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Un guide pour rendre les consultations plus fructueuses

Coauteur d'un ouvrage dont la gestation s'est étalée... (Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Coauteur d'un ouvrage dont la gestation s'est étalée sur quatre ans, Le petit guide de la grande concertation: création et transmission culturelle par et avec les communautés, Olivier Bergeron-Martel y voit un outil convivial qu'apprécieront les personnes chargées de mener des consultations. Il donne des pistes afin que cette démarche soit la plus fructueuse possible.

Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le titre n'est vraiment pas celui d'un best-seller : Le petit guide de la grande concertation : création et transmission culturelle par et avec les communautés. Ce que renferme cet ouvrage publié récemment par La Boîte Rouge VIF n'a rien d'aride, cependant. C'est la somme des expériences vécues sur le terrain, au contact de centaines, de milliers de personnes, dans le cadre des projets auxquels l'organisme basé à Chicoutimi a prêté son concours.

De par sa vocation, une grande part de ces initiatives ont amené la Boîte à oeuvrer au sein des communautés autochtones du Québec. S'il fallait préparer une exposition dans un village, par exemple, quelle était la meilleure stratégie afin de refléter la vie des gens ? Trop souvent, de tels choix ont été effectués de façon arbitraire, alors que l'approche collaborative évoquée dans le livre ouvre des perspectives si riches qu'elles ne se limitent pas à la transmission culturelle.

« La méthode préconisée par La Boîte Rouge VIF est inspirée de la culture autochtone, explique Olivier Bergeron-Martel, coauteur du guide en compagnie d'Élisabeth Kaine, Denis Bellemare et Pierre DeConinck. Elle insiste sur l'importance de l'écoute, sur la concertation, ce qui correspond à l'esprit communautaire, à la manière traditionnelle de faire les choses. »

Pour reprendre l'exemple de l'exposition, plein de rencontres seront organisées avec les anciens et les jeunes, ainsi qu'un nombre équivalent de femmes et d'hommes, pour rejoindre une large palette de sensibilités. Il arrive même qu'on pousse plus loin la cueillette de données. Des images peuvent être captées au village, histoire d'enrichir le contenu.

C'est ce qui s'est produit dans la communauté autochtone de Mingan, dont le musée laissait de marbre ceux dont il était censé refléter la vie. Une activité portes ouvertes a amené les gens à s'exprimer, prélude à la confection d'un rapport qui a débouché sur la mise en place d'une exposition plus fidèle à la vision du monde de ceux qui en constituent l'objet. « À partir de ce moment, un sentiment d'appartenance s'est développé », rapporte Olivier Bergeron-Martel.

Facile d'usage

D'une mission à l'autre, la Boîte Rouge VIF a raffiné son approche. Des stratégies ont été identifiées, qui ont montré qu'elles pouvaient être transposées dans d'autres champs d'activité que la scène culturelle. Il fallait cependant mettre de l'ordre dans les notes, pour ainsi dire, produire un guide facile d'usage et très adaptable, lequel a été publié aux Presses de l'Université Laval.

« On a mis quatre ans à le produire et de grands efforts ont été consentis dans le but de vulgariser le contenu. Il y a plein d'exemples pour aider les gens qui travaillent sur le terrain, ainsi que des photographies et des illustrations. Nous l'avons même boudiné pour que le document puisse être consulté plus aisément », décrit Olivier Bergeron-Martel.

Ce ne fut pas simple comme exercice. Parfois, les membres de l'équipe ont dû réviser leur copie, jugée pas assez conviviale. Aujourd'hui, cependant, ce souci de clarté trouve son sens, puisqu'il permet à tous de s'approprier le document. On peut s'en servir pour mener une enquête sur les itinérants, ou encore pour aider une communauté religieuse à laisser une empreinte durable dans sa région. Pas étonnant, dans ce contexte, que la version française soit déjà en réimpression.

« Quatre ans après le début du projet, nous voyons cette publication comme un aboutissement, fait observer Olivier Bergeron-Martel. Nous avons le sentiment du devoir accompli en raison du caractère universel du guide et parce nous avons la conviction qu'il rayonnera à l'extérieur du milieu universitaire. » Il ajoute que pour se procurer un exemplaire, il suffit de se rendre au Pavillon autochtone de l'UQAC, où niche la Boîte Rouge VIF, ou de le commander par l'entremise d'Internet.

Un produit dérivé baptisé Voix Visages Paysages

C'est comme un produit dérivé, sauf qu'il ne s'agit pas d'une casquette ou d'une affiche. Né dans la foulée d'une exposition permanente présentée par le Musée de la civilisation de Québec, le livre Voix Visages Paysages créé par l'équipe de La Boîte Rouge VIF, sous la direction d'Élisabeth Kaine, lève le voile sur l'immense travail de recherche qui sous-tend ce type de projet.

On y trouve un portrait des 11 nations autochtones du Québec embrassant autant le passé que le présent ou l'avenir. Fruit d'innombrables entrevues réalisées au sein de 18 communautés, dont celle de Mashteuiatsh, il est nourri par les 2000 pages de témoignages accumulées entre 2010 et 2013, auxquelles il faut ajouter d'innombrables photographies et documents vidéo.

«Nous avons demandé à ces personnes ce qu'elles souhaitaient voir dans l'exposition. Comme celle-ci ne renferme qu'une faible partie du contenu qui avait été recueilli, nous avons profité de la sortie du catalogue artistique pour intégrer de nombreuses citations», décrit Olivier Bergeron-Martel, membre de l'équipe de La Boîte Rouge VIF.

L'ouvrage, volumineux, donne la parole aux autochtones en ne fournissant que les informations essentielles pour la mettre en contexte. Ce sont eux qui parlent de la vie d'avant et des questions qui se posent aujourd'hui, ce qui donne un collage révélateur de l'état d'esprit qui est le leur, à un moment où tant que choses sont en mouvance.

«On y évoque les luttes, la militance, le boom démographique et plein d'éléments positifs qui se rapportent à l'époque contemporaine. En même temps, le lecteur peut remonter dans le temps. L'histoire des communautés autochtones est aussi abordée, ce qui donne l'occasion de rectifier certaines choses», fait valoir Olivier Bergeron-Martel.




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