Dualité entre le vrai et le faux

Avec POSTURE, Sophie Latouche propose le fruit de... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Avec POSTURE, Sophie Latouche propose le fruit de sa résidence d'artiste réalisée au Lobe.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Le Web occupe une place importante dans nos vies. Chaque jour, les photographies de tout un chacun se multiplient au rythme où défile le fil des différents médias sociaux. Les égoportraits sont aussi vite remplacés, au gré des tendances et des nouveaux filtres et applications disponibles. Mais où se situe la ligne entre le vrai et le faux ? Et d'abord, y a-t-il réellement une ligne à tracer ?

L'artiste Sophie Latouche se lance pour une première fois en solo et c'est le public de la région qui aura l'occasion de découvrir le résultat de son travail. Jusqu'au 31 mars, elle propose POSTURE au Lobe de Chicoutimi, une exposition fruit d'une résidence d'artiste où impressions numériques et vidéos s'unissent pour questionner et mettre en scène la dualité entre le vrai et le faux. 

Le Web et les interfaces numériques poussent les utilisateurs à se créer une image et un design, à repenser leur manière de se présenter au reste du monde. Dans son travail, Sophie Latouche combine des images issues du Web avec humour et ironie et des animations. «Ces choses-là prisent sur le Web parlent d'elles-mêmes. Si je tentais de les recréer, ça deviendrait une parodie», explique-t-elle. 

Ses oeuvres réfèrent notamment aux filtres pour rendre la peau lisse, transformer le visage en celui d'animal ou ajouter certaines caractéristiques physiques. 

«J'observe l'influence et la coexistence du numérique et de la vraie vie. Il est aussi question de la féminité dans mon travail. Je me questionne sur la façon de vivre sa féminité sur le Web», explique-t-elle. «Le numérique est de plus en plus présent. Souvent, on dresse la ligne entre le numérique et la vraie vie. Peut-être que la personne est arrangée différemment parce qu'elle prend une photo, peut-être qu'elle est maquillée, qu'elle utilise un filtre, mais ce n'est pas tout faux. La réalité et ce qui se trouve sur le Web forment un tout. Ils cohabitent», estime-t-elle. «Mon but n'est pas de critiquer ce qui se passe ou de juger. Je veux briser le fait que les gens ont tendance à séparer ce qui est numérique et physique.»

Pour l'exposition, l'artiste a sélectionné des éléments du Web qu'elle a assemblés et réadaptés. 

Elle propose quatre impressions numériques ainsi que deux vidéos dans la salle d'exposition de la rue Bossé.

L'ensemble du travail présenté a été réalisé dans les locaux du Lobe où l'artiste est installée depuis le 13 février dernier dans le cadre d'une résidence. 

«C'est vraiment bien comme expérience. Quand je suis à Montréal, je suis dans le ''rush''. Là, j'ai eu droit à un endroit et à du temps pour me consacrer à ma création. Ç'a m'a permis de produire pas mal», affirme l'artiste originaire de Québec maintenant installée à Montréal. 

Celle qui est souvent invitée à faire partie d'expositions collectives dispose pour une première fois d'un espace complet. «Les expositions collectives, ça me force souvent à sortir une oeuvre de son contexte. Cette fois, j'ai un espace à moi. C'est très différent. Je réfléchis beaucoup à la manière de rendre mes oeuvres numériques dans l'espace. Là, c'est le moment de les sortir et de l'essayer.»

Il s'agit également d'une première présence de l'artiste dans la région, mis à part la présentation d'une vidéo à Langage Plus l'automne dernier dans le cadre de l'exposition Poussières et Pixels. 

C'est Stéfanie Requin Tremblay, commissaire de la programmation Obsolescence pop qui a approché l'artiste. «Le travail de Sophie Latouche forme une belle suite avec les trois autres expositions présentées dans le cadre de Obsolescence pop», estime-t-elle. 

Sophie Latouche est la quatrième artiste à effectuer une résidence dans le cadre de la programmation de la commissaire. Stéfanie Requin Tremblay prépare d'ailleurs une publication mettant de l'avant le travail de cinq jeunes artistes québécois qui interrogent l'influence d'Internet et de la culture populaire sur la création contemporaine.




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