L'unique Matt Holubowski

Accompagné de quatre musiciens avec qui il était... (Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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Accompagné de quatre musiciens avec qui il était visiblement en osmose, Matt Holubowski a offert un spectacle fascinant.

Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Les journalistes et les critiques de spectacles ont souvent l'habitude de comparer les artistes entre eux. Certes, en se fermant les yeux hier soir, on entendait des notes de Damian Rice, des nuances de Patrick Watson, un filet de Jim Morrison. En français, un peu de Pierre Lapointe aussi. Mais l'univers si fermement campé par l'artiste qui foulait les planches de la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière n'avait aucun comparable. C'était celui, unique, de Matt Holubowski.

S'il a brisé une corde de sa guitare pendant la livraison, enflammée, de The Folly of Pretending, l'artiste n'allait pas laisser ce menu écueil casser le rythme. Accompagné de quatre musiciens avec qui il était visiblement en osmose, celui qui, dans une autre vie, a été participant à l'émission La Voix, a offert un spectacle fascinant. Il était là, au milieu de la scène, les cheveux ébouriffés, l'allure à mi-chemin entre celle du professeur fou et de l'étudiant désinvolte.

La dualité du chanteur n'était pas qu'une affaire de style. Elle se percevait dans les chansons choisies pour former le répertoire de la soirée, principalement des extraits de son plus récent album, Solitudes. Des pièces au rock grinçant, entrecoupées de morceaux aussi doux que du coton. L'amalgame était beau et bon.

Autre mariage réussi chez Holubowski : le métissage linguistique. Élevé dans les langues des deux solitudes, il pense en anglais et s'exprime en français. Le croisement est riche. Il se répercute dans sa voix et dans cet accent, moitié québécois, moitié anglosaxon.

Électrique

L'ambiance était parfois surréaliste, hier soir. Ces ampoules pendues au bout de câbles accrochés au plafond fournissaient un caractère électrique au spectacle. Il y avait de l'énergie dans l'air et Matt Holubowski s'est laissé posséder par sa musique. Les pièces plus mélancoliques lui fermaient les yeux. Il faisait trop noir pour voir autour, mais on pouvait s'imaginer 400 paires de paupières closes et autant de sourires béats. Quand il a chanté Feuille d'argent, feuille d'or, Holubowski se berçait littéralement en chantant. Envoûtant ce Mathieu, né d'un père polonais et d'une mère québécoise.

C'est d'ailleurs pendant qu'était réparée la corde brisée que l'auteur-compositeur-interprète a pris un moment pour exprimer sa reconnaissance envers son père, lui qui a fui le communisme de son pays natal dans les années 70 pour s'installer dans cette petite ville nichée quelque part, une heure à l'ouest de Montréal.

Avant de participer à La Voix, Matt Holubowski a produit un album. Il se croyait vieux, à 22 ans, quand il a composé Old Man. Avec six ans de recul, le public jonquiérois avait devant lui un Matt Holubowski rajeuni, de l'avis du principal intéressé. Bien jeune, oui, mais si sage dans sa façon d'écrire, de dire, de chanter et de transmettre l'émotion, sans contrefaçon.




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