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Atteinte d'un cancer, elle rencontre son idole Éric Lapointe

Annie Gagné a réalisé son rêve de rencontrer... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Annie Gagné a réalisé son rêve de rencontrer Éric Lapointe.

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Annie Gagné a toujours vécu sa vie à 100 milles l'heure. Aujourd'hui atteinte d'un cancer métastatique du poumon de stade 4, ses jours sont comptés, mais elle s'est promis de vivre sa vie jusqu'au bout. Jusqu'au bout, c'est sa nouvelle philosophie de vie, mais c'est aussi le titre d'une chanson d'Éric Lapointe, son idole qu'elle a eu la chance de rencontrer, samedi soir, à La Saguenéenne.

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Plus de 2000 personnes ont assisté au spectacle d'Éric Lapointe, samedi, à La Saguenéenne.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

«Merci d'avoir fait partie de ma vie, de m'avoir fait tripper, danser...», a tenu à lui dire la femme de 48 ans qui le suit depuis ses tout débuts.

Dès son entrée dans les coulisses, la nervosité de l'admiratrice était palpable. Elle le fut encore plus quand elle a aperçu Éric Lapointe au pied des escaliers le menant sur la scène. La rencontre a duré quelques minutes - le temps de lui glisser quelques mots à l'oreille et d'immortaliser le moment sur photos -, mais aura probablement fait toute une différence pour elle. Pour bien couronner le tout, elle a eu la chance de grimper sur la scène, quelque peu en retrait, pour regarder de plus près son idole.

Mme Gagné travaillait au Pile ou face quand elle a rencontré le chanteur pour la première fois. Il était «tout jeune» et ç'a tout de suite cliqué. Depuis, elle n'a pas manqué beaucoup de spectacles, elle en a même fait une tradition avec ses amis. «On est une vingtaine, des fois une trentaine. C'est une routine. On se rejoint avant le spectacle et on y va tous ensemble», a-t-elle expliqué lors d'un entretien avec Le Progrès-Dimanche.

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Annie Gagné a rencontré Éric Lapointe samedi soir.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Le spectacle de samedi soir n'était pas différent des précédents, mais il avait une signification toute particulière pour la femme de Saint-Jean-Eudes.

«Ça fait un an que je suis malade, et là je vis sur du temps emprunté. Je ne devrais même plus être là. J'étais à l'hôpital cette semaine et le docteur m'a donné la permission d'aller au spectacle. Je vais me remplir le coeur», a confié la mère de deux adolescents, un gars de 15 ans et une fille de 18 ans.

Annie Gagné avait déjà rencontré le chanteur rapidement, lui avait donné la main, mais sans plus. Avant de mourir, elle aura donc eu le temps de vivre un autre de ses rêves.

«J'ai deux idoles. Elvis et Éric Lapointe. Cet été, je suis allée à Memphis. Il me restait à rencontrer Éric.»

L'accomplissement de ces deux rêves vient s'ajouter à une liste qui n'a cessé de grandir au cours des derniers mois. Annie Gagné a notamment fait du parachute et est allée dans le Sud.

Funérailles

À travers tous les beaux moments, la mère de famille a quand même dû penser à la suite des choses, et c'est pourquoi elle a tenu à préparer ses funérailles. Déjà présent dans son coeur, Éric Lapointe aura aussi sa place à l'église.

«Loadé comme un gun, c'est ma chanson préférée. Mais c'est Jusqu'au bout qui va jouer quand je vais sortir de l'église. J'ai rencontré le curé et je lui ai dit que je voulais cette chanson. C'est comme ça que j'ai vécu ma vie. Jusqu'au bout et à 100 milles à l'heure», a confié la dame, visiblement émue.

Quand on prend le temps d'écouter les paroles de la chanson, tirée de l'album Le ciel de mes combats, on se rend compte, à la lumière de ce qu'elle a bien voulu nous confier, qu'elle lui colle en effet à la peau. «Jusqu'au bout de ma voix/Jusqu'au bout de mes cris/Jusqu'au bout de mes doigts/Jusqu'au bout de mes nuits/Jusqu'à bout de la route/Debout dans ma folie/Jusqu'à la dernière goutte/Je sais ce que je veux/Oui je sais ce qui m'attends.»

Elle était prévue en toute fin de soirée, mais heure de tombée oblige, Le Progrès-Dimanche a dû quitter avant qu'elle ne soit chantée par Éric Lapointe.

Toujours aussi endiablé en spectacle

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Éric Lapointe

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

D'entrée de jeu, en entrevue, vendredi, Éric Lapointe avait promis avoir «le feu aux bottes» après avoir passé un mois loin de la scène. Personne n'avait eu le temps de l'éteindre avant son arrivée sur la scène de La Saguenéenne, samedi soir, où il a enfilé ses plus grands succès des 25 dernières années.

Plus de 2000 personnes étaient entassées dans la salle de congrès pour assister au spectacle. Les fans ne se sont pas fait prier pour lever leur verre au chanteur dès la première chanson, Coupable. Dès le refrain de Bobépine, l'intensité a monté d'un cran, surtout quand Éric Lapointe a pris les baguettes pour y aller de quelques coups de cymbales. Au moins 4000 mains étaient levées quand il a décidé d'en tirer une comme souvenir à la foule.

«Cette année, j'ai perdu un grand chum, pour ne pas dire un deuxième père. Avec lui, j'ai écrit nombre et nombre de chansons...», a-t-il raconté, avant d'entamer Laisse-moi seul. «Garde-là dont pour toi, p'tit bonhomme», lui avait-dit Roger Tabra.

Comme si c'était encore possible, l'intensité a encore grimpé d'un cran quand les premières notes d'Un beau grand slow ont été entendues. «J'espère que vous n'êtes pas trop pressés. J'ai la chance de comparer d'une place à l'autre. Mais ailleurs, on dirait qu'ils embarquent moins. Êtes-vous là? Je le dis chaque show, mais je ne suis pas venu chanter pour vous, mais avec vous. Allez-vous m'répondre?»

La chorale a été instantanée pour entreprendre la chanson originalement interprétée par Richard Desjardins. «Vous êtes cool. Je veux qu'on arrache la tapisserie sur les murs. Je veux qu'on vous entende jusqu'à Québec», a-t-il dit, remerciant la foule au passage, poing au coeur.

Difficile à croire, mais l'intensité a encore grimpé, et encore, et encore. Au moment de quitter, heure de tombée oblige, le finaliste de la dernière édition de La Voix, Travis Cormier, a fait son arrivée sur la scène pour interpréter Dead or Alive de Bon Jovi et son succès écrit par Éric Lapointe, Acadie Los Angeles. L'accueil a été beaucoup plus chaleureux qu'au Festival des bières, en juillet. Gageons qu'il a gagné plusieurs coeurs depuis.

«Plus le public m'en donne, plus je suis enclin à en donner», avait dit Éric Lapointe lors d'un entretien avec Le Progrès-Dimanche, vendredi. Gageons que la soirée s'est terminée tard, parce que ni la foule ni le rocker n'avaient le goût d'arrêter d'en donner.

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Éric Lapointe

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Un album prévu à l'automne 2017

Éric Lapointe avait prévu lancer son prochain album au printemps. Très occupé avec l'enregistrement de La Voix, il se donne maintenant jusqu'à l'automne pour présenter son nouveau matériel.

«Je prépare mon album en parallèle. J'ai déjà plusieurs chansons d'écrites, j'en fais toujours plus que pour l'album, mais je ne me mets pas de pression.»

Cette année, contrairement aux trois éditions précédentes de La Voix auxquelles il a participé, le chanteur a prévu au moins un spectacle par semaine pendant les enregistrements afin de donner du travail à son équipe. D'ici la fin novembre, le coach se produira du côté de Gatineau, Brossard et Saint-Eustache.

Le tournage des auditions à l'aveugle se terminera lundi. Un travail qui demande énormément de temps pour les coachs (également Marc Dupré, Isabelle Boulay et Pierre Lapointe), à tel point que le Party des Fêtes à Lapointe se limitera à une présentation, le 31 décembre, au Métropolis de Montréal, au lieu de quelques spectacles à travers le Québec.

«La Voix, ce sont des heures et des heures de travail. Parfois, pour sept heures de tournage, vous ne verrez que quatre minutes à la télévision. On fait des journées de 15 heures et le montage ne se fait pas dans l'ordre. Alors il faut avoir l'air en forme toute la journée.»

Ça représente beaucoup de travail, oui, mais c'est un exercice qui plaît énormément au chanteur. «C'est super enrichissant de rencontrer autant de talent dans un si court laps de temps. Ce sont des gens qui ont faim et qui me rappellent à quel point je suis chanceux de pouvoir monter sur la scène. En musique, on ne finit jamais d'apprendre. Je grandis, j'évolue et j'apprends auprès d'eux. Ils ont déjà un bagage, une expérience de la scène, et ce sont souvent des chanteurs de formation, ce que je ne suis pas. Moi aussi j'ai à apprendre», a-t-il confié, vendredi, lors d'une entrevue accordée entre deux séances d'entraînement au gymnase.

Un bar à Québec

Un autre projet occupe Éric Lapointe. Après être devenu copropriétaire d'un bar-spectacle, L'Exit, sur la rue Saint-Denis, à Montréal, en décembre 2014, qui a depuis fermé ses portes, voilà qu'il vient de s'associer avec des amis pour la renaissance du Quartier de Lune, dans Limoilou à Québec.

En octobre 2015, l'établissement, alors situé sur la rue Cartier, avait été la proie d'un violent incendie. «C'est une question d'opportunités, de hasards. Quand j'embarque, c'est parce qu'il y a des shows, un volet culturel. Les gens sont près de l'ambiance. Rien ne dit que je n'irai pas faire des spectacles-surprises de temps en temps», admet celui qui souhaite donner une place aux chanteurs et musiciens.

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