Daniel Bélanger, sculpteur de sons et de mots

Daniel Bélanger a passé deux ans dans son... (Archives La Presse)

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Daniel Bélanger a passé deux ans dans son studio afin d'accoucher de Paloma, un album qu'il situe dans le droit fil de ses créations passées, y compris l'opus précédent, le très rockabilly Chic de ville. Il justifiera la tenue d'une grosse tournée, laquelle comprend un arrêt au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, le 4 mai.

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Daniel Coté
Le Quotidien

«J'aurai 55 ans en décembre et j'ai créé beaucoup d'albums. C'est devenu une espèce de sculpture et aujourd'hui, je tente de ne pas trahir ce qui a été accompli», énonce Daniel Bélanger au fil de la conversation. Appelé à décrire l'état d'esprit qui l'a guidé au moment de concevoir Paloma, son dernier-né, le portrait qu'il brosse fait penser à celui d'un artisan soucieux de faire de la belle ouvrage, comme on disait à l'ère du phonographe.

Le voici qui évoque ses journées, cet horaire semblable à celui d'un employé de bureau. C'est dans son studio à lui, seul comme un grand, que l'homme a gossé avec les mots et les sons pendant deux ans, une pratique qui remonte à L'échec du matériel. Loin de se prendre pour un forçat, il parle d'un travail léger, un brin ludique.

«Il y a du plaisir dans le fait de synthétiser une idée pour la ramener à l'intérieur d'un format de trois minutes, 30 secondes. À ce moment-là, je n'ai aucune inhibition. Tout est possible», note Daniel Bélanger. Il se trouve moins audacieux que David Bowie qui menait ses expériences devant ses musiciens, pendant sa période Diamond Dogs. «Ses chansons étaient ''crack pot''. Il devait y avoir des sceptiques dans le coin», s'émerveille son collègue.

Le temps qui passe ne comporte pas que des inconvénients, ajoute l'auteur de Paloma. Il lui a permis de constituer une réserve d'idées qui, parfois, servent de terreau aux nouvelles pièces. «Il peut s'écouler cinq ans avant que je puisse en amener une à maturité. C'est comme un jeu, comme les morceaux d'un puzzle», affirme le musicien.

Une continuité

On a insisté sur le contraste entre Paloma et l'opus précédent, Chic de ville. Il est vrai que le nouveau-né ressemble à du Daniel Bélanger pur jus avec ses interrogations métaphysiques, de même que ses accents lyriques rehaussés par un brin d'exotisme, comme l'illustrent les sons proches du sitar qui ponctuent quelques plages (en réalité, il s'agit d'un banjo «victime» de coups d'archet, un bricolage maison, révèle l'artiste). On est loin du rockabilly.

Le principal intéressé, lui, refuse de croire à une quelconque incompatibilité entre les deux albums. Dans son esprit, ils s'inscrivent même dans une forme de continuité. «Paloma n'existerait pas sans Chic de ville, qui a été un voyage aux sources du rockabilly, des chansons à trois accords. C'était la musique de mon père», fait-il observer.

Tout en reconnaissant du bout des lèvres que le nouveau disque ressemble à ce qu'il a fait précédemment, Daniel Bélanger soutient que tout enregistrement constitue une expérience. Ainsi, pour une rare fois, la pièce qui a donné son titre à Paloma synthétise l'ensemble du projet. «C'est la chanson qui ramasse tout, ce qui n'est pas habituel chez moi», confie-t-il.

Autre révélation: la première composition figurant sur le disque, Ère de glace, tient lieu de pierre angulaire. «C'est la locomotive, mentionne-t-il. J'ai trouvé quelque chose qui m'inspirait et à partir de cette chanson, une courbe s'est dessinée. L'ordre des titres correspond d'ailleurs au moment où les pièces ont été créées.»

Heureux de l'accueil réservé à Paloma, il lui tarde de prendre la route pour étrenner cet album. Déjà, une quarantaine de rendez-vous figurent à son agenda, dont celui du 4 mai, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. C'est beaucoup et on se doute que la liste va s'allonger pour la peine. «Ce sera une grosse tournée, se réjouit Daniel Bélanger. J'ai hâte de voir les gens qui me permettent de pratiquer le plus merveilleux métier du monde.»

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