Le retour de Jonathan Roy au Saguenay

Jonathan Roy chantera pour la première fois dans... (Archives Le Soleil, Yan Doublet)

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Jonathan Roy chantera pour la première fois dans la région, le 10 mars, à la salle le 4-Barils de Jonquière. Il livrera l'intégrale de son nouvel album, Mr. Optimist Blues, ainsi que quelques reprises.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Jonathan Roy donnera un spectacle le 10 mars, à la salle Le 4-Barils de Jonquière. Il s'agira de sa première apparition dans la région en tant que chanteur et ce n'est pas un hasard si elle survient neuf ans après l'incident qui a opposé l'ancien gardien des Remparts de Québec à Bobby Nadeau, son vis-à-vis des Saguenéens de Chicoutimi.

«Je n'avais pas le goût d'aller là-bas en partant. Ce que j'ai vécu au Saguenay a été plate pour tout le monde, mais aujourd'hui, la page est tournée. Je compte plusieurs fans dans cette région et j'ai hâte de m'y rendre. Ça va être le fun», a confié l'artiste il y a quelques jours, à l'occasion d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Le moment est bien choisi pour briser la glace puisque son nouvel album, Mr. Optimist Blues, squatte la cime du palmarès au Québec et au Canada anglais. Créé de concert avec son mentor Corey Hart, au fil des cinq dernières années, il renferme des airs accrocheurs tels que Daniella Denmark, le premier simple, de même que ses successeurs You're My Ace et Good Things.

«Je suis fier de ce disque pour lequel on a essayé plein de styles avant de se concentrer sur le folk, la pop et le reggae, fait observer Jonathan Roy. J'ai aussi travaillé sur ma voix, en particulier lors de ma participation à la comédie musicale Don Juan, qui a été une véritable école grâce aux cours donnés par Ariane Gauthier et Bruno Pelletier. Corey pousse constamment pour que je m'améliore. Il dit que ma voix, c'est mon ''songwriting'', ma signature.»

Une douzaine de titres seront livrés au 4-Barils, où l'artiste sera appuyé par un groupe complet dont il vante le talent. Tout l'album y passera et parmi les reprises ajoutées pour pimenter l'expérience, on remarque Cream, le succès de Prince, et l'immortelle de Bill Withers, Ain't No Sunshine. En même temps, ce sera l'occasion de découvrir l'homme, pas juste l'artiste.

«On jase, aussi. J'emprunte un ton personnel parce que j'aime raconter les histoires derrière les chansons: des anecdotes, ce qui s'est passé entre Corey et moi. C'est lui qui m'a dit que j'avais l'air poigné sur la scène, par exemple, poigné à la manière de Joe Cocker, avec une gestuelle similaire. C'est comme ça que je sens la musique», explique Jonathan Roy.

Plus que jamais, il est heureux d'avoir écouté la petite voix logée dans un repli de son âme, celle qui, dès l'enfance, l'a poussé à devenir chanteur. «Je regrette encore d'avoir abandonné les cours de piano que ma mère m'avait payé. Par contre, j'aimais l'entendre jouer tous les soirs, à la maison. C'est la source de ma passion pour la musique», rapporte l'artiste, qui imitait les Backstreet Boys dans le garage de la résidence familiale, à l'époque où Patrick Roy jouait pour l'Avalanche du Colorado.

Il aura fallu un long détour vers le hockey pour que le jeune homme donne libre cours à sa véritable vocation, ce qui, à l'en croire, constituait un passage obligé. «Je voulais que mon père soit fier de moi. C'est pour ça que j'ai mis les ''pads'', pour qu'il me montre à jouer, mais quand il m'a recommandé d'aller à l'école, je lui ai dit la vérité. Je voulais faire de la musique», mentionne le chanteur.

Il a eu raison de persister, comme l'illustre cet échange avec Burton Cummings, l'ancien des Guess Who qui mène une brillante carrière en solo. «J'ai fait des premières parties pour lui, il y a quelques mois, et juste de l'écouter chanter et jouer du piano, je me sentais privilégié. Or, même s'il est âgé de 73 ans, il m'a dit: ''J'apprends encore'' et moi aussi, je ressens le même désir. Ça n'arrête pas», se réjouit Jonathan Roy.

Un clip qui fait jaser

Ce qui est bien dans le cheminement de Jonathan Roy, c'est qu'il l'a habitué à courtiser la controverse. Jadis, c'est sur la glace qu'il s'exposait à la critique, alors que depuis quelques semaines, c'est son nouveau clip, celui qui fait la promotion de Good Things, qui le met sur la sellette. Certains jugent les images trop sexy, alors que d'autres jettent un oeil sévère sur le suicide intégré au scénario, une scène que le chanteur joue lui-même.

Loin de se montrer intimidé par les commentaires négatifs, il affiche une sérénité impressionnante au moment d'expliquer sa démarche. Dans son esprit, les scènes où on le voit nu, en compagnie de nombreuses femmes tout aussi dévêtues, autant que celle où le personnage qu'il incarne fait un trait sur sa vie, n'ont pas pour but de choquer le bourgeois. Elles relatent une histoire qui, sous bien des rapports, se moule à la sienne.

«Je suis très fier de ce clip. Moi et les autres membres de l'équipe, nous avons travaillé fort pour construire ce scénario qui parle de trois choses qui me tiennent à coeur. J'ai vécu une rupture amoureuse, ma mère a dû combattre une dépression, tandis que l'un de mes amis a perdu son fils à la suite d'un suicide», indique Jonathan Roy.

Ce qui l'interpelle à propos de la dépression, c'est la solitude qui empêche tant de personnes aux prises avec cette maladie de partager leur réalité. «Il y en a tellement qui sont gênés d'en parler. C'est pour cette raison que je souhaite éveiller la conscience des gens. Parfois, il suffit de faire le premier pas», mentionne le chanteur.

Comme pour lui donner raison, depuis la sortie du clip, des amis lui ont fait des confidences. Ils ont évoqué leurs épisodes dépressifs. «Je ne savais même pas qu'ils étaient passés par là», confie Jonathan Roy qui, aujourd'hui, ressent le besoin de pousser plus loin son engagement. Dans cette perspective, il entend s'associer à la campagne Bell Cause pour la cause, centrée sur l'aide aux personnes qui souffrent de maladie mentale.

À propos des scènes explicites, par ailleurs, le chanteur assure qu'elles ont été tournées «dans le respect», soulignant que les comédiennes ont été informées à propos des thèmes qui sous-tendent le scénario. Il est vrai que lui-même a payé de sa personne, mais ce n'est pas la nudité en tant que telle qui l'a perturbé. «Le plus difficile fut de retourner en arrière, de revivre certaines choses», laisse échapper Jonathan Roy.




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