Quand le passé se marie au présent

Il émanait un doux parfum de nostalgie, vendredi soir, alors que l'école de... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il émanait un doux parfum de nostalgie, vendredi soir, alors que l'école de danse Les Farandoles célébrait son 50e anniversaire au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Le public, qui occupait tous les sièges ou presque, était heureux de revoir des numéros familiers, dont certains qui ont permis à l'organisation fondée par Jacques Biron, en novembre 1966, de rayonner sur ce continent, en Europe et au-delà.

Toutes les époques qui ont balisé l'histoire des Farandoles ont été évoquées, à commencer par la toute première où, déjà, notre folklore cohabitait avec celui des autres nations, notamment Israël et le Mexique. Signe que la relève est bien portante, ce sont des élèves d'aujourd'hui qui ont ouvert le programme en exécutant La danse des mains.

Juste pour les mouvements des bras, aussi complexes que la trame d'une ceinture fléchée, ça valait le coup d'oeil. Ce n'était qu'une mise en bouche, cependant, puisque les fréquentations assidues de l'école avec le folklore de l'Europe de l'Est ont donné lieu à des numéros franchement spectaculaires. Celui qui a été consacré aux danses tziganes de Serbie, entre autres, a fait jaillir les premiers cris de la soirée.

Il était normal de s'émerveiller à la vue des 14 danseuses agitant leurs foulards blancs, la mine enjouée, se tenant en ligne avant de tourner, d'agiter des tambourins, puis de se disperser. Même à six fuseaux horaires de Belgrade, on y croyait, comme ce fut le cas lorsque le rideau s'est levé, quelques minutes plus tard, en offrant le spectacle d'une douzaine de danseuses vêtues de robes mexicaines aux couleurs vives. Flamboyant. Irrésistible.

Un autre temps fort fut la chorégraphie aux couleurs de la Bulgarie menée par Magalie Boivin et Roger Gagné, dont c'était l'anniversaire. Lui faisait le beau avec sa dame, dont le costume faisait penser à celui d'une poupée. Entouré d'une nuée de danseuses, il sautait sur place en tapant sur ses cuisses, un large sourire barrant son visage. Les gens riaient de bon coeur.

À ce stade, on a remarqué l'amorce d'une sorte de crescendo. Plus le spectacle progressait, plus la température montait dans la salle, un phénomène que même la pause n'a pu compromettre. Il faut dire que la deuxième moitié fut celle d'Ecce Mundo, dont plusieurs vétérans ont repris du service à titre bénévole (comme l'ensemble des participants). Quatre ans après la fin de cette production ambitieuse, on sentait un désir féroce de boucler la boucle avec élégance.

Il y a eu la vignette Bollywood où bras et mains furent très sollicités, un medley disco qui a fait lever tout le monde sur l'air de YMCA, de même qu'une séquence latino fort dynamique. Mentionnons également deux performances en solo, celle de Constance Koziej au pôle dance, toute en finesse, sans les relents sulfureux qu'on prête à cette spécialité, ainsi que le dédoublement de personnalité - mi-homme, mi-femme - incarné par Philippe Dufresne.

Le flamenco et la danse celtique ont aussi eu leurs 15 minutes de gloire, d'abord séparément, sous la forme d'un duel, puis ensemble, par l'entremise d'une chorégraphie signée Christina Tremblay, Magalie Boivin et Julie Lévesque, celle qui assumait le rôle de directrice de production pour ce spectacle. Il était étonnant de constater à quel degré les deux styles, si différents, pouvaient se mouler à une même musique.

Les derniers numéros ont aussi montré comment le passé et le présent des Farandoles cohabitent harmonieusement. Le public a été soufflé par la performance de Droïd, la troupe hip-hop aux mouvements si fluides, saccadés, parfois déroutants, mais d'une précision remarquable. Et juste après, comme de raison, le célèbre can-can, la signature des grands spectacles, a ramené tout le monde au temps des longs-jeux, du racquetball et du Walkman.

On baignait encore dans la nostalgie des années 1980 et 1990 quand les animateurs Félix-Antoine Tremblay et Caroline Desbiens ont invité Ariane Blackburn, directrice générale et artistique depuis 1974, à monter sur la scène.

«Merci à tous les artistes, à tous les anciens membres qui sont ici, de même qu'à Jacques Biron pour avoir créé cette compagnie. Je vous assure que la relève est là. Longue vie aux Farandoles», a-t-elle lancé sous une pluie d'applaudissements.

C'était reparti pour un autre 50 ans.

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