Les habits metal d'Anonymus et Mononc' Serge

Ces excellents citoyens se pointeront Au Vieux Théâtre... (Courtoisie)

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Ces excellents citoyens se pointeront Au Vieux Théâtre de La Baie le 27 décembre. Il s'agit du groupe Anonymus et de Mononc' Serge dont la tournée, brève et intense, a pour titre Les Fêtes en enfer.

Courtoisie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Tout a commencé avec Marijuana. La chanson, pas le produit bio aux propriétés euphorisantes. Cet extrait de l'album 12 tounes trash avait joué souvent dans une radio de Montréal spécialisée dans le rock francophone. Un clip a suivi et grâce aux accents punk de cette composition, son auteur, Mononc' Serge, avait recruté de nouveaux fans.

«C'est comme ça que je suis entré dans le milieu underground», a-t-il mentionné mardi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal. Preuve que Jung a eu raison lorsqu'il a articulé le principe de la synchronicité, au même moment ou presque (on parle ici du début du millénaire), le gérant du groupe Anonymus a soumis l'idée d'un partenariat avec l'auteur de Ça fait du bien d'sacrer.

«À priori, j'avais peu d'intérêt pour le metal, mais un jour, au festival Polliwog, on m'a invité à faire une chanson avec les gars et j'ai été impressionné par leur énergie. J'ai ensuite proposé qu'on pousse notre collaboration un peu plus loin», raconte Mononc' Serge. Deux albums sont nés de ce maillage improbable: L'Académie du massacre et Musique barbare, sortis en 2003 et 2008.

Ces enregistrements ont fourni le prétexte à de nombreux spectacles, une série qui se prolongera entre Noël et le Jour de l'an. Cinq sorties seront effectuées à l'intérieur d'une période de cinq jours, un blitz musical qui s'arrêtera Au Vieux Théâtre de La Baie le 27 décembre. Ce sera la première fois que les gars joueront ensemble depuis leur tournée européenne de 2011. Au Québec, leurs fréquentations les plus récentes datent de six ans.

«Ça tombe bien parce qu'on vient de rééditer Musique barbare en format vinyle, indique Mononc' Serge. Je me le faisais demander régulièrement et je me suis laissé convaincre à force de jaser avec des disquaires. Il est devenu un album double parce que j'ai ajouté la chanson cachée qui figurait sur le CD, en plus de deux autres pièces.»

Le spectacle proposé à La Baie ménagera beaucoup d'espace aux deux enregistrements. Il y aura également une nouveauté, Les Fêtes en enfer, qui constitue le titre de la tournée. Sans se prendre pour Kiss, les joyeux lurons porteront des costumes de circonstance, des habits rouges qui leur feront regretter le temps où les artistes étaient éclairés à la chandelle. «On va avoir chaud là-dedans», anticipe l'oncle le moins mononcle du Québec.

C'est la dixième fois, peut-être davantage, qu'il sort de son terrier pendant les Fêtes. Les deux dernières années, on l'a vu aux côtés de Pépé, mais comme le duo a multiplié les apparitions récemment, le moment était bien choisi pour varier le programme. Anonymus étant disponible, la chose s'est réglée en un tournemain.

«Les paroles sont moins audibles lorsqu'on travaille ensemble. D'un autre côté, ça donne des spectacles plus fous, plus furieux, quand je me trouve sur la scène dans une formule metal, même si elle un peu adoucie. Il y a aussi un effet de rareté qui joue en notre faveur. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la dernière fois qu'on nous a vus ensemble, ça s'était passé au Bunker de Chicoutimi», note ainsi Mononc' Serge.

Le disque, un support toujours valable

Même si ce support est malmené par les multinationales qui vendent la musique à rabais, ne laissant que des miettes aux artistes, Mononc' Serge croit que l'album conserve sa pertinence. Lui qui revendique une douzaine de titres depuis le début de sa carrière en solo, il y a une vingtaine d'années, voit donc le lancement d'un nouvel enregistrement comme une étape importante de son cheminement artistique.

«Sortir un disque, c'est une façon de marquer le coup, l'occasion de dire où t'es rendu. Sortir dix ou 12 chansons en même temps, ce n'est pas banal», affirme l'auteur, compositeur et interprète. Même au plan commercial, il estime que ce format possède encore de beaux restes, ce dont témoigne le succès qu'a connu son dernier opus, Mononc' Serge 2015.

Cet encodé qui renferme des joyeusetés comme L'ayatollah Couillard et L'Ebola à Saguenay a généré la vente de 5000 exemplaires physiques et virtuels depuis sa mise en marché, il y a un an. «Dans la majorité des cas, il s'agit d'albums physiques. Et j'en vends pas mal dans mes spectacles», fait observer Mononc' Serge.

Les fans devront toutefois patienter avant de voir apparaître une nouvelle floraison, puisque l'artiste se trouve au coeur du processus créatif. Six ou sept compositions ont vu le jour dans les derniers mois, mais on demeure loin du compte. Il devra en écrire d'autres avant d'entrer en studio, possiblement à l'été 2017.

«C'est pour cette raison que j'ai «booké» seulement trois spectacles au printemps. Je garde ça mollo parce que je ne veux rien précipiter», souligne Mononc' Serge. Il sait également que le jour où l'album atterrira dans les bacs des disquaires, il faudra reprendre la route, présenter un nouveau spectacle, d'où l'intérêt de se faire rare au préalable.

Fait à noter, c'est aussi lui qui gère son patrimoine discographique, qui répond aux demandes à ce sujet. Ça fait partie des tâches que doit assumer un artiste indépendant, ces fonctions exercées dans l'ombre, qui aident à maintenir sa viabilité. Lui qui a chanté Si le cash poussait d'ins arbres sait, en effet, que pour durer dans ce métier exigeant, aucune piste ne doit être négligée.

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