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Michaël à La Voix: l'essentiel a été accompli

Voici Michaël pendant l'interprétation d'Aimons-nous, dimanche dernier. C'est... (Courtoisie, Réseau TVA)

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Voici Michaël pendant l'interprétation d'Aimons-nous, dimanche dernier. C'est ce qui lui a donné accès à la demi-finale de La Voix, une étape que le chanteur saguenéen franchira demain soir.

Courtoisie, Réseau TVA

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Daniel Coté
Le Quotidien

Juste avant de chanter les premières lignes d'Aimons-nous, dimanche dernier, Michaël a tourné son regard vers sa conjointe et leurs trois enfants. Le contact a été bref, l'affaire d'une poignée de secondes, mais il n'en fallait pas davantage pour faire ressortir les émotions qui ont balisé son parcours à l'émission La Voix.

L'homme âgé de 37 ans, originaire de Bégin, avait longuement soupesé le pour et le contre avant de soumettre sa candidature au concours. Il se demandait comment serait considérée sa participation. La jugerait-on illégitime, eu égard à ses nombreux albums, dont un disque d'or, ainsi que l'élan puissant qui avait porté sa carrière au temps de l'imprésario Josélito Michaud ? À l'opposé, peut-être qu'on y verrait un signe de détresse après quelques années creuses.

« Les gens de la région avaient le sentiment que les choses allaient bien et c'est vrai qu'à travers les médias sociaux, j'ai moi-même encouragé cette perception. Or, depuis un certain temps, c'était tranquille et je cherchais un moyen de faire bouger les choses. J'ai donc consulté les membres de ma famille, qui connaissent bien ma réalité, et c'est ensemble que nous avons embarqué dans cette aventure », a confié Michaël vendredi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Il était tendu comme une corde de violon, au moment d'interpréter la pièce créée par Yvon Deschamps, mais l'expérience aidant, cette émotion a été canalisée dans le rendu. Tous on senti que ces quelques minutes sur la scène avaient valeur d'éternité pour lui. L'enjeu était d'autant plus important que, pour la première fois, le public était appelé à voter. Or, c'est lui, bien plus que les juges, qui a le pouvoir de remettre sa carrière sur les rails.

« Je ne m'attendais pas à gagner. Margau avait été extraordinaire, tout comme Maxime (Desrosiers, le chanteur du groupe saguenéen Mordicus), et j'avais l'impression qu'on voulait du nouveau. Notre coach, Marc Dupré, a d'ailleurs accordé plus de points à Margau », raconte Michaël. C'est donc le public qui l'a propulsé en demi-finale, ce public qui, justement, représentait l'objet de toutes ses attentions. La victoire, même décrochée par un tout petit point, n'en fut que plus douce.

Libre et authentique

Demain, à compter de 19 h 30, ils ne seront que deux à revendiquer l'honneur de représenter l'équipe de Marc Dupré en finale. Michaël sera opposé à une artiste qu'il juge extraordinaire, Rebecca Noelle, et tentera de rallier le plus de gens possible à sa cause. Cette fois, en effet, seul le vote du public déterminera l'identité du vainqueur.

« J'espère que ma région sera derrière moi comme elle l'a été à chacune des étapes de ma carrière. Dans les phases précédentes du concours, c'était déchirant parce que j'ai été en compétition avec Emy (Harvey-Fournier,) puis Maxime. Cette fois, par contre, je suis le seul à provenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean », fait valoir l'interprète.

Il sait qu'une partie de l'auditoire a eu la dent dure envers lui, dimanche dernier. Certains ont estimé que sa victoire était due aux « matantes » et, sans le savoir, ils ont donné raison à son ami Jérôme Couture, un autre vétéran de La Voix. Consulté juste avant la participation de Michaël aux auditions, il lui avait conseillé de prendre ses distances vis-à-vis des médias sociaux afin de s'épargner une surdose de méchanceté.

« Je n'ai pas trop embarqué là-dedans, sauf sur mes supports à moi où la grande majorité des gens m'apportent beaucoup d'amour. Jérôme m'a aussi recommandé de me laisser aller sur scène, de m'amuser, et c'est ce que je compte faire en demi-finale. Même si le fait de chanter devant 2,5 millions de personnes génère une nervosité incroyable, je vais me sentir libre et assumer qui je suis. Je serai dans l'authenticité », assure Michaël.

L'essentiel a déjà été accompli

Peu importe ce qui se produira dimanche soir, Michaël a le sentiment que l'essentiel aura été accompli en ce qui le concerne. Un large auditoire aura eu l'occasion de l'entendre plusieurs fois, d'apprécier ses capacités en tant qu'interprète et, dans certains cas, de le redécouvrir. D'une certaine manière, le pari qu'il a pris avec l'accord des membres de sa famille, il y a plusieurs mois, a déjà produit ses fruits.

« Cette semaine, c'est seulement lorsqu'on a commencé les "répètes" que la nervosité est revenue. En même temps, je trouve ça hallucinant d'être rendu à une étape de la finale. Je trippe et je me dis que si je me qualifie, ce sera un gros bonbon. Juste le fait d'interpréter une chanson écrite par Marc Dupré pour cette occasion, ce serait un rêve », affirme le chanteur.

Aujourd'hui, il voit sa présence à La Voix comme la suite logique des efforts consentis pour demeurer actif sur la scène artistique. Pas du genre à attendre que le destin lui fasse signe, en effet, le Béginois a pris l'habitude de se montrer proactif. « Au début de chaque année, je regarde ce qu'il serait possible de faire pour garder ma place. Je dois travailler fort parce qu'il y a une panoplie d'artistes talentueux qui arrivent sur la scène », explique-t-il.

C'est ainsi que Michaël a ajouté des cordes à son arc en devenant professeur et artiste peintre, autant de manières de préserver le rêve ultime, qui consiste à vivre de la chanson. Et c'est pourquoi il s'est inscrit au concours et que la première étape présentée au petit écran, celles des auditions à l'aveugle, fut la plus éprouvante de toutes. Un échec aurait été difficile à prendre.

« Je me suis lancé pour montrer que j'existe. Il s'agissait d'un cri du coeur, un signal d'alarme, et ma grande peur a été qu'aucun juge ne se retourne pendant les auditions à l'aveugle. C'est d'ailleurs ce qui m'avait fait hésiter, mais depuis ce temps, je n'ai qu'une idée en tête, soit de vivre pleinement cette aventure », fait remarquer l'interprète.




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