Le retour réussi de Sophie Lavoie

Le Sophie Fiachra Trio... (Photo courtoisie)

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Le Sophie Fiachra Trio

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Daniel Coté
Le Quotidien

Sophie Lavoie est née à Saint-Henri-de-Taillon et a passé une partie de son enfance à Saint-Gédéon avant de migrer à Alma, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. C'est donc une Jeannoise pure laine qui est en lice au gala de l'ADISQ tenu le 27 octobre, de même qu'à celui des Prix de musique folk canadienne, qui aura lieu les 2 et 3 décembre.

En fait, c'est le groupe que la violoniste forme avec son conjoint originaire de l'Irlande, Fiachra O'Regan (cornemuse, banjo), ainsi que le guitariste André Marchand, qui a été sélectionné. Il a pour nom le Sophie & Fiachra Trio et son deuxième enregistrement, Un Canadien errant, compte parmi les finalistes pour les deux événements dans la catégorie du meilleur album traditionnel. Sophie Lavoie, elle, est en nomination en tant que chanteuse, à l'échelle canadienne.

« Je suis contente. Depuis notre retour de l'Irlande, il y a deux ans, plein de belles choses nous arrivent. En même temps, je suis surprise de voir que nous allons nous retrouver aux deux galas parce que nous ne faisons pas une musique qui flashe. C'est davantage pour écouter que pour danser, a souligné la Jeannoise il y a quelques jours, au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche.

Une couleur régionale

Le nouvel album, disponible sur iTunes et CDBaby, accorde beaucoup d'espace aux musiques d'ici. On y trouve Le voyageur, une pièce du Chicoutimien Louis Pitou Boudreault qui, à l'évidence, se situe très haut dans le panthéon personnel de la violoniste. « C'est le seul musicien traditionnel connu à l'extérieur de la région », fait-elle observer.

D'autres compositions émanent de Sophie Lavoie, notamment La fille du Lac, La valse de grand-maman, Olivia, Le souvenir et Le violon à Michel. À chaque fois, même s'il s'agit de nouvelles musiques, elle demeure à l'intérieur des limites du trad. Seuls les sujets sont actualisés afin de coller aux réalités d'aujourd'hui.

« Je ne pourrais pas parler d'un forgeron, par exemple, parce que ce métier est pratiquement disparu. Par contre, je suis sensible à l'importance de créer des pièces qui reflètent le style musical de l'époque, comme me l'a suggéré Michel Faubert l'an dernier. Pour le jeu, je m'inscris donc dans la continuité du passé. »

Une autre exigence que s'impose la Jeannoise tient aux courants qu'on retrouve dans la vaste mouvance du trad. Pas question de mélanger des pommes et des oranges, même si la différence entre certaines variantes échappe aux oreilles du profane. « Je veux savoir ce que je fais. Or, dans le folklore, il y a autant de nuances, de contraintes et d'exigences que dans le classique », énonce Sophie Lavoie.

Une étude sur les violonneux de la région

Bien qu'elle réside en Mauricie depuis son retour de l'Irlande, il y a deux ans, Sophie Lavoie multiplie les visites dans sa région d'origine et pas juste pour voir les membres de sa famille. L'une des raisons qui la poussent à revenir se rapporte aux recherches menées auprès des vieux violonneux du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Il s'agit des derniers des Mohicans, un groupe de plus en plus restreint et d'autant plus précieux. Ils ont appris à l'oreille, comme c'était la coutume au temps de leurs ancêtres, et constatent avec regret que la relève se fait rare. Une fois par mois, des rencontres sont organisées et les vétérans s'exécutent sous l'oeil de la caméra. Pour leur jeune consoeur, c'est l'équivalent d'un livre qui se mettrait à parler.

« J'analyse les styles présents dans la région et je ne laisse rien au hasard. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean possède une approche musicale bien à lui et elle s'appuie en bonne partie sur les gigueux. Les pièces étaient adaptées à leur façon de danser », explique Sophie Lavoie, dont le travail est appuyé par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Elle aime ces rencontres et il faut croire que le mot se passe, puisque des noms de violonneux s'ajoutent constamment à la liste. Eux aussi tiennent à perpétuer leur art, quitte à ce que ça se fasse par le biais d'une étude. « J'en connais qui sont découragés (par l'absence de relève) et moi aussi, ça m'inquiète », confie la Jeannoise.

Ce qu'elle découvre est tellement riche que le troisième album de sa formation, le Sophie & Fiachra Trio, privilégiera le matériel provenant de sa région d'origine. Il comptera pour la moitié des pièces, tandis que les autres trouveront leur source en Irlande, la patrie de son compagnon de vie, Fiachra O'Regan.

Cet enregistrement devrait se matérialiser d'ici un an ou deux. En attendant, le groupe poursuivra sa carrière internationale, dont l'ampleur est inversement proportionnelle à sa notoriété. Juste cette année, il s'est produit en Inde, en Irlande et en Australie, où il sera de retour en 2017. « Le public est le fun, là-bas. Il apprécie vraiment notre musique. On joue dans des festivals. On anime des ateliers », décrit Sophie Lavoie.

Ses présences sur scène se font plus rares au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la dernière remontant à deux ans. Il ne faudrait pas se surprendre, cependant, si la tradition consistant à tenir un spectacle des Fêtes à la Boîte à Bleuets d'Alma, en compagnie de quelques invités, reprenne vie. « Il faudrait organiser ça en décembre. Il n'est pas trop tard pour procéder au ''booking'' », laisse entendre la musicienne.

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