Le libre-échange, version culturelle

Le sculpteur Kevin Titzer a créé des marionnettes... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le sculpteur Kevin Titzer a créé des marionnettes qu'utiliseront Dany Lefrançois, du Théâtre de la Tortue Noire, ainsi que le metteur en scène Miguel Angel Gutiérrez Espinosa, de la compagnie mexicaine Luna Morena, dans le cadre d'une pièce intitulée Mémoires d'un sablier. Ils ont poursuivi la mise en forme de ce spectacle la semaine dernière, au Petit Théâtre de l'UQAC.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

À l'heure où Donald Trump pourfend l'accord de libre-échange entre le Mexique, le Canada et les États-Unis, des artistes provenant de ces trois pays préparent une pièce qui aura pour titre Mémoires d'un sablier. Coproduite par la compagnie Luna Morena, basée à Guadalajara, de même que le Théâtre de la Tortue Noire, dont les membres résident au Saguenay, elle empruntera à l'imaginaire du sculpteur Kevin Titzer, un Américain installé à Arvida.

Une première séance de travail avait permis de cerner le thème central de cette oeuvre: le caractère relatif du temps. Les partenaires mexicains, dont le metteur en scène Miguel Angel Gutiérrez Espinosa, sont revenus une nouvelle fois à Chicoutimi, il y a quelques jours, afin de donner plus de corps à la pièce. Eux et leurs camarades ont eu le temps de procéder à un enchaînement avant de quitter le Petit Théâtre de l'UQAC, vendredi.

«C'est une obsession personnelle», a reconnu le metteur en scène, l'oeil rieur, au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Le temps l'interpelle, en effet, notamment l'impact qu'il a sur le corps, ce qui explique les égards accordés au livre du philosophe Jean-Luc Nancy, 58 indices sur le corps. Lui aussi fait partie de la distribution, en quelque sorte.

«Cette pièce se veut une expérience sensorielle, ainsi qu'une réflexion philosophique, au même titre que le texte de Nancy. Ce n'est pas le genre de spectacle qu'on pourra comprendre d'une seule manière», énonce Miguel Angel Gutiérrez Espinosa. Toujours à propos du temps, le directeur artistique de la Tortue Noire, Dany Lefrançois, offre un éclairage inspiré par les nombreux partenariats noués avec les gens de Luna Morena.

«À chaque séjour au Mexique, nous nous heurtons à une temporalité différente, mentionne-t-il. Le temps est très relatif, un phénomène qui se reflète également dans la taille des villes où nous sommes établis. Guadalajara constitue une métropole, alors que Saguenay, en comparaison, forme une communauté relativement petite.»

Des sculptures qui vivront

Mémoires d'un sablier durera une heure et sera destiné à un public adulte. On y trouvera des éléments empruntant au théâtre d'objets, la spécialité de la Tortue Noire, de même que des marionnettes. Celles-ci bénéficieront de l'expertise constituée par l'équipe de Luna Morena, ainsi que du talent d'un nouveau venu sur la scène théâtrale: Kevin Titzer.

C'est lors d'un précédent séjour au Saguenay que Miguel Angel Gutiérrez Espinosa a découvert ses sculptures. Séduit, il a accepté avec plaisir de l'associer au projet, à la suggestion de ses partenaires québécois. «Son esthétique correspond à celle qu'épousera le spectacle», fait observer le Mexicain, dont les propos ont été traduits de l'espagnol par Natalia Ardila, étudiante à la maîtrise en arts à l'UQAC.

À ses pieds, justement, la silhouette d'un homme se déployait sur le plancher du Petit Théâtre. Un homme grandeur nature, ou presque, mais dont les membres étaient détachés du corps. Son visage énigmatique, ni triste ni joyeux, se situe dans le droit fil des sculptures produites par Kevin Titzer. «C'est difficile de fabriquer de vraies marionnettes. J'apprends sur le tas», a commenté l'artiste qui, pour une rare fois, prête son talent à un projet collectif.

Malgré le charme équivoque que dégage son personnage, ainsi que la petite marionnette qui lui tient compagnie, il devra refaire ses devoirs en décembre, alors que lui et Andrée-Anne Giguère, dont les projections vidéo feront partie de Mémoires d'un sablier, poursuivront la mise en forme du spectacle au Mexique. Il restera ensuite à donner une première représentation au Petit Théâtre, laquelle est prévue pour le mois de mai et fera figure de rodage.

«Ce spectacle coïncidera avec la conclusion de notre résidence de quatre ans à l'UQAC», précise Dany Lefrançois, qui fera partie de la distribution en tant que comédien-manipulateur, aux côtés de Sara Moisan et Martin Gagnon. La conception sonore, elle, est signée Guillaume Thibert.

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