Phil Roy: l'humoriste drôle

Phil Roy... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay)

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Phil Roy

Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Tous les humoristes ne sont pas drôles. Même les grands, ceux qui vendent leurs billets très cher et qui font salle comble ne remplissent pas toujours leur mandat premier : celui de faire rire l'auditoire. Dans le cas de Phil Roy, le fait de dire que les gens qui ont payé pour le voir samedi soir en ont eu véritablement pour leur argent n'est pas un euphémisme.

Le rondelet humoriste à la barbe rousse a présenté son spectacle à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Tous les billets avaient trouvé preneur. Il a consacré plusieurs minutes de son « one-man-show » à expliquer qu'il s'est longtemps considéré comme le mouton noir de sa famille. Deuxième de trois garçons, l'enfant sandwich qui a grandi à Laval n'a pas fait de longues études. Il voulait être astronaute, mais n'entrait pas dans le costume. Il s'est inscrit au Cégep, mais y a passé seulement 15 minutes, le temps de fumer un pétard avec le prof de philo et de s'enrôler dans le programme Katimavik pour faire des voyages « gratis ». Tout cela était métaphorique, évidemment, mais on a vite compris, en suivant les péripéties de Roy sur scène, que ce type n'était pas destiné à une carrière linéaire.

« Je suis l'adulte le moins crédible au monde. À toutes les fois que j'essaie de faire des affaires d'adultes, ça ne marche pas », a fait valoir l'humoriste de la relève qui roule encore en scooter, à 28 ans.

Le fait que Phil Roy ne soit pas demeuré sur les bancs d'école très longtemps est un détail insignifiant dans les circonstances, car il est évident qu'en entrant à l'École nationale de l'humour, d'où il a obtenu un diplôme en 2011, Roy avait trouvé sa voie.

Vigoureux, énergique et abrasif, celui qui a fait sa marque à l'émission SNL Québec traîne une besace remplie de blagues mordantes livrées avec vivacité. Il est fort dans les effets sonores avec une voix, ma foi, étonnamment versatile. On avait mal à la gorge pour lui. 

Occuper la scène avec autant de fougue donne chaud et Phil Roy a admis qu'il se sentait un brin en moiteur dans son t-shirt noir. Il n'hésite pas un moment à faire dans l'autodérision et à se moquer de son physique, pourtant vraiment pas si pire que ça.

Ce qui retient l'attention quand on voit Phil Roy à l'oeuvre, c'est son talent de raconteur. Bien qu'il pourrait très facilement se perdre dans les dédales de ses histoires rocambolesques, il ne perd jamais le fil. C'est ainsi qu'il revient sans faute, souvent après moult détours, au thème qu'il a mis sur la table une dizaine de minutes plus tôt. Des références à des portions de sketchs déballées auparavant refont surface quand on s'y attend le moins. Tout ça est réfléchi d'avance et Roy sait manifestement comment faire pour maintenir le cap, malgré la sueur, malgré les bifurcations et malgré la voix éraillée.

Phil Roy a passé un grand bout de la première partie du spectacle (la seule à laquelle nous avons pu assister) à parler de sa relation avec sa mère, sa meilleure amie. 

« Même si elle veut que tu sois le plus beau, mais qu'elle te fait porter la coupe champignon pendant quatre ans, ta mère c'est la personne la plus importante de ta vie », a-t-il fait remarquer entre deux blagues impliquant des vacances familiales assez rigolotes à Ogunquit et un show de Blink-182 pour lequel Maman Roy lui a sculpté un mohawk, avant de l'y conduire en mini-fourgonnette. Contrairement à l'ado de 15 ans dont il a relaté les frasques, hier soir, Phil Roy est loin d'être un « loser ».

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