Des leçons qui restent d'actualité

Christian Michaud propose un Bousille d'une naïveté touchante.... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Christian Michaud propose un Bousille d'une naïveté touchante.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Peu importe l'époque et le contexte, il y a toujours des gens prêts à tout pour déjouer la justice. Et lorsqu'un groupe veut atteindre ses fins, il peut faire ressortir le pire de lui-même. La pièce Bousille et les justes a peut-être été écrite par Gratien Gélinas dans les années 50, peut-être accorde-t-elle beaucoup de place à la religion, mais les travers qu'elle met en lumière et les leçons qu'elle sert sont toujours d'actualité.

Ghislaine Vincent et Laurie-Ève Gagnon campent avec justesse... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

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Ghislaine Vincent et Laurie-Ève Gagnon campent avec justesse les personnages de la mère et de Noëlla Grenon.

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Le Théâtre La Rubrique lançait sa saison 2016-2017, jeudi soir, avec la présentation de la pièce Bousille et les justes, une production du Théâtre de la Bordée. Le classique du théâtre québécois, dans une mise en scène de Jean-Philippe Joubert, était présenté à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob.

Bousille et les justes, c'est l'histoire de la famille Grenon de Saint-Tite, qui est à Montréal pour le procès du plus jeune fils de la famille. Aimé est accusé d'avoir tué d'un coup de poing un rival amoureux. La famille loge à l'hôtel Corona. C'est là que se passe l'entièreté de l'action présentée aux spectateurs. Les membres de la famille sont prêts à tout pour faire innocenter le fils et ainsi sauver leur honneur. La famille compte retourner chez elle la tête haute. Mais Blaise Belzile, alias Bousille, un petit cousin, est le seul témoin des événements et sa version des faits pourrait compromettre leurs plans. Ils passent à l'action pour le forcer à se parjurer, mais Bousille, un peu simple d'esprit, est fidèle à ses convictions. Difficile de corrompre quelqu'un qui ne peut commettre le mal.

Pour jouer Bousille et les justes, ça prend d'abord un Bousille, un comédien capable d'incarner la fragilité, la candeur et la naïveté du personnage sans trop en faire. Christian Michaux relève le défi haut la main et donne vie au personnage d'une naïveté touchante.

Il est bien entouré sur scène par huit autres personnages intéressants, chacun à leur façon, même s'ils peuvent sembler bien caricaturaux en 2016.

Mis à part les bruits de portes qui s'ouvrent et se ferment, quelques insertions musicales seulement ponctuent la pièce. Chaque fois, elles sont accompagnées de chorégraphies où tous les personnages circulent sur scène. Ils évoluent la plupart du temps chacun dans leur direction, sans se soucier du voisin. Dans la dernière des chorégraphies, tous les personnages vont dans la même direction, entraînant dans leurs pas un Bousille qui voudrait marcher à contresens. L'image parle d'elle-même.

Les insertions et la musique de Josué Beaucage sont les éléments les plus contemporains de la mise en scène qui se veut assez fidèle au texte original.

La version de Jean-Philippe Joubert permet toutefois au huis clos de s'étendre à une bonne partie de l'hôtel où loge la famille. Le texte original se concentre uniquement sur une chambre. Sur la scène, des lits, des tables de chevet et des commodes sont disposés pour former des chambres séparées de murs invisibles.

C'est donc dans cet hôtel que les personnages évoluent. Sous leur apparente droiture, ils n'hésitent pas à user de ruse, à utiliser la force, la violence verbale et à s'en prendre au plus faible.

Dans les dernières 20 minutes, l'essentiel se joue, puis la pièce prend fin sur une note dramatique.

Comment Bousille, un être naïf de coeur et d'esprit, honnête malgré tout, pourrait évoluer sans être fidèle à ses valeurs? Jusqu'où l'homme peut-il aller pour atteindre ses fins? Les questions se posaient en 1959, elles pourraient toujours l'être en 2016.

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