Le Clan des mots, toujours fringant

François Drolet anime les rendez-vous mensuels organisés par... (Courtoisie)

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François Drolet anime les rendez-vous mensuels organisés par Le Clan des mots. Ils ont lieu depuis cinq ans, au Côté-Cour de Jonquière, et rassemblent de dix à 15 poètes qui en profitent pour réciter de nouveaux textes.

Courtoisie

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Daniel Coté
Le Quotidien

La poésie, c'est comme le blues et le chant grégorien. Elle n'est jamais à la mode, mais toujours vivante et pas juste dans le souvenir des anciens. Pour prendre la mesure de sa résilience, il suffit de se pointer aux soirées organisées par Le Clan des mots, un groupe formé il y a cinq ans dans le but de rendre cette parole vivante, dans le sens de «live».

C'est au Côté-Cour, une fois par mois, que des auteurs se rassemblent pour livrer leurs textes devant un public dont le nombre oscille entre 30 et 50 personnes. Jusqu'à l'an dernier, le rythme des rencontres était moins soutenu, quelque chose comme cinq fois par saison. Une invitation lancée par la direction de la salle jonquiéroise, qui souhaitait réduire la distance entre les rendez-vous, a toutefois convaincu l'animateur François Drolet d'en ajouter trois.

«Il y a eu un effet positif depuis l'automne. La participation s'est accrue tranquillement, en particulier en ce qui touche les poètes. Chaque soirée, nous en accueillons de dix à 15, ce qui signifie qu'au total, il y en 20 ou 22 qui ont présenté leurs textes sur la scène, se réjouit-il. Certains viennent de La Baie et Chicoutimi, en plus de Jonquière. On en a aussi de Larouche et du Lac-Saint-Jean.»

Une autre tendance qui fait son bonheur tient à l'intérêt manifesté par les jeunes. Ils sont plusieurs à prendre la parole et l'animateur est le premier à les encourager. «Il y a toujours un instinct pour la poésie, en particulier au sein de ce groupe d'âge. Je leur dis que c'est une bonne soupape pour exprimer ce qu'ils ont à dire. Ils ne sont pas obligés de prendre les armes», lance François Drolet en riant.

Ce qui est tout aussi important, c'est l'attitude du public pendant les soirées. Même si un auteur se pointe au micro pour la première fois, même s'il affiche une certaine nervosité, personne ne lui tombera dessus, au contraire. «Ça prend de l'écoute et les gens sont respectueux. Je tiens à ce que les poètes ne se sentent pas jugés», explique l'animateur.

Chaque invité dispose de dix minutes pour livrer son texte, mais certains se montrent plus expéditifs. Quant à la forme que prennent les interventions, elle reflète la diversité des approches, des façons d'entrevoir la poésie. «La forme est assez libre. Certains vont vers le slam, alors que d'autres lisent de façon plus traditionnelle, rapporte le cofondateur du Clan des mots. Il y en a aussi qui sont en mode performance, notamment Claude Larouche.»

La chanson aussi peut servir de véhicule, un choix que privilégient, entre autres, Micheline Tremblay et Martin Lavoie. En principe, leurs textes, comme tous les autres, doivent se mouler au thème soumis par l'animateur, mais celui-ci n'en fait pas un absolu.

«J'ai déjà abandonné cette pratique et certains participants me disaient qu'ils ne savaient plus sur quoi écrire. J'ai donc ramené le thème, mais j'y vois d'abord une suggestion, un prétexte», énonce-t-il.

Une soirée ayant comme thème le nombre 365

Le Clan des mots est né au moment où les Poèmes animés ont fermé les livres, ce qui ne signifie pas que leurs manières d'être sont identiques en tous points. Certes, les deux organisations sont demeurées fidèles au Côté-Cour de Jonquière, tout en privilégiant la poésie qui se dit. Toutefois, il y a une différence dans la manière de concevoir la chose.

«J'ai repris la formule des rencontres en leur donnant une direction plus nette, en accordant plus d'importance à la mise en scène. C'est ainsi que je pars des textes soumis par les participants afin de monter un programme varié. Il y a même des fois où on évolue à l'intérieur d'un décor parce qu'à mes yeux, la poésie doit constituer un spectacle», décrit l'animateur François Drolet.

Cette stratégie donne des résultats, ce que confirment les commentaires émis par plusieurs personnes à la suite de leur première expérience avec Le Clan des mots. «Des gens sont vraiment étonnés, à un point tel qu'ils me disent: ''C'est ça, la poésie?'' On voit toutes sortes d'approches, mais il y a aussi une place pour la poésie classique», mentionne-t-il.

Ceux qui souhaitent découvrir les soirées du jeudi, au Côté-Cour, n'auront pas à attendre longtemps. La prochaine aura lieu le 16 février à 20h et comme d'habitude, l'entrée sera gratuite (les gens ont toutefois la possibilité de faire une contribution volontaire). Une dizaine de poètes ont confirmé leur présence et leur mandat consiste à pondre un texte sur le thème: 365.

«Ça peut être le nombre de jours dans une année, de degrés ou autre chose», fait observer François Drolet. Il animera la soirée aux côtés de Louise Côté et précise qu'à la suite des interventions effectuées par les poètes, le micro restera ouvert à l'intention du public. Les personnes qui auront le goût de présenter un texte de leur cru, sans toutefois faire partie du programme officiel, auront la chance de se manifester.

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