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Une touche masculine pour Galant tu perds ton temps

Le groupe Galant tu perds ton temps... (Photo La Presse, Martin Chamberland)

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Le groupe Galant tu perds ton temps

Photo La Presse, Martin Chamberland

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Daniel Coté
Le Quotidien

Pour son quatrième album, le groupe Galant, tu perds ton temps est demeuré fidèle à ses habitudes, mais avec une légère différence. Les chansons qu'on y trouve s'inscrivent dans le droit fil de la tradition folklorique québécoise, ce qui constitue la raison d'être du quintette entièrement féminin. La nuance tient au fait que chacune de ces pièces a d'abord fait l'objet d'une interprétation par des artistes masculins.

La liste comprend des noms familiers : la Bottine Souriante, le Rêve du Diable, Fred Pellerin, les Frères Labri, Michel Faubert et le Vent du Nord. Parfois, il s'agit de textes à eux, alors que d'autres titres remontent loin dans le temps. Pourquoi une telle démarche ? Parce que l'angle masculin n'est pas le même, répond Josiane Hébert, membre de la formation et responsable de la production, ainsi que de la réalisation, du nouvel enregistrement.

« Nous avons toujours recherché des chansons rares où il est question des femmes. En choisissant parmi celles qui ont été faites par des hommes, on obtient un contenu différent de celui pour lequel nous aurions exercé une préférence. Il y a moins de complaintes et plus de sujets coquins », a-t-elle énoncé il y a quelques jours, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal.

Deux exemples viennent des pièces Pendant que nous faisions l'amour et J'aime mon p'tit flacon, où le personnage central se montre tantôt affectueuse, tantôt portée sur le rhum. En même temps, le groupe propose une interprétation de Je m'en vais danser qui n'a rien d'une ballade. Ce titre est si rythmé, les arrangements tellement serrés, qu'on aboutit à deux doigts du disco.

« Notre objectif consistait à utiliser seulement nos voix, de même que les percussions de Jean-François Berthiaume, pour créer des sons de machines. C'est une manière de dire que le folklore est encore vivant et en même temps, ça nous a permis d'aller ailleurs, comparativement à la version popularisée sur le premier album de la Bottine Souriante », indique Josiane Hébert.

Un autre changement porte sur les harmonies, qui se révèlent plus complexes qu'avant. Cette fois, on a privilégié des interprétations à cinq voix, de préférence aux solos. « Nous avons repoussé nos limites en présentant des chansons qui bougent, alors que le disque précédent, Soyez heureux, était très doux », mentionne l'artiste.

Elle laisse entendre que le prochain spectacle reflétera ce changement de ton, qu'il sera plus rythmé. Les premières sorties seront effectuées au printemps et l'un de ses voeux les plus chers est de revenir chanter dans la région. « On a déjà joué à la Boîte à Bleuets d'Alma, mais jamais à Chicoutimi », précise Josiane Hébert.

« Il n'y a rien de mieux que le folklore pour mener une carrière internationale »

Josiane Hébert, du groupe Galant, tu perds ton temps, aimerait que les Québécois adoptent la même attitude que les Irlandais vis-à-vis leur folklore. Elle ne sent pas le même degré d'adhésion qu'au pays des Chieftains, même si on retrouve des amateurs dans toutes les régions de la province, y compris dans la Métropole.

« Le folklore est vivant partout, mais je regrette qu'ici, on véhicule une image qui sonne un peu cliché, affirme la chanteuse. Je considère que c'est comme rire de soi-même, quand on adopte une telle attitude. Je trouve ça triste parce que ça donne à penser que les gens ne sont pas intéressés par cette musique, alors que nos salles sont pleines. »

Appelée à expliquer ce décalage entre la perception et la réalité, Josiane Hébert avance l'hypothèse que les racines du peuple québécois plongent dans différents terroirs. « Nous avons des origines variées, avec des éléments français et anglais, entre autres. Peut-être que c'est pour ça que nous avons de la misère à nous définir », énonce-t-elle.

L'ironie tient au fait que les artistes québécois spécialisés dans la musique folklorique suscitent de l'intérêt sur la scène internationale. On reconnaît là un thème familier, celui voulant que nul n'est prophète dans son pays. C'est ainsi que Galant, tu perds ton temps a promené ses chansons dans l'ouest du Canada, aux États-Unis et en Europe, ainsi qu'en Malaisie, malgré les contraintes découlant des grossesses vécues par ses membres.

« Il n'y a rien de mieux que le folklore pour mener une carrière internationale. Nous aimons faire passer des émotions, en effet, même quand nous nous produisons devant des gens qui ne comprennent pas les mots que nous prononçons. Et nous sentons que notre approche est appréciée », fait remarquer Josiane Hébert.

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