Barbara, un souvenir d'enfance de Bruel

Patrick Bruel... (Archives La Presse, Bernard Brault)

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Patrick Bruel

Archives La Presse, Bernard Brault

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Daniel Coté
Le Quotidien

« Les Québécois verront un spectacle abouti, puisqu'il a d'abord été présenté en France et ailleurs en Europe. J'ai d'ailleurs souvent pensé à vous pendant la tournée. Je me disais : ''Ça leur plairait vraiment, eux qui sont si attachés aux textes'' », a raconté Patrick Bruel sur le ton de la confidence, il y a quelques jours, à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

L'objet de son attention était le volet québécois du spectacle Très souvent je pense à vous, son hommage à Barbara qui fera escale le 16 avril, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Invité par Diffusion Saguenay, le chanteur français, qui s'est fait rare de ce côté-ci de la barrière d'épinettes, reprendra des pièces écrites par celle qu'on appelait la dame en noir, en plus de quelques succès de son cru.

Comme en Europe, il sera appuyé par quatre musiciens. Ceux-ci joueront du piano, du saxophone, de la flûte et de la contrebasse, ce qui ressemble à l'environnement sonore dans lequel baignaient les concerts de Barbara. « Parfois, cependant, nos arrangements sont plus audacieux que les siens. Ils peuvent être classiques, mais aussi proches de l'électro ou de la pop », énonce Patrick Bruel.

Le décor aussi fera le voyage. Fait de rideaux savamment agencés, il sert de support à des éclairages qui se moulent aux thèmes abordés au fil du programme. « Nous viendrons avec le décor complet, qui est très beau et symbolise le monde du théâtre », décrit le chanteur. C'est l'écrin sur lequel se déposeront des perles comme Une petite cantate, Drouot, Perlimpinpin, L'aigle noir et Ma plus belle histoire d'amour, des immortelles que l'artiste fréquente depuis sa tendre enfance. Il faut préciser que sa mère, qui pourrait l'accompagner au printemps, l'a initié très tôt au répertoire de Barbara.

« À travers ses mots, je profite du spectacle pour raconter une histoire qui part de l'enfance et mène à l'homme que je suis devenu, souligne-t-il. Au début de la soirée, les gens sont curieux parce que la plupart ne connaissent pas les chansons de Barbara, mais ils repartent subjugués par son univers, par ce que je leur confie et par le rappel de quelques-uns de mes succès. »

Lui-même est étonné en repensant à l'enfant que Barbara a su toucher, cet enfant qui, devenu adolescent, fera cohabiter des mondes aussi différents que ceux du Grateful Dead, de Led Zeppelin, de Brassens et du classique. « Je me suis longtemps demandé comment cette chose a pu arriver, reconnaît-il. Or, pendant la tournée, j'ai vu des jeunes de huit ou neuf ans qui m'ont dit que les chansons de Barbara leur parlaient. Leur émotion, ce fut aussi la mienne. »

La différence est que lui, il a pu rencontrer Barbara, une fois, à la suite d'un spectacle qu'elle avait présenté en 1990, à Mogador. Leur échange fut chaleureux, si bien que le chanteur a ensuite accompagné sa mère, invitée par l'auteure de Marienbad. « C'est ainsi que la boucle a été bouclée », résume Patrick Bruel.

Des chansons toujours actuelles

Au début, il y a eu l'album. C'est ainsi que Patrick Bruel a officialisé son mariage artistique avec Barbara, lequel se prolongera sur les scènes du Québec au printemps. Sorti l'année dernière, Très souvent, je pense à vous a été le fruit d'une audace, celle de faire écho à une voix si singulière, tellement maillée aux compositions originales qu'on a pu croire qu'elles étaient indissociables.

Loin de voir comme un handicap le fait d'être un homme, pourtant, il estime que ses consoeurs affrontent un plus grand défi au moment d'aborder ce monument de la chanson d'expression française. « C'est plus difficile pour elles en raison du problème que pose le mimétisme, alors que je n'avais qu'à solliciter la part féminine qui existe en moi », explique l'artiste.

Il avait également la conviction d'aborder des oeuvres qui demeurent vivantes, pas d'effectuer une visite au musée. Histoire d'étayer son propos, le chanteur donne l'exemple de Perlimpinpin, où on peut lire ces mots : « Que c'est abominable d'avoir pour ennemis les rires de l'enfance ». Il n'est pas nécessaire de regarder les nouvelles longtemps pour réaliser que le terrorisme et la guerre enferment toujours des innocents dans le cercle de la violence.

« Comment de telles phrases pourraient ne pas résonner entre le 13 novembre et le 22 mars, entre les attentats du Stade de France et du Bataclan, en France, de même que ceux de Bruxelles ? Ça montre que Barbara était avant-gardiste, en même temps qu'elle abordait des sujets intemporels », fait observer Patrick Bruel.

Entre le disque et la tournée, il a eu le bonheur de voir s'affiner ses interprétations, une mutation dont ses fans du Québec pourront prendre la mesure. « À l'origine de ce projet, on a donné aux chansons l'équivalent d'un costume qu'on enfile pour aller à une belle fête. Puis, une plus grande proximité s'est développée et c'est ce qu'on voit sur le ''live'' », rapporte l'interprète.

Il fait référence à Bruel Barbara Le Châtelet, un DVD qui vient tout juste de sortir en France et que le Québec verra atterrir au printemps. C'est la quintessence du spectacle, un reflet d'autant plus fidèle que la part d'improvisation, cette fois, est moins importante que d'habitude. « À l'exception des moments où je fais du stand-up et de celui où je chante seul en m'accompagnant à la guitare, ce spectacle est plus placé », confirme Patrick Bruel.

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