Après le blogueur, l'auteur

L'ex-blogueur et humoriste controversé Gab Roy présente son... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

Agrandir

L'ex-blogueur et humoriste controversé Gab Roy présente son livre Mon voyage en prison dans le cadre du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il s'agit d'une première sortie officielle, mis à part un lancement dans son quartier, pour celui qui signe son écrit Gabriel Roy.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Exit Gab Roy. C'est sous le nom de Gabriel Roy que l'ex-blogueur et humoriste controversé se présente au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean cette fin de semaine. Celui qui a écopé de 18 mois de pénitencier pour leurre et attouchements sexuels sur une mineure en 2015 y effectuait vendredi soir sa première sortie publique officielle à titre d'auteur.

Le livre de Gabriel Roy est sorti en août dernier. Seul un lancement qui n'a pas fait grand bruit a été organisé dans une brasserie de son quartier depuis.

«Je n'ai pas invité les médias. Notre relation n'est pas très bonne, affirme-t-il en souriant. Je ne cherche pas à utiliser ma notoriété pour vendre le livre. Je veux utiliser mon nom d'auteur», explique-t-il.

Gabriel Roy admet avoir ressenti une part de stress à l'approche de son passage au Salon du livre où des milliers de personnes convergent. «J'avais une petite appréhension, convient-il, surtout que je venais seul. Mais je me suis dit que ça allait me faire du bien. Je vais profiter du paysage. J'apprécie plus les petites choses de la vie comme un matelas, prendre une douche seul, la liberté.»

Le controversé personnage, qui a aussi fait les manchettes pour avoir écrit sur son blogue des propos disgracieux à l'endroit de la comédienne Mariloup Wolfe, a passé sept mois à la prison de Bordeaux, puis il s'est retrouvé en maison de transition. Il a le droit de quitter Montréal depuis deux mois. Malgré la nature des faits pour lesquels il a été condamné, aucune condition ne l'empêche de se trouver au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Il côtoie le public depuis un an maintenant, mais avec sa participation à l'événement littéraire, c'est la première fois qu'il s'expose aux gens et à leurs critiques. «Les gens sont civilisés. Je peux comprendre que des gens ne soient pas intéressés par quelqu'un comme moi, avec un background comme le mien. Quand c'est le cas, ils passent à côté de moi tout simplement et je les en remercie», affirme-t-il.

Mon voyage en prison, publié aux éditions BouquinBec, est issu d'un journal de bord que Roy a rédigé et de dessins qu'il a faits pendant qu'il était incarcéré. «J'ai tout écrit et dessiné avec des crayons HB sur les papiers que je pouvais acheter à la cantine. Ç'a été mon moyen de passer à travers. Je me disais que c'était mon travail», raconte-t-il.

L'idée d'écrire de sa cellule lui est venue avant même son entrée en prison. «Quand j'ai su que j'allais entrer à Bordeaux, j'ai essayé de trouver de la documentation sur l'endroit. Je n'ai rien trouvé. Mon but premier, c'est de raconter l'histoire de la prison. Je ne suis pas le centre d'intérêt là-dedans, même si c'est sous forme de journal.»

Il espère maintenant que son livre soit lu par des personnes emprisonnées et leurs proches. «J'aimerais aussi que des gens du ministère de la Sécurité publique le lisent, pour savoir ce qui se passe. C'est malsain comme environnement. En prison, il y a de la violence au quotidien. Pour la société, est-ce que ce procédé a quelque chose de bénéfique?, se questionne-t-il. Ne pas avoir eu de famille à ma sortie, j'aurais été dans la rue. J'en ai revu des gars qui étaient en prison avec moi quêter sur la rue. Les gens n'ont pas tous ma chance.»

Il souhaite aussi laisser un écrit dont ses proches pourront être fiers. «La notoriété, je ne pourrai pas m'en débarrasser. Si je dois laisser un dernier témoignage, celui-là me convient. Je le fais pour moi, mais aussi pour ma famille qui croit en moi. Ce témoignage-là, ils pourront en être fiers.»

L'ex-blogueur affirme que le séjour en prison a été difficile pour ses proches, particulièrement pour ses filles. «Ma fille de 14 ans n'a pas manqué une seule fin de semaine de visite. Elle est incroyable. On avait par contre décidé de dire à ma petite qui avait cinq ans que j'étais parti travailler. Après des mois, elle ne comprenait pas pourquoi je ne revenais pas travailler à Montréal. Ç'a été très difficile.»

Depuis sa sortie de prison, il a repris son travail de charpentier-menuisier. «Je n'écarte pas la possibilité d'écrire à nouveau, mais les textes signés Gab Roy, c'est fini. Les gens disent souvent qu'ils n'ont pas de regrets. Je peux dire que je n'ai pas de regrets, mais des remords, c'est pas moins lourd. Pendant nombre d'années, j'ai fait ce que je voulais sans trop me poser de questions et j'ai foncé dans un mur. C'est une accumulation d'impulsivités qui m'a amené là. Je me suis rendu jusqu'au bout de mon délire. Oui, j'ai vécu un délire de quelques années. Quand des gens te suivent sur ton blogue, c'est quasiment sectaire. C'est toute une ivresse et j'ai été saoulé», admet-il.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer