Yves Lambert, en chansons et en paroles

Yves Lambert a souvent joué de l'accordéon, vendredi... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Yves Lambert a souvent joué de l'accordéon, vendredi soir, en plus de chanter des airs trad qui ont fait le bonheur des personnes rassemblées au Sous-Bois de Chicoutimi.

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Daniel Coté
Le Quotidien

«On est capables de jouer cette musique à l'année. Elle est assez riche, assez importante pour ça», a lancé Yves Lambert au début du spectacle qu'il a proposé vendredi soir, au Sous-Bois de Chicoutimi.

Invité dans le cadre de l'Oktober Folk Fest, dont c'est la deuxième édition, le vétéran de la scène trad avait l'air d'un gars investi d'une mission. Devant une centaine de personnes animées du désir de célébrer les Fêtes avant le temps, il a montré comment des airs anciens peuvent encore nous parler, même en cette ère hautement civilisée où des téléphones brûlent inopinément.

Très en verbe, souvent drôle et plus rarement en maudit, Yves Lambert a trouvé le moyen d'actualiser chaque pièce dans ses présentations. Pour introduire une chanson coquine, par exemple, il a évoqué son rêve de créer «une comédie musicale érotique», tout en faisant allusion aux incartades de Donald Trump. C'était assez pour donner le goût d'entendre Bergère en folie, un extrait de son plus récent opus, Laissez courir les chiens.

Juste avant, lui et ses compagnons, Paul Audy (guitare, basse) et l'Almatois Robin Boulianne (violon, mandoline podorythmie), avaient ajouté un soupçon d'épices cajuns pour interpréter Dans le bayou St-Laurent, un brûlot marquant leur opposition à l'Oléoduc Énergie Est. En prime, le chanteur venait de dénoncer les récents propos de Philippe Couillard au sujet du nouveau chef du Parti québécois et de ceux qui ont voté pour lui.

«Je me suis senti insulté quand notre premier ministre nous a traités de radicaux. Les radicaux, c'est ben plus eux autres avec leur totalitarisme industriel», a-t-il martelé. C'était dans le ton de sa composition pour laquelle un clip sera tourné sous peu, une pièce qui décolle au son d'un train et qui déboule, irrésistible, un brin baveuse, jusqu'à la finale délibérément cahotique.

Tout aussi enlevé, un autre de ses nouveaux titres, Les oripeaux de ma mignonne a été agrémenté d'harmonies vocales relayées par le violon de Robin Boulianne qui, si on ramène ça dans le contexte du rock, tenait le rôle de la guitare. La réaction du public a donné raison à Yves Lambert, qui venait de rappeler comment, vers 1973, les Québécois de tous âges et de toutes provenances avaient redécouvert la musique traditionnelle.

«Louis Pitou Boudreault, un gars d'ici, était une icône pour nous. On retrouvait nos racines après dix ou 15 ans de rock'n'roll et je pense qu'aujourd'hui, l'urgence est encore là. Il faut juste avoir l'humilité de regarder en arrière», avait-il énoncé. C'est dans cet esprit que plusieurs fois au cours de la soirée, le trio a servi «des p'tits reels» qui n'avaient rien de branleux.

Autre leçon bien plaisante à prendre: la reprise de la chanson écrite par Muriel Millard, Dans nos vieilles maisons. «On dit que certaines choses sont des clichés, mais un cliché n'est pas un cliché pour rien. C'est parce qu'il est efficace», a souligné Yves Lambert avec une sagesse qui l'honore. Il restait à le prouver et ce fut fait en un tournemain, alors que tous les gens se sont levés pour mieux savourer cette version énergique.

Côté danse, par contre, la palme revient à Laissez courir les chiens, la chanson qui donne son titre à l'album. Ils ont été nombreux à se regrouper au pied de la scène pendant que le trio mettait du bois dans le poêle, surtout du bois de violon, sur cet air qui avait une touche carnavalesque (dans le sens de Carnaval-Souvenir, comme de bien entendu).

Ajoutez des classiques comme La poule à Colin, La banqueroute d'Oscar Thiffault et Son p'tit porte-clés, le succès de la Bottine Souriante, et vous obtenez une soirée qui restera longtemps incrustée dans les mémoires. Parce que voir un monument comme Yves Lambert dans une petite salle, aussi enjoué, aussi bien appuyé, constitue un rare privilège.

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