Du jeu à la réalisation

Les actrices et réalisatrices Alexa-Jeanne Dubé, Mara Joly... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

Agrandir

Les actrices et réalisatrices Alexa-Jeanne Dubé, Mara Joly et Fanny Mallette ont parlé de leur double rôle devant le public de REGARD qui venait tout juste de visionner leurs courts métrages samedi soir.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Après avoir campé des rôles au petit comme au grand écran, certains acteurs choisissent de se lancer derrière la caméra. REGARD a regroupé les courts métrages de six d'entre eux vendredi soir, dans le cadre d'une programmation intitulée l'Acteur-réalisateur.

L'acteur français Pierre Niney (Yves Saint-Laurent dans le film YSL), les actrices Fanny Mallette (Feux, Mensonges), Mara Joly (Pour Sarah, Les jeunes Loups), Alexa-Jeanne Dubé (Féminin/Féminin, 30 Vies), de même que les acteurs Émile Proulx-Cloutier (30 Vies, Toute la vérité) et Guillaume Cyr (L'Imposteur, Ruptures) sont tous connus pour leur jeu. Pourtant, derrière ces comédiens, se cachent aussi des cinéastes qui ont choisi d'apprivoiser le cinéma sous un nouvel angle.

Un court métrage de chacun d'entre eux a été présenté vendredi soir au Petit théâtre de l'UQAC. 

D'abord, Pour le rôle de Pierre Niney a surpris puis fait sourire le public avec l'histoire d'un jeune comédien qui passe une audition pour le moins déstabilisante. 

La vie commence, troisième court métrage d'Émile Proulx-Cloutier, a ensuite plongé la salle dans le drame de deux frères qui vivent en banlieue. Les dialogues sont peu nombreux, tout est raconté par les gestes et expressions des deux garçons, campés avec justesse par Maxime Dumontier et Vincent Proulx-Hébert. Le film a d'ailleurs reçu le prix Génie du meilleur court métrage dramatique en 2009.

Le dernier mardi de Fanny Mallette présente deux femmes à des étapes opposées de leur vie. L'aide-soignante attend tout de la vie, l'aîné dont elle prend soin attend la mort. Pour l'adaptation de la nouvelle de Marc Séguin, la cinéaste a réuni une équipe d'actrices efficaces composée de Françoise Faucher et Emmanuelle Lussier-Martinez. Toutes trois, elles sont parvenues à transposer en beauté à l'écran la jeunesse, la vieillesse et la relation qui les unit.

Le court métrage de Mara Joly ne peut laisser indifférent. Pendant quelques minutes, le public devient voyeur, témoin de l'intimité d'un couple. Pour vrai met en scène l'amour, la sexualité et la notion de consentement dans un seul plan-séquence. Le public devient témoin d'un viol conjugal. Le court métrage réalisé en 2014 est d'actualité, il a d'ailleurs circulé sur les médias sociaux dans le cadre du mouvement contre la culture du viol. 

Dans Oui mais non, Alexa-Jeanne Dubé, qui campe également un des personnages aux côtés de Karelle Tremblay, expose la relation ambiguë entre deux jeunes femmes. Elles sont voisines et amies. L'une est attirée par l'autre, qui elle, semble insensible à ses avances. En moins de 12 minutes, la cinéaste parvient à porter à l'écran deux personnages des plus intéressants. 

Finalement, c'est Chinatown de Guillaume Cyr qui a clôturé la soirée. La fiction sombre et insolite de 15 minutes propose l'histoire d'un fleuriste qui après avoir emprunté 10 000$ à un prêteur sur gages, se voit obligé de travailler pour lui. Le cinéaste est parvenu à créer un univers étrange tout en soutirant quelques rires au public qui a eu droit à une soirée des plus réussies.

Un panel 100% féminin

Alexa-Jeanne Dubé, Mara Joly et Fanny Mallette ont répondu aux questions de l'animatrice Manon Dumais devant le public après la projection. Émile Proulx-Cloutier, qui a offert un concert jeudi soir, était lui aussi présent, mais incapable de prendre part à la discussion en raison d'une extinction de voix. C'est donc un panel complètement féminin qui s'est exprimé, notamment sur les avantages d'être à la fois actrices et réalisatrices. Alexa-Jeanne Dubé estime que la double expérience permet d'avoir une plus grande sensibilité au jeu et au texte. Pour Mara Joly, c'est aussi l'occasion d'écrire des personnages féminins plus crédibles et nuancés. Quant à Fanny Mallette, elle estime que son expérience lui a surtout permis d'être déjà familière avec un plateau, et ce, même s'il s'agissait de son premier film à titre de réalisatrice. «Il a par contre fallu que j'écoute le conseil de mon mentor André Melançon qui m'a dit d'être exigeante, et ce, même si le talent des actrices m'époustouflait. J'étais trop empathique et je m'inquiétais beaucoup de leur confort», explique-t-elle. 

Toutes trois ont été poussées à se lancer par une envie de créer. 

«Réaliser, c'est un désir que je traîne avec moi depuis longtemps. Comme j'ai eu trois enfants, je remettais toujours le projet à plus tard», explique Fanny Mallette. «J'aime raconter des histoires et diriger des acteurs. C'est aussi une façon de me créer des défis», souligne Mara Joly. 

Pour Alexa-Jeanne Dubé, c'est une occasion de bénéficier d'une certaine liberté. «J'aime jouer, mais j'ai un certain malaise avec le fait de toujours me faire dire quoi faire. De cette façon, j'ai l'impression de m'exprimer.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer