chanteur. Ça sonnait comme les Cowboys Fringants, mais un cran plus raide.

Dans la même veine, Pendaison de crémaillère a incité les gens à allumer briquets et cellulaires, histoire de communier à une histoire tordue relatée tout doucement, à la manière d'une ballade. Une vraie réussite et pas juste pour le texte, mais ce que tous attendaient, c'était Cabane à pêche, une composition ancienne qui a trouvé une nouvelle vie sur l'album.

Le refrain a tout du ver d'oreille, tandis que les paroles font honneur à la réputation d'Orloge, grand pécheur devant l'Éternel. Disons qu'il fait chaud dans sa cabane, lieu de tous les ébats, ainsi que d'une pêche miraculeuse où son membre viril est mis à contribution. C'était pareil dans la salle, du moins en ce qui touche la chaleur, et l'unique regret de l'auteur de ces lignes fut de devoir quitter le Vieux Théâtre pour écrire ce texte, pâle reflet des sortilèges déployés par le groupe et ses fans.




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