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Nouveau spectacle de Michel Barrette: à pleurer de rire

Michel Barrette aborde tous les âges de la... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Michel Barrette aborde tous les âges de la vie dans son nouveau spectacle, lequel a été présenté vendredi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Toujours aussi drôle, il n'a besoin d'aucun accessoire, hormis la chaise berçante de son grand-père, pour provoquer des fous rires à répétition.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

CRITIQUE / Le nouveau spectacle de Michel Barrette, Drôle de vie, est enserré entre deux reliques. Il commence sur l'air de Lust For Life et finit avec Down On The Corner. Iggy Pop, le grand-père du punk, et Creedence Clearwater Revival, un groupe qui a cessé d'exister avant la retraite de Rusty Staub. Deux reliques et aussi deux icônes dont on ne lasse pas d'entendre les chansons, au même titre qu'on ne peut pas se tanner d'écouter les histoires que raconte l'humoriste.

Vendredi soir, il amorçait une tournée de sa région natale à Chicoutimi, dans un Théâtre Banque Nationale où les sièges libres étaient aussi rares qu'une rue pavée comme du monde. Le public était mature, il faut le reconnaître, et carburait fort à la nostalgie. C'était donc un mariage idéal, puisque l'invité de Diffusion Saguenay a toujours eu tendance à regarder dans le rétroviseur.

À cet égard, le morceau d'anthologie fut le voyage effectué par le clan Barrette à Old Orchard. À lui seul, ce monologue qui s'apparente à une saga a fourni maintes occasions de rire très fort, parfois au point d'en avoir la vue embrouillée. Juste l'image des parents enfermés dans un char plein de boucane, des vitres fermées, des enfants blêmes et du caniche de la mère, un animal à la libido exacerbée, ce serait suffisant pour justifier le tournage d'un film.

Les péripéties abondent, souvent ingénieuses. Comme celle de la soeur du jeune Michel, atteinte par le mal des transports et qu'il empêche de vomir en mettant la main sur sa bouche. Ça n'empêchera pas le trop-plein de se déverser, mais on rit de la façon dont la chose se produit, totalement irréaliste, et surtout de la manière dont l'histoire est contée.

Les mimiques drôles, les gestes, les brusques changements de ton forment une trame tellement serrée qu'on croit assister à un dérapage semi-contrôlé, alors que chaque nuance dans le rendu se révèle terriblement efficace. Et le plus ironique est qu'en guise de rappel, Michel Barrette offre l'équivalent d'un show de diapos et que voit-on? Les mêmes personnages en noir et blanc, sur la même plage, devant le même restaurant. La drôle de vie, mais en vrai.

Les âges de la vie

Ce spectacle prend également la forme d'un bilan, puisque la soixantaine a pointé le bout de son nez. Voici donc l'humoriste qui aborde tous les âges de la vie, ce qui, bien sûr, lui permet de s'attarder au plus drôle de tous: l'adolescence. Père d'un garçon qui en présente tous les symptômes, à commencer par un physique ingrat (83 livres sur six pieds deux pouces), il le compare à une asperge parce qu'on devient vert à force de s'enfermer dans sa chambre.

Michel Barrette ne se ménage pas, cependant. On le voit guetter les signes de sa déchéance physique avant d'admettre que sa vie sexuelle avec une femme plus jeune lui cause des soucis. Elle veut, mais pas lui. «Je suis entré dans ma période doudou, confie-t-il. Je considère mon pénis comme un vieux chien et je lui chante des chansons. Je le laisse s'étendre sur ma cuisse et je trouve qu'il fait pitié. Il bave. Il perd ses poils.»

Encore là, le texte ne dit pas tout. Il y a la manière, qu'on apprécie aussi dans le monologue sur son grand-père, celui qui vivait sur la rue Morin à Chicoutimi, le propriétaire de la chaise berçante qui, désormais, constitue son unique élément de décor. Cet homme épiait les voisins et on l'entend, via son petit-fils, dénoncer une jeune infirmière qui s'est réveillée en retard et critiquer l'étourdi qui, l'été prochain, va crever de chaleur dans son auto noire.

En filigrane, on comprend que ce retraité s'ennuie et curieusement, la même chose arrive à son fils, devenu gaga pour l'amour d'un chihuahua. C'est pourquoi Michel Barrette refuse de s'arrêter, ce que démontre sa décision d'acquérir l'auberge Les Trois Tilleuls. «J'ai acheté ça et comme Trump, je vais devenir président», annonce-t-il.

Deux semaines plus tôt, on aurait ri en attendant le prochain gag, mais plus maintenant. C'est pourquoi ceux qui aiment l'humoriste devraient aller le voir samedi, toujours au Théâtre Banque Nationale, ou encore à la Salle Michel-Côté d'Alma (24 novembre), à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval (25 novembre) ou à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini (26 novembre). Après, peut-être sera-t-il occupé à construire un mur.

Autres dates de la tournée régionale de Michel Barrette

  • Samedi 19 novembre, 20h: Théâtre Banque Nationale, Chicoutimi
  • Jeudi 24 novembre, 20h: Salle Michel-Côté, Alma
  • Vendredi 25 novembre, 20h: Auditorium Fernand-Bilodeau, Roberval
  • Samedi 26 novembre, 20h: Salle Desjardins, Dolbeau-Mistassini

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