L'effet Sept jours en mai

Il y a des moments, comme celui dont... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Il y a des moments, comme celui dont témoigne cette photographie, où le spectacle Sept jours en mai présente les traits d'une soirée au coin du feu.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le tout est-il plus grand que la somme des parties ? C'est la question que soulève le projet Sept jours en mai, l'album autant que le spectacle qui a été présenté vendredi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Ils étaient sept sur la scène, en plus du batteur. Venus présenter les chansons créées pendant un blitz d'une semaine tenu au printemps dernier, à Valcourt, ces artistes ayant pour noms Michel Rivard, Mara Tremblay, Luc de Larochellière, Éric Goulet et Gilles Bélanger, auxquels il faut ajouter le duo Mountain Daisies, ont montré en quoi consistent les avantages et les inconvénients de ces productions pléthoriques.

Les bons côtés résident dans les compositions, les nouvelles comme les anciennes offertes dans un cadre renouvelé. Comment ne pas se laisser charmer par Un monde sans abeilles, interprété par Luc de Larochellière au retour de la pause ? Le thème est sombre, un brin apocalyptique, mais le rythme enlevé laissant filtrer un sentiment d'urgence, autant que les violons de Mara Tremblay et Ariane Ouellet, ont conféré à cette jolie chose des accents presque rock.

Michel Rivard, lui, a tricoté un solo de guitare électrique bien ramassé, juste ce qu'il fallait pour couronner Cartes postales, une sorte de valse country offerte par Mara Tremblay et Gilles Bélanger. Ce duo a aussi fait merveille sur Fleurs de cerisiers, un titre encore plus doux, si c'est possible, et touchant de simplicité.

Si bonnes soient-elles, cependant, les nouvelles compositions possèdent moins de relief que les reprises intégrées au spectacle. Certaines n'ont pas squatté le sommet du palmarès, comme Beauté perdue de Luc de Larochellière, mais qui s'en soucie ? Déjà émouvante dans sa forme originale, elle a pris une couche supplémentaire de mélancolie grâce au violon d'Ariane Ouellet. « Je n'aurai jamais assez de larmes », semblait murmurer son archet.

Une autre plus-value résultant de la force du nombre a ramené Michel Rivard dans les années 1970, à l'époque de Beau Dommage. Son Blues de la Métropole fut énergique en même temps que joyeux, truffé de «ouh !» «ouh !» et nourri par les souvenirs que le public, regroupé dans la partie inférieure du parterre, a eu le loisir d'emmagasiner entre deux discussions à propos des mérites de cette formation, versus ceux d'Harmonium. Tout ceci est si près, si loin.

Six pieds sous terre, de Luc de Larochellière, a également bénéficié du traitement Sept jours en mai. Rehaussés par l'harmonica de Gilles Bélanger, les arrangements proposés vendredi, tout comme les cris et les sifflements émis par les spectateurs, ont rappelé à quel point cet artiste a marqué le paysage musical du Québec.

Rien n'est parfait, cependant, et la présence d'un aussi grand nombre de participants a transformé la mise en scène en course à obstacles. Il fallait calibrer soigneusement les déplacements, ce qui a déteint sur l'ensemble de la production. Les textes de présentation, par exemple, étaient bien troussés, mais enlevaient du « lousse » à l'affaire. Ça faisait appris, alors que ces gens peuvent être si spontanés lorsqu'ils évoluent en solo.

On aurait également souhaité la présence d'un OVNI musical au sein du groupe, un punk repenti ou un rocker pratiquant, un genre de Keith Kouna, juste pour ajouter une touche d'électricité au projet. Ce désir n'a pas été exaucé, mais il aurait été bête de bouder son plaisir. Quand la chanson se présente sous un jour aussi charmant, le poids relatif de la somme et des parties devient accessoire.

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