Un plan pour le Quatuor Alcan

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Le Quatuor Alcan joue un rôle majeur en tant qu'ambassadeur de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ses membres donnent aussi une couleur forte à la formation, fait valoir la directrice générale Christine Boily.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Loin d'avoir fait son deuil du Quatuor Alcan, l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean est en train de monter un plan d'action destiné à perpétuer sa présence au sein de la formation. Il comprendra une campagne de financement ciblant les donateurs les plus importants, des interventions auprès des instances fédérales et provinciales, de même que la Ville de Saguenay, en plus d'un appel au public.

S'agissant des mélomanes, la demande est tout ce qu'il y a de plus simple. «Nous désirons qu'il y ait encore plus de monde dans nos salles pour générer davantage de revenus et pour le message que ça enverra», a souligné la directrice générale Christine Boily au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Elle est encouragée par le fait que les abonnements aux grands concerts de la saison 2016-2017 ont rapporté 6000 $ de plus que l'an passé. C'est déjà ça de pris.

Une autre source d'espoir tient à la réaction des organismes gouvernementaux qui soutiennent la culture. Informés du retrait de Rio Tinto, qui cessera de financer les activités du Quatuor Alcan à l'intérieur d'une fenêtre de deux ans (à chaque année, depuis l'exercice précédent, sa contribution diminue de 25%), leurs administrateurs sont conscients de la nécessité de consentir un effort supplémentaire.

«J'ai confiance que nous irons chercher du soutien pour compenser le départ de Rio Tinto. Je ne suis pas vraiment inquiète parce qu'il y a de bonnes notes dans notre bulletin, que nous avons toujours soumis de beaux dossiers. Ce sera à nous de faire ressortir le contexte particulier dans lequel évolue notre formation», note la directrice générale.

Ouvrant une fenêtre sur son argumentaire, elle mentionne que l'orchestre symphonique dessert une région, pas juste une ville comme c'est le cas ailleurs au Québec. À défaut d'amener tous les membres de la formation à sillonner le territoire, ce qui serait onéreux, la direction peut compter sur le Quatuor Alcan, qui joue pleinement son rôle d'ambassadeur.

Une autre réalité propre à l'orchestre tient au nombre réduit de grands concerts, soit cinq par année. «Nous avons besoin du Quatuor Alcan pour donner une couleur forte à la formation, puisque les autres membres jouent ensemble beaucoup moins fréquemment. Grâce à ses quatre musiciens, nous obtenons une plus grande homogénéité», fait remarquer Christine Boily.

Levée de fonds

Même si l'orchestre symphonique devrait tirer profit des programmes gouvernementaux, dont certains sont en cours de révision, il faudra compléter le montage financier en maximisant la contribution des mécènes de tous ordres, les individus comme les corporations. C'est à cette fin, par exemple, qu'une campagne importante devrait être mise en branle dans les prochains mois.

«Elle sera centrée sur les gros donateurs», confirme Christine Boily. Mais d'ici à ce que le tout soit officialisé, elle rappelle que des montants peuvent être versés en tout temps dans le fonds constitué pour le bénéfice de l'orchestre symphonique, il y a quatre ans. Là aussi, on entend peser sur l'accélérateur afin que le capital accumulé, une somme totalisant un peu plus de 100 000 $, grossisse pour la peine.

«Si nous pouvions monter à 300 000 $ d'ici trois ou quatre ans, les revenus provenant des intérêts nous procureraient une enveloppe additionnelle de 50 000 $ par année, ce qui aiderait à financer nos opérations», énonce la directrice générale. Deux programmes initiés par les gouvernements du Québec et du Canada, le Mécénat Placements Culture et une initiative similaire émanant de Patrimoine Canada, magnifient l'impact des contributions versées par les citoyens.

Le Placement Mécénat Culture amène Québec à signer un chèque correspondant à 155% des montants récoltés, tandis que Patrimoine Canada peut se rendre jusqu'à 150%, comme ce fut le cas au cours de l'exercice précédent. C'était d'ailleurs la première fois que l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean était partie prenante de ce programme.

La ville de Saguenay aussi sera invitée à apporter sa contribution dans les prochains mois. Là encore, on souhaite obtenir une enveloppe supérieure à celle qui a été accordée cette année. En plus de favoriser le maintien du Quatuor Alcan, ce geste aiderait l'orchestre à équilibrer son budget, ce qui représente une condition essentielle afin de respecter les critères d'admission du Mécénat Placements Culture et de son pendant fédéral.

Après le choc, un sentiment d'urgence

La directrice générale de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean,... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 3.0

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La directrice générale de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Christine Boily

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Lorsque Le Quotidien a révélé que Rio Tinto cesserait de financer les activités du Quatuor Alcan, plus tôt cet été, les réactions ont été vives. Surpris, d'aucuns ont sauté aux conclusions, jugeant que cette décision entraînerait le départ ou la dissolution de cette formation reconnue à l'échelle internationale.

«C'est une interprétation erronée. Des gens n'ont pas compris que la réalité était différente, que le quatuor demeurait actif au sein de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean», fait observer la directrice générale Christine Boily.

Cette réaction, jumelée aux sévères critiques exprimées dans les médias sociaux à l'endroit de la multinationale, a créé une atmosphère légèrement mélancolique. «C'était une bonne chose que le départ de Rio Tinto soit annoncé, mais sur le coup, pour les musiciens, ça n'a pas été le fun», note ainsi l'administratrice.

Le temps commence à faire son oeuvre, cependant, et l'heure est davantage à la recherche de solutions durables qu'aux états d'âme. Il faut trouver 160 000$ par année pour faire vivre le Quatuor Alcan, une somme supérieure à ce que versait la multinationale, en passant. C'est le plus urgent. La priorité des priorités.

Quand on lui demande de cerner l'impact qu'aurait la perte du quatuor, en effet, Christine Boily parle en des termes existentiels. «Ça créerait un vide énorme, résume-t-elle. Ce serait très difficile pour l'orchestre.» C'est ce qui explique les initiatives en cours d'élaboration ces temps-ci. Elles ont pour fin de prévenir l'irréparable.

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