Brach chante Ferland

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Voici Philippe Brach en 2015, lors de l'enregistrement de l'émission Popdejam. C'est dans ce contexte qu'il a repris Le chat du café des artistes sous le regard de Jean-Pierre Ferland.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Philippe Brach vient de faire une apparition sur disque, la première depuis la sortie de l'album Portraits de famine. Elle consiste en une version très personnelle d'un classique de la chanson québécoise: Le chat du café des artistes. Créée en 2015, dans le cadre de l'émission de télévision Popdejam, elle lui a permis de rencontrer l'auteur, Jean-Pierre Ferland, tout en effectuant une rare excursion à l'extérieur de son répertoire à lui.

«C'est le genre de projet que je refuse, d'habitude, parce que je ne suis pas un interprète. Je l'ai donc pris comme un défi et j'ai produit une adaptation épurée, plus sombre, plus introspective que la pièce originale. Je l'avais choisie moi-même en me disant que celle-là, je pourrais l'incarner», a raconté l'artiste jeudi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Le concept de la série diffusée à l'origine par Musique Plus, reprise par V cet hiver, limitait à deux le nombre de musiciens pouvant accompagner chaque participant. C'est donc avec des gars du Lac, le bassiste Pierre-Olivier Gagnon et le claviériste Gabriel Desjardins, que Philippe Brach a préparé sa version du Chat. Élaborée une semaine avant l'enregistrement de l'émission, elle a été présentée au vétéran sous l'oeil des caméras, dans le contexte d'un «live» en studio.

«Ça a été une super journée et Jean-Pierre Ferland m'a raconté que la pièce parle d'un café que fréquentaient plein de poètes, des gens comme lui, comme Gilles Vigneault et Félix Leclerc. Il a été très gentil, mais au début de mon interprétation, on voit qu'il est semi-sûr. Ensuite, par contre, il a été charmé. Il a trippé ben raide», rapporte le chanteur.

Le défi, pour lui, consistait à tricoter des arrangements sans le secours des cordes et des cuivres figurant sur l'album Jaune, lesquels ont été remplacés par le synthétiseur. On remarque également que sa voix est différente, comparativement à ce que laissent voir ses compositions. Plus lisse. Plus maîtrisée. À croire que Pierre Lapointe lui avait prodigué des conseils.

Le même jour, l'autre artiste de la relève invitée à aborder le répertoire de Ferland, Laura Sauvage, a repris Quand on aime, on a toujours 20 ans. Puis, ce fut au tour de l'octogénaire de s'exécuter, ce qui lui a permis de démontrer que la forme, c'est d'abord un état d'esprit. «Il a présenté une version de feu de La musique, très différente de celle qu'on retrouve sur son disque», fait observer Philippe Brach.

Outre les souvenirs générés par cette belle rencontre, il reste neuf émissions diffusées le dimanche à 21h 45. S'y ajoute le disque Popdejam regroupant des pièces de Laurence Jalbert, France d'Amour, Mitsou, Pierre Flynn et Luc De Larochellière, entre autres, telles que revisitées par de jeunes pousses comme Stéphanie Lapointe, Karim Ouellet, Philippe B et Antoine Corriveau.

Deux mois au Pakistan, puis Terre-Neuve pour écrire

Philippe Brach avait le goût de respirer un air différent, après avoir donné 125 spectacles en l'espace d'un an. Grâce à son ami, le journaliste chicoutimien Jasmin Lavoie, il a trouvé la meilleure façon d'y arriver, en effectuant un séjour au Pakistan. C'est dans ce pays, plus spécifiquement dans la capitale Islamabad, que le chanteur atterrira au début d'avril.

« Je ne voulais pas aller dans une place où il y aurait plein de touristes et de Canadiens, explique-t-il. Je passerai deux mois là-bas et le but, c'est de clasher ben raide. On va faire des excursions de quatre ou cinq jours dans différentes régions et peut-être qu'on profitera des deux dernières semaines pour visiter le Kirghizistan, alors que Jasmin sera en vacances. C'est le genre de place où on sait qu'on ne retournera jamais. »

Pas du genre à éplucher les guides de voyages, ni à surfer méthodiquement sur la Toile pour apprivoiser une destination, Philippe Brach arrivera au Pakistan vierge de toute information sur ce pays. « Je ne me suis pas renseigné pantoute, ce qui correspond à ma façon de me dépayser. Je sais toutefois que Jasmin, qui est correspondant, a plein de contacts là-bas et qu'il a appris la langue », fait-il observer.

Bien sûr, le jeune homme ouvrira bien grand ses oreilles, histoire de s'imprégner des musiques créées par les Pakistanais. Il profitera également de son séjour pour voir comment vivent les gens, au jour le jour. Il y a peu de chances, toutefois, que ces expériences colorent ses prochaines pièces. « Comme je suis surstimulé, je n'écris pas en voyage. Je serai toutefois influencé, mais pas directement. Ça se fera de façon inconsciente », explique l'auteur de Si proche et si loin à la fois.

La composition de nouvelles chansons, ce sera sa priorité au retour. Vers la mi-mai, il compte louer un chalet pendant trois semaines, possiblement à Terre-Neuve, ce qui lui permettrait de faire le trajet en voiture. « Rouler longtemps, ça va m'aider à décanter. À l'heure actuelle, je n'ai pas grand chose d'écrit, juste des débuts de tounes, mais je suis confiant. Je veux entrer en studio à la fin de l'été et sortir un album en novembre », annonce Phillippe Brach.

Son agenda comprend aussi des spectacles, une nouvelle tournée qui, déjà, est en train de prendre forme. Elle débutera en février 2018 et comme l'artiste jongle avec différents projets, dont un qui touche le petit écran, le rythme sera un peu allégé, comparativement aux sorties générées par son dernier opus, Portraits de famine.

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