Un projet de centre d'artistes à Petit-Saguenay

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On souhaitait que le Centre d'art de Petit-Saguenay (il s'agit d'un nom transitoire) profite de la présence des artistes pour dispenser de la formation à la population locale, tout en organisant des expositions.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Dans quelques mois, si tout fonctionne comme prévu, Petit-Saguenay verra naître un centre d'artistes pas comme les autres. Il sera le premier à ne pas se trouver en milieu urbain, une particularité qui lui conférera un surcroît de pertinence en offrant aux créateurs un cadre de travail différent, plus près de la nature, tout en ouvrant la porte à des collaborations avec les artisans qui oeuvrent dans la municipalité de 700 âmes.

Ce rêve que d'aucuns jugeraient un peu fou a été formulé par trois personnes qui aiment l'art contemporain, sans toutefois faire carrière dans ce domaine. Il s'agit d'un professeur d'art à la retraite, François-Léo Tremblay, d'Anne Gaudreault, qui a complété un baccalauréat en art à l'UQAC, ainsi que de Gilles Arsenault, propriétaire de la ferme biologique Les Jardins de la montagne.

«Un jour, on s'est dit que l'art contemporain possédait une connotation urbaine et que ce serait une bonne idée d'amener les artistes à créer dans un milieu comme le nôtre, parce que ça imprégnerait leur travail. Le fait que la cinquantaine de centre d'artistes implantés au Québec se trouvent dans des villes rendrait notre projet unique», a expliqué Gilles Arsenault au cours d'une entrevue téléphonique accordée au journal.

Trois missions ont été identifiées. On souhaitait que le Centre d'art de Petit-Saguenay (il s'agit d'un nom transitoire) profite de la présence des artistes pour dispenser de la formation à la population locale, tout en organisant des expositions. La plus importante, toutefois, consisterait à offrir des résidences destinées aux artistes professionnels.

«Ce serait le créneau principal. Nous croyons que la présence des artistes attirera d'autres personnes sensibles à ce type d'activité et que ça générera du développement économique. C'est ce qu'on a vu ailleurs, notamment à Portland, dans le Maine. Or, il se trouve que Petit-Saguenay vit une période difficile. On ne peut plus compter seulement sur la forêt, comme avant, et on doit miser sur la troisième transformation haut de gamme», énonce Gilles Arsenault.

Ouverture à l'été

Très tôt, le groupe du Bas-Saguenay a contacté le Centre Bang de Chicoutimi, histoire de soumettre son projet et voir s'il était possible de nouer un partenariat. Le centre d'artistes possède une expertise précieuse, ainsi qu'un vaste réseau de contacts, ce qui a justifié son embauche en tant que consultant grâce à une aide de 6500$ de la MRC du Fjord-du-Saguenay, laquelle a transité par le Comité de développement économique de Petit-Saguenay.

Déjà, il a été décidé que le projet d'Artagnan 02, une résidence d'un an offerte à une personne de la région, déploierait ses ailes à Petit-Saguenay. C'est ainsi que le premier artiste choisi par le Centre Bang, Julien Boily, y effectuera deux séjours. Lui qui doit produire une exposition à l'été 2017 profitera de l'hiver pour effectuer une résidence exploratoire, suivie par une résidence de création au printemps.

Sa présence au sein d'une communauté réputée par la qualité de ses artisans, qu'on parle du bijoutier Philippe Boivin, de Terre Forte (poterie), de Terrain vague (reliure), du luthier Benoit Lavoie ou des Ateliers Bois de Fer, pour ne donner que quelques exemples, produira des échanges stimulants. Ils s'ajouteront à l'impact généré par le paysage accidenté, somptueux, un brin sauvage, qui balise le quotidien des gens de Petit-Saguenay.

Autre signe que le projet est bien parti, 45 personnes ont assisté à une assemblée publique tenue le 7 décembre, en présence des autorités locales et des représentants du Centre Bang, ainsi que de Julien Boily. «Nous étions contents de voir autant de monde. Maintenant, il reste à déposer un plan d'affaires au ministère de la Culture et des Communications, au début de l'année, et à trouver un local. On veut ouvrir l'été prochain», révèle Gilles Arsenault.

Le directeur du Centre Bang, Patrick Moisan, confirme... (Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Le directeur du Centre Bang, Patrick Moisan, confirme que Julien Boily se rendra à Petit-Saguenay dans les prochains mois à la faveur d'une résidence d'artiste. Ce faisant, il donnera le coup d'envoi à un projet liant l'organisation chicoutimienne à des partenaires du Bas-Saguenay.

Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Des échanges fructueux avec le Centre Bang

«Le projet de Petit-Saguenay donnera un plus grand rayonnement à notre programmation. Ça la fera circuler sur le territoire et on croit que le paysage, tout comme la communauté, vont inspirer les artistes qui y travailleront», a souligné le directeur du Centre Bang, Patrick Moisan, au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.

Ses premiers échanges avec les gens qui souhaitent ouvrir un centre d'artistes dans leur village remontent à 18 mois. Dès le départ, il a pris la mesure de leur sérieux et de leur enthousiasme, ce qui explique la décision de l'organisme de les soutenir dans leurs démarches. Un autre indice positif est venu le 7 décembre, lors de la rencontre publique avec les citoyens.

«J'ai senti un engouement pour le projet et d'ici au printemps, nous allons travailler sur la structure, nous donner un nom, chercher des partenaires et un local. Ça vaut la peine parce qu'on voit que là-bas, les gens ont vraiment le goût de rencontrer des artistes professionnels. Eux-mêmes comptent un bon nombre de créateurs avec lesquels on pourra tisser des liens», fait valoir Patrick Moisan.

Il précise que bon an, mal an, le Centre Bang offre une dizaine de résidences, en plus de tenir une quinzaine d'expositions dans ses locaux du centre-ville de Chicoutimi. «Les artistes qui viennent travailler chez nous pourraient également se rendre à Petit-Saguenay, affirme le directeur. C'est justement ce que fera Julien Boily dans quelques mois, à l'occasion du projet d'Artagnan 02.»

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