Un univers peu banal

Embrasse-moi comme tu m'aimes met en vedette Juliette... (Photo courtoisie, Sébastien Raymond)

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Embrasse-moi comme tu m'aimes met en vedette Juliette Gosselin et Émile Schneider dans les rôles de jumeaux qui sont unit par des liens particuliers.

Photo courtoisie, Sébastien Raymond

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Cinq ans après Coteau Rouge, André Forcier offre un retour dans le temps dans le Montréal des années 40. Il met en scène un amour troublant, des fantasmes omniprésents, une obsession dérangeante.

Embrasse-moi comme tu m'aimes, c'est une histoire d'amour trouble qui se déroule en 1940, en même temps que la Deuxième Guerre mondiale. Contrairement à plusieurs jeunes de l'époque, Pierre Sauvageau (Émile Schneider), 22 ans, désire s'enrôler afin de combattre le nazisme, mais il doit rester à Montréal où il prend soin de sa soeur jumelle infirme. Comme leur mère est incapable de s'occuper de sa fille, c'est Pierre qui borde et lave Berthe (Juliette Gosselin) au quotidien. Berthe est éperdument amoureuse de son jumeau. Elle est extrêmement jalouse et tente tout pour le séduire.

Avec son fauteuil roulant, la jeune femme est confinée à la maison. «Je meurs ma vie avec ma mère dans son atelier de modiste», affirme-t-elle. Elle voudrait être aimée comme une femme. Voilà l'étendue de son drame.

Pierre repousse constamment sa soeur, mais elle l'obsède jusque dans ses fantasmes. Dans les visions de Pierre, la Berthe magnifiée a l'usage de ses jambes. Le jeune homme est tiraillé entre son amour pour sa mère et sa soeur et la volonté de vivre sa propre vie.

Tout le film valse entre le fantasme, le rêve et la réalité. Le spectateur est témoin de la force du rêve sur le réel.

Pour son film, André Forcier a pu compter sur une brochette impressionnante d'acteurs. Plusieurs ont déjà travaillé avec lui par le passé. La liste comprend Roy Dupuis, Céline Bonnier, Pascale Montpetit, Rémy Girard, Réal Bossé, Antoine Bertrand, France Castel, Julien Poulin, Benoît Brière et plusieurs autres.

Certains acteurs bien implantés ne prononcent que quelques mots à l'écran. Ils se sont tout de même joints au projet, comme quoi la création d'un film de Forcier est un événement en soi auquel, dans le milieu, tous veulent participer. De toute façon, les personnages du cinéaste ne sont jamais fades.

Un père alcoolique et incestueux, un jeune naïf prêt à tout abandonner pour sa belle, une mère en manque d'amour... dessinés à gros traits, apportent parfois une touche de tragique, d'autres fois quelques pointes de comique.

C'est toutefois sur les épaules de jeunes acteurs que repose en bonne partie le long-métrage.

La Marguerite de Mylène Mackay est convaincante. C'est une jeune femme avant-gardiste. Elle défend ses idées, est fidèle à ses convictions et ne courbe pas l'échine devant l'autorité paternelle.

Avec Berthe, Juliette Gosselin passe par toutes les gammes d'émotions. Elle incarne la séduction, devient haïssable, frôle parfois la folie. L'actrice parvient à rendre chacune des intentions avec justesse.

Émile Schneider réussit pour sa part à faire ressentir tout le tiraillement qui assaille le personnage de Pierre.

Embrasse-moi comme tu m'aimes a remporté le Prix de l'innovation et le prix du meilleur film canadien lors du 40e Festival des films du monde (FFM) de Montréal en août dernier.

Le cinéma d'André Forcier est différent, libre. Il plaît ou non. Une chose est certaine, il ne laisse personne indifférent.

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