Redonner vie à la poterie

L'artiste Jacinthe Larouche... (Photo Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens)

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L'artiste Jacinthe Larouche

Photo Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

L'atelier d'arts oé, situé au 20 rue Saint-André à Métabetchouan-Lac-à-La-Croix, est ouvert au public les jeudis et vendredis, de 10h à 14h, ainsi que sur rendez-vous au 581-716-1394. Des pièces de la collection Aubépine se retrouvent à la maison de thé La Théière à l'envers de la rue Racine et au Passion Café du boulevard Talbot à Chicoutimi, chez Langage Plus à Alma, au Poste de traite de Desbiens, ainsi qu'à la chocolaterie Rose Élisabeth de Métabetchouan. Il est aussi possible de commander des pièces via la boutique Etsy aubepinecollection, via le site Internet www.artsoe.com et la page Aubépine collections de céramiques sur Facebook.

La poterie a connu son heure de gloire dans les années 70. Moins populaire par la suite, elle a tout de même toujours su s'immiscer dans certains foyers. Aujourd'hui, dans un atelier de Métabetchouan, à quelques pas du lac Saint-Jean, l'artiste Jacinthe Larouche utilise la matière pour créer la collection Aubépine, composée de pièces utilitaires et modernes. Ses créations ont pour mission d'ajouter une touche de beauté au quotidien. 

«Je veux ramener la poterie, actualiser la poterie à ma manière. Je propose des choses très modernes. Parfois, c'est à tendance ethnique, d'autre fois plus rustique, mais actualisée», explique l'artiste céramiste. «L'argile et la poterie sont toujours utilisées, mais surtout de façon industrielle. Les gens ont le goût de retourner vers ce qui est fait main. Je sens une vague pour la céramique.»

Lorsqu'elle présente ses créations dans les marchés publics, les salons des métiers d'arts et lorsqu'elle ouvre son atelier aux visiteurs, l'artiste sent l'intérêt que ses créations suscitent. «Ça vient chercher les gens. Je n'en reviens pas.»

Ses clients ont tous les âges. Ils sont amateurs de thé, de café, collectionneurs de pièces de différents céramistes ou veulent offrir un présent différent et significatif.

«Il y a des personnes qui ont un coup de coeur pour une pièce. Prendre son café dans un bol pour lequel on a eu un coup de coeur, le tenir dans ses mains, c'est plus zen, ça permet d'être dans le moment présent. Ça devient comme un rituel. On devient accro quand on utilise la céramique quotidiennement», assure-t-elle.

Jacinthe Larouche propose des bols à café, des bols à soupe tonkinoise, des bols à fruits, des tasses, des affichettes pour identifier les fines herbes, des boîtes décoratives, des mangeoires à oiseaux minimalistes, des colliers, des amulettes, des bâtons de marche et plus encore.

Elle fait surtout de l'utilitaire, mais aussi du modelage. «J'aime quand je peux associer les deux même s'il y a aussi beaucoup d'inventivité à décorer un objet utilitaire», souligne-t-elle.

Chaque pièce demande énormément de travail. L'artiste ne compte pas son temps.

La création débute avec le tournage, le façonnage ou le modelage, selon la technique choisie. Ensuite, la terre doit sécher une nuit entière. Le lendemain, le tournassage permet de faire la finition de la forme. Puis, la pièce doit être séchée et sablée avant d'être prête pour la première cuisson, d'une durée d'environ huit heures. Elle est ensuite cirée et décorée avec l'émail, puis cuite à nouveau une douzaine d'heures afin d'être vitrifiée.

«Il y a beaucoup d'étapes, tellement de manipulations», convient l'artiste qui a travaillé maintes matières avant d'arrêter son choix sur la céramique.

«La terre, c'est durable et c'est ce qui se modèle le mieux. Je suis attirée par ça. C'est un coup de coeur, ce n'est peut-être pas logique. Ça demande énormément d'heures de travail, on n'a pas beaucoup de marge pour le profit, mais c'est la matière pour concrétiser mes idées», affirme l'artiste qui précise qu'il y a aussi moyen, avec la terre, de faire des séries pour rentabiliser le travail.

Il y a plusieurs années, Jacinthe Larouche avait acheté tout le matériel nécessaire pour se lancer en poterie. Elle a tout revendu. «Je trouvais tout ça trop gros, je n'étais pas prête. C'est un art qui demande beaucoup de pratique. Il paraît qu'il faut tourner 1000 fois avant d'avoir tout compris. Il y a beaucoup de connaissances à acquérir. On ne peut pas s'improviser», estime-t-elle. Cette fois, elle était prête. «Je me suis lancée pour le plaisir d'apprendre. J'avais aussi une volonté de toucher à autre chose, de relever un défi. Être en contact avec la matière, c'est aussi être ancré dans le présent.»

Le retour aux racines

Dans son atelier situé entre le petit pont vert, le chemin de fer et la rivière, sur la rue Saint-André à Métabetchouan, Jacinthe Larouche vit son rêve. Après près de 30 ans de pratique, pour la première fois, elle se consacre à son art à temps plein. Chaque semaine, l'artiste ouvre les portes de son atelier au public, une façon de partager son bonheur.

Jacinthe Larouche est née à Métabetchouan-Lac-à-La-Croix. Elle a quitté son coin pour s'installer à Québec, où elle a étudié en graphisme, puis Montréal. De retour dans la région, c'est à Jonquière qu'elle s'est établie. Puis, il y a six ans, un immeuble particulier a attiré son attention sur la rue principale de la localité qui l'a vu naître.

«Tout est arrivé par hasard. Les enfants n'étaient plus à la maison, je venais voir ma mère à Métabetchouan et j'ai vu ce bâtiment. C'est un ancien commerce de tapis», explique-t-elle.

Le bâtiment était vide. «Il y avait seulement une petite toilette, mais avec les plafonds hauts, on a vu le potentiel.»

C'est ainsi que l'artiste et son conjoint ont emménagé sur la rue Saint-André où ils ont fait du bâtiment à la fois un atelier de création et leur maison.

Le site est parfait pour l'artiste qui trouve son inspiration dans les autres formes d'arts, mais aussi dans la nature. L'atelier d'arts a été baptisé oé. «C'est comme si on disait ''Ohé, on est ici!''», explique Jacinthe Larouche.

L'artiste a envie de se faire connaître. Elle invite d'ailleurs les gens à pénétrer dans l'atelier où elle crée ses céramiques. Parfois, celle qui est membre de la Route des artisans ouvre aussi les portes de sa maison, où sont exposées en permanence, des créations réalisées au fil des ans. Chez elle, les dessins, les collages, les sculptures, les créations en papier mâché et d'autres alliant plusieurs matières habillent les murs.

«Ma maison, c'est presque une galerie», convient celle qui aime mélanger les matières.

Aidée par le CLD

C'est il y a trois ans, attirée par la matière, que Jacinthe Larouche a entrepris une formation en poterie auprès de Lucie Arseneault, une céramiste professionnelle installée à Tewkesbury.

Elle a ensuite reçu de l'aide financière du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec et de la SODEC. Elle a aussi suivi un cours en lancement d'entreprise.

L'an dernier, avec l'aide du CLD, elle a eu accès à un salaire de travailleur autonome pour une première fois.

«Tout est allé vite», convient-elle. «Auparavant, j'ai toujours eu des emplois alimentaires», raconte celle qui vit de ses créations depuis un an et demi.

Elle a lancé la collection de céramiques faites main Aubépine.

C'est cette collection, notamment, que les visiteurs de l'atelier peuvent découvrir. L'artiste profite également des visites pour expliquer les différentes étapes de création, faire des démonstrations.

En plus de continuer à partager sa passion, aujourd'hui, Jacinthe Larouche souhaite augmenter ses ventes, tout en conservant son inventivité. Pour se faire, elle compte notamment sur sa boutique en ligne Etsy, qui lui permet de conclure des ventes avec des clients de partout dans le monde. «Je veux faire plus de pièces, plus de ventes, tout en continuant mon travail artistique. Je veux aller au fond et être fière de mon travail. Je voudrais être une référence en terme de qualité et d'inventivité», conclut-elle.

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