La deuxième vie d'Hervé Leclerc

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Nicolas de la Sablonnière présente l'un des deux livres qui seront lancés dans les prochains jours, une biographie d'Hervé Leclerc intitulée Reconstructions.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Hervé Leclerc est passé dans le ciel à la vitesse d'un météore. Décédé en janvier 2014, à l'âge de 34 ans, l'artiste originaire de Jonquière avait eu le temps de faire de la peinture et de la sculpture, de participer à des projets musicaux et d'écrire des textes, plein de textes, dont une fraction seulement a été rendue publique de son vivant.

Il était habité par un sentiment d'urgence depuis l'âge de 21 ans, moment où, pour la première fois, des analyses réalisées à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont avaient confirmé la présence d'un cancer. Vivant alors à Montréal, le fils de Mercedes Laforest et Jean-Yves Leclerc avait téléphoné à ses parents pour leur annoncer la terrible nouvelle: «C'est malin, mon affaire.»

«Quatre fois, on a dit à Hervé qu'il n'y avait plus d'espoir, la première à 22 ans et la dernière en 2013. Il possédait toutefois une force de caractère incroyable, ce qui fait en sorte que moi, ses blondes et ses amis, on ne croyait pas que ce gars-là qui remontait tout le temps allait mourir», a confié la mère de l'artiste au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.

Hervé Leclerc est passé dans le ciel à la vitesse d'un... (Photos courtoisie) - image 2.0

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Deux livres

Néanmoins, le corps a cédé, à quelques jours de son anniversaire de naissance. Il faut dire que l'homme était devenu méconnaissable. Ses cheveux avaient blanchi et sa silhouette s'était empâtée sous l'effet des médicaments. Branché à une pompe à oxygène, il gardait l'esprit tourné vers son art, tout en cherchant une forme de transcendance. L'idée de Dieu ne lui était pas étrangère, en effet. Le destin de l'humanité suscitait en lui maints questionnements.

«Sur son dernier statut Facebook, trois jours avant sa mort, il parle de l'univers, de Hubert Reeves», rapporte Nicolas de la Sablonnière, le fidèle d'entre les fidèles. C'est pour offrir à ces textes un écrin digne de ce nom qu'il va lancer, le 21 octobre à 17h, à la librairie Point de suspension du Centre Bang, à Chicoutimi, deux livres consacrés à Hervé Leclerc.

L'un d'eux, intitulé Les ectoplasmes, porte la signature de son ami, puisqu'il réunit une sélection de poèmes, pensées et commentaires de son cru. C'est Nicolas de la Sablonnière, aussi connu en tant qu'artiste sous le nom de Delasablo, qui a épluché les cahiers et les innombrables bouts de papier griffonnés par Hervé Leclerc, exploré les moindres recoins de son ordinateur, afin d'en extraire la meilleure part.

«C'était de l'ordre de la catharsis, mais il est évident que Hervé désirait que ce soit lu un jour. Dans la première partie, j'ai regroupé ses pensées les plus personnelles, ses poèmes, ses lettres à Dieu, tandis que la seconde, Les Astro Notes, trouve son origine dans quatre ans de statuts Facebook. On voit comment l'humour a aidé Hervé à rester en vie. Il y a des mots d'esprit et des constats sur la société», décrit Nicolas de la Sablonnière.

Mercedes Laforest et Jean-Yves Leclerc chérissent la mémoire... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 3.0

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Mercedes Laforest et Jean-Yves Leclerc chérissent la mémoire de leur fils Hervé Leclerc, à travers les oeuvres regroupées dans leur résidence de Jonquière. L'une des plus importantes se trouve en arrière-plan. Elle a pour titre Globules rouges, globules blancs.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

«Un frère d'armes»

Le deuxième ouvrage se nomme Reconstructions et brosse le portrait de l'artiste sous la plume de Sébastien Veilleux. Comme l'autre, il a été publié aux Éditions de l'Oiseau-mouche, une maison créée dans le cadre de ce projet et qui lui survivra. «L'oiseau-mouche était l'animal totémique d'Hervé», précise son ami, à qui Mercedes Laforest et Jean-Yves Leclerc ont accordé leur appui.

«C'est un livre pour tout le monde, l'histoire d'un grand artiste de la région qui n'a pas eu le temps de pousser son travail en raison de la maladie. Ça se lit comme un roman. Il se passe toujours quelque chose», commente Nicolas de la Sablonnière. À ses yeux, les deux documents ont pour fonction de boucler la boucle, puisqu'ils s'inscrivent dans la foulée d'un hommage rendu au Côté-Cour de Jonquière et d'une exposition tenue à l'Espace virtuel du Centre Bang.

Si on ajoute le portrait qu'il a peint après la disparition de son ami, de même que les images d'Hervé Leclerc qui ont été intégrées à son long métrage intitulé Époque 1916, ça représente un chantier impressionnant. «On n'en revient pas. Je suis sidérée de voir ce qu'un homme peut accomplir pour un autre», confie Mercedes Laforest. «On n'aurait pas pu faire ça», complète Jean-Yves Leclerc.

Nicolas de la Sablonnière a été motivé par l'amitié, bien sûr, mais aussi d'autres considérations. «Ça me touche, la mort, puisqu'elle fait partie de la pulsion créative. Il y a également une partie de moi qui se retrouve dans Hervé parce qu'il construisait une oeuvre, lui aussi. Je le percevais comme un frère d'armes, un camarade de tranchée qui serait mort dans mes bras, énonce-t-il. C'est pour cette raison que je me suis senti investi d'une mission.»

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