Trois façons de représenter le monde

Des fleurs, toujours des fleurs. Ainsi peut-on décrire... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Des fleurs, toujours des fleurs. Ainsi peut-on décrire l'art d'Anne Drouin, dont la passion pour l'horticulture s'exprime également sur la toile.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Une visite à l'Aréna de la Vallée, à Petit-Saguenay, commence avec le spectacle offert par les gigantesques bouquets posés dans le hall d'entrée. Les fleurs ont commencé à sécher, ce qui leur confère une sorte de charme automnal auquel correspond la présence des artistes à l'intérieur de la salle d'exposition. Grâce à ces invités du symposium provincial des Villages en couleurs, on peut faire le plein d'images et de couleurs en prévision de l'hiver.

Quand une fille des Îles fait de la... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 1.0

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Quand une fille des Îles fait de la peinture, il est normal de voir du bleu, beaucoup de bleu, ce que reflètent les tableaux créés par Élyve Turbide.

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Marc Galipeau aime représenter des scènes de fête,... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 1.1

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Marc Galipeau aime représenter des scènes de fête, une pratique à laquelle il souscrira en fin de semaine, à l'occasion du symposium des Villages en couleurs.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

L'un d'eux est Marc Galipeau, de Farnham. Il est de retour pour la cinquième ou sixième fois et ses oeuvres sont reconnaissables entre toutes. Très colorées, couvrant de grandes surfaces, la plupart montrent des gens en train de faire la fête. Le trait est précis, mais l'une des caractéristiques de ce peintre tient à ses visages toujours pareils. Seule la bouche est dessinée et encore. Elle se résume à un rond, le même pour chacun des personnages.

«C'est drôle parce que souvent, des gens se reconnaissent dans mes toiles, alors que ce sont de petites faces avec de petites bouches», a raconté l'artiste vendredi, au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Plus jeune, il a été tenté par l'hyperréalisme. Cette approche le séduisait, mais ne correspondait guère à sa manière d'être. Prendre un mois pour compléter un tableau dépasse les limites de sa patience.

Marc Galipeau a trouvé son style il y a une quinzaine d'années et malgré le caractère intemporel de ses oeuvres, il dit s'inspirer de l'esthétique des années 1950, un peu sous l'influence du cinéma. «J'aime présenter des personnages fantaisistes dans des situations de fêtes ou de jeux. L'avantage avec les grands formats, c'est qu'on peut se laisser aller», mentionne-t-il.

Le symposium lui plaît en raison de l'atmosphère, de la clientèle et de la beauté du Bas-Saguenay. Tout en mettant la dernière main à quelques tableaux, il se propose d'en créer quelques-uns de toutes pièces au cours de la fin de semaine. «Pour que les gens puissent voir l'évolution, j'en ferai des petits, avec un ou deux personnages», confirme l'adepte de l'acrylique.

Portraits de fleurs

Les fleurs regroupées à l'entrée de l'Aréna de la Vallée donnent le goût de filer jusqu'au stand d'Anne Drouin, originaire de Sainte-Julie. Férue d'horticulture, spécialisée dans la culture des orchidées, elle apprécie les fleurs sous toutes les formes, celles qui poussent dans la terre et celles qu'on peut accrocher sur un mur.

«Je fais des portraits de fleurs campés dans des espaces indéfinis. Le fond est purement intuitif», décrit l'artiste. Il lui arrive de créer de petits tableaux, mais ce qui lui sourit davantage, c'est de s'investir dans un grand format, un 30 pouces par 48 ou, mieux encore, un sept pieds par neuf comme celui qu'elle a complété récemment.

«Dans ce temps-là, on peut y aller. Ça fait monter mon élan créatif», explique Anne Drouin. Ses sujets sont tellement familiers qu'elle peint de mémoire. Il est vrai qu'après 46 ans aux pinceaux, dont 24 en tant que professionnelle, la façon de représenter un iris Ringo n'a plus de secret pour cette dame qui en est à sa deuxième présence au symposium.

Elle aime cet événement, autant que le paysage qui lui sert d'écrin, mais garde un souvenir amusé de sa première participation, l'an dernier. «J'étais venue avec plein de souliers qu'on porte sans bas, sauf qu'il a neigé. C'était l'hiver», lance l'artiste en riant de bon coeur. Une chose est sûre, elle n'aura pas besoin de bottes de feutre au cours de cette édition.

Le bleu des Îles

Si Marc Galipeau et Anne Drouin creusent patiemment le même sillon, Élyse Turbide produit des oeuvres qui font écho aux différentes phases de sa vie. La première et la plus importante vient de ses racines, ses années de formation aux Îles-de-la-Madeleine. On retrouve aussi des traces de ses séjours dans la région de Valleyfield et à Victoriaville, de même qu'à la Baie-James.

S'agissant des Îles, leur principal héritage est le bleu. «C'est ma couleur préférée parce que j'ai grandi dans un décor dépouillé, où on développe un autre rapport à l'espace. J'ai peur de l'eau, ce qui vient des noyades qui sont survenues pendant que je vivais là-bas. Pourtant, j'adore l'observer. Souvent, elle a l'air inoffensive, alors qu'elle est tellement puissante», fait observer la jeune femme.

Parmi les tableaux accrochés à Petit-Saguenay, on trouve une mer déchaînée, un peu abstraite, ainsi que la représentation de deux vaches dans un décor placide. La mer est calme près de l'île d'Entrée, où les deux tiers de l'espace sont réservés au pâturage. «Il arrive que des vaches meurent en tombant dans l'eau. Elles se trouvent sur un cap et certaines vont trop près du bord», relate Élyse Turbide.

Juste à côté, un caribou au panache spectaculaire illustre sa vision du nord, tandis que des oies peintes à l'acrylique évoquent sa participation à un festival tenu à Victoriaville, où cet oiseau est célébré. «Je trace parfois des signes sur la toile», note l'artiste. Il y a un je-ne-sais-quoi d'asiatique dans ces formes abstraites, mais pour une fois, il ne faut pas chercher la réponse dans sa biographie. Elle n'a pas encore visité ce continent.

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