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Les Ballets jazz à Chicoutimi: une atmosphère de spectacle rock

Invités par Diffusion Saguenay, vendredi soir, les Ballets... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Invités par Diffusion Saguenay, vendredi soir, les Ballets Jazz de Montréal ont séduit les spectateurs rassemblés au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi à la faveur de deux chorégraphies remarquables. L'énergie des danseurs s'est notamment déployée sur cette pièce intitulée O Balacao De Amor, inspirée par la musique de Cuba.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il est facile d'aimer la danse lorsqu'elle émane des Ballets jazz de Montréal. Même amputé d'une chorégraphie parce que l'un des participants est alité depuis son retour de Chine, où la compagnie a tourné pendant un mois, le programme proposé vendredi, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, a offert plein de raisons d'espérer pour l'avenir de ce mode d'expression.

Le premier motif de réjouissance est venu quand on a réalisé que les trois quarts du parterre étaient occupés. De surcroît, le public comportait une forte proportion de jeunes, des enfants, des adolescents et de jeunes adultes qui, manifestement, étaient heureux de voir des artistes dont le travail nourrirait leur pratique.

Ils n'ont pas attendu longtemps pour être étonnés puisque la première pièce, O Balacao De Amor, possède un charme fou. Livrée par 12 interprètes aux costumes dépareillés, laissant filtrer l'esprit qui anime Cuba de toute éternité, cette chorégraphie reproduit des scènes qui n'auraient pas déparé un samedi soir, dans une rue de La Havane.

Sur des airs de Pérez Prado, chaque danseur joue sa partition avec une légèreté dans le ton qui fait plaisir à voir. Tous possèdent une personnalité affirmée, laquelle s'exprime à travers leurs mouvements, leur attitude. On voit ainsi défiler une cocotte au dos cambré, le nez en l'air comme si elle tutoyait le ciel, des machos élégants, ainsi qu'un nerd portant bretelles, le visage barré par des lunettes noires.

C'est justement lui qui s'est pointé en premier, sauf qu'à chaque fois qu'il se posait sous une lumière, celle-ci s'éteignait. C'était drôle et annonciateur d'un joli duo faisant intervenir une femme au look similaire. Prenant le relais de leurs camarades, dont les chorégraphies énergiques faisaient écho à la pulsation de la rue, ils ont clôturé le numéro en multipliant les touches d'humour et en exécutant des figures originales, un brin acrobatiques.

Des cris et des sifflets ont salué la fin de cette pièce, si bien que les yeux fermés, on se serait cru dans un spectacle livré par un groupe à la mode. Il restait cependant une autre oeuvre, Kosmos, et elle aussi a ravi l'assistance. Sur des musiques mi-traditionnelles et mi-électroniques, la troupe a dansé avec encore plus d'abandon. Les gestes étaient presque sauvages, suggérant tantôt le désespoir, tantôt une forme de chaos.

La surprise est venue après un solo pendant lequel un danseur d'une souplesse immatérielle s'est laissé porter par des rythmes africains. Des interprètes se sont regroupés sur la scène au moment où, Dieu sait comment, ils furent réduits à l'état de silhouettes argentées sur fond noir. Sur une musique douce, on a alors vu naître des images fugitives faisant penser à une maison, puis une forêt en mouvement. On n'était plus à Cuba, ni à Chicoutimi, ni nulle part, et c'était très bien ainsi.




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