Tribus à La Rubrique

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Dans Tribus, Jacques L'Heureux et Monique Spaziani campent les parents d'une famille de trois enfants dont l'un est sourd de naissance. La volonté de ce dernier d'apprendre le langage signé vient bousculer toute la dynamique familiale.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

La pièce Tribus de l'auteure britannique Nina Raine, mettant en vedette Monique Spaziani, Jacques L'Heureux, Catherine Chabot, Benoît Drouin-Germain, David Laurin et Klervi Thienpont, sera présentée par le théâtre La Rubrique le vendredi 21 octobre prochain. La production de LAB87, mise en scène par Frédéric Blanchette, raconte l'histoire de Billy, un jeune homme sourd de naissance maintenant adulte. Ses parents n'ont jamais voulu qu'il apprenne le langage des signes, refusant de voir son handicap. Après une rencontre avec une jeune femme malentendante, il souhaite apprendre le langage signé, ce qui bouleverse l'équilibre familial. La pièce traite de la surdité, mais aussi du manque de communication. Entrevues avec deux des artisans de la pièce.

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Dans Tribus, Jacques L'Heureux campe un père de famille rigide qui refuse de voir son fils tel qu'il est.

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Celui qu'on aime haïr

Jouer celui qu'on aime détester, c'est un rôle qui plaît au comédien qui a prêté ses traits à Passe-Montagne pendant de nombreuses années. Dans Tribus, Jacques L'Heureux campe un père de famille rigide, un personnage qui n'accepte pas le changement.

«C'est le personnage qu'on aime haïr et j'aime ça. Je trouve que c'est les meilleurs rôles», affirme d'emblée le comédien au bout du fil. «J'incarne le père qui a des principes trop rigides pour cette famille en mouvance. Il continue de croire que son fils n'a pas besoin d'apprendre le langage des signes. Pour lui, les sourds, c'est comme une minorité à laquelle il ne veut pas que son fils appartienne. Il veut que son fils soit ''normal''», raconte-t-il.

S'il aime particulièrement son rôle, Jacques L'Heureux estime que tous les personnages de la pièce sont intéressants.

«Nina Raine, c'est une metteure en scène, alors elle a le sens du théâtre, le sens du punch. Il y a des répliques très percutantes, très drôles. Il n'y a pas de faire-valoir dans la pièce. Tous les personnages ont quelque chose à défendre», explique-t-il.

Jouer une pièce à plusieurs reprises est un véritable plaisir pour Jacques L'Heureux. Jusqu'à maintenant, Tribus a été présentée une cinquantaine de fois au public. Autant d'occasions qui permettent à la pièce de gagner en qualité, estime-t-il.

«Ça s'améliore de fois en fois. On dirait que les personnages sont plus précis, plus clairs.»

La mise en scène a aussi subi des modifications afin d'être adaptée pour la tournée. Elle était initialement offerte devant un public réparti de chaque côté de la scène. Elle est maintenant jouée à l'italienne, c'est-à-dire face au public.

«C'est un plaisir de présenter la même pièce sous un nouvel angle.»

La pièce a été jouée pour une première fois au Théâtre La Licorne à la fin de 2014. Elle y a été présentée à nouveau en 2015, avant de se transporter au Théâtre Périscope de Québec.

Une tournée est maintenant amorcée à travers tout le Québec et le Nouveau-Brunswick.

«Il est même question d'agrandir la tournée l'an prochain. C'est un show qui reçoit un accueil formidable. Les gens l'apprécient beaucoup», témoigne-t-il.

«C'est une comi-tragédie au lieu d'une tragi-comédie. C'est très drôle, mais aussi très touchant de voir Billy qui sort de sa coquille. C'est une pièce grand public, facile d'approche, une belle histoire qu'on nous raconte», assure-t-il. «On apprend ce que c'est la communauté sourde, on ne la connaît pas bien. Ça va nous ouvrir les yeux un peu, ou plutôt les oreilles.»

Monique Spaziani campe la mère de famille dans... (Photo courtoisie) - image 3.0

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Monique Spaziani campe la mère de famille dans la pièce Tribus. Le personnage tente d'installer la paix dans une famille où les membres ne s'écoutent pas.

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Comme une famille, dit Monique Spaziani

Entre deux tournages télévisuels, Monique Spaziani reprend cet automne son rôle d'Hélène, la mère de famille de la pièce Tribus. Elle parcourt le Québec avec la troupe formée il y a déjà plusieurs mois, un peu comme le ferait une vraie famille sur la route.

Jointe au téléphone alors qu'elle était en route vers Moncton avec toute l'équipe de Tribus, Monique Spaziani affirme qu'elle a l'impression de se déplacer en famille. «En tournée, c'est certain qu'une intimité se crée. On est ensemble, tous les comédiens dans la même camionnette. On a l'air d'être la famille de la pièce qui se promène. C'est vraiment étrange. Par moment, on se lance de répliques entre nous. Ça devient presque une seconde nature», affirme-t-elle un sourire dans la voix.

Dans Tribus, la comédienne incarne Hélène, la mère de famille. «Comme dans beaucoup de familles, c'est une femme qui essaie d'acheter la paix à tout prix. Elle a trois enfants adultes, qui reviennent vivre à la maison, avec un mari très arrêté sur beaucoup de choses. Elle court donc de l'un à l'autre pour essayer de rassembler tout le monde. Elle tente de garder un semblant de vie normale dans cette famille complètement disjonctée. Elle veut installer la paix, mais on se rend bien compte que personne ne s'écoute. Imaginer ce que c'est pour une personne sourde qui n'a pas la réplique assez rapide», décrit-elle.

«Mon personnage essaie d'écrire des romans, mais elle n'y arrive pas du tout. C'est toujours difficile d'achever quelque chose dans cette famille-là. Ils sont tous un peu mésadaptés. Personne n'arrive à son but. Les trois enfants ne fonctionnent à peu près pas.»

La comédienne assure toutefois que la pièce propose une bonne part d'humour.

Projets

À son retour à Montréal, Monique Spaziani reprendra notamment les tournages d'Au secours de Béatrice. Du 15 novembre au 3 décembre, elle campera une mère de famille dans la pièce Mes enfants n'ont pas peur du noir présentée au Théâtre d'Aujourd'hui.

À partir de décembre, elle reprend pour quelques mois les représentations de la pièce Les emmerdeurs offerte à Drummondville tout l'été.

«J'essaie d'agencer tout ça. Des fois, ça fait beaucoup, mais c'est toujours agréable de travailler. On ne lâche pas.»

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