Une exposition pour ses 60 ans

Daniel T. Tremblay a créé cette toile en... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Daniel T. Tremblay a créé cette toile en 1995. C'est la dernière fois qu'il a travaillé au rouleau, ce qui a donné un étonnant amalgame de visages ayant pour titre La famille.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le vernissage a eu lieu le 16 août, ce qui coïncidait avec le 60e anniversaire de naissance de Daniel T. Tremblay. Il avait accroché 28 tableaux dans la galerie de l'Hôtel Chicoutimi et comme la grande majorité constitue des oeuvres récentes, c'était une façon de montrer que l'âge n'a pas érodé ses facultés créatrices.

«J'ai persévéré. À vrai dire, je ne serais pas capable d'arrêter», a confié l'artiste quelques heures avant l'arrivée des premiers visiteurs. Tout en reconnaissant que le corps impose son propre rythme, qu'il est bel et bien révolu, le temps où le Chicoutimien pondait 1000 toiles en l'espace de six mois, il compose très bien avec la nouvelle réalité.

«Avant, je produisais plein de choses, puis je sélectionnais. Il y en avait peut-être une sur trois qui était à mon goût. Là, j'en fais moins, mais toutes sont réussies», avance Daniel T. Tremblay, qui vit de son art - modestement - depuis une trentaine d'années.

Le ton est tout, sauf arrogant, parce que cet homme a trop peiné avant de trouver un point d'équilibre dans sa vie. Des traces de ce combat sont visibles sur Les pilules, une acrylique réalisée en 2013. Peinte sur une porte, dans son appartement de la rue Price où les tableaux débordent sur sa galerie, elle exprime une forme de reconnaissance.

«Je suis médicamenté. Je dois prendre beaucoup de pilules et les singes qu'on voit sur la toile évoquent l'intelligence des hommes qui les ont inventées», décrit l'artiste. Sur le mur opposé, il a trouvé une autre façon de relater son quotidien, cette fois en rendant hommage à un voisin décédé à l'âge de 84 ans.

Intitulé Le parcours d'Alfred, ce tableau a pris forme sur une table jetée par les responsables de la succession. «Je l'ai récupérée pour faire une oeuvre qui parle de sa vie, de sa jeunesse jusqu'à l'au-delà. L'idée est venue du fait qu'il s'agissait d'un homme secret», note Daniel T. Tremblay, dont l'exposition est présentée jusqu'au 5 septembre.

Adepte de la figuration, ce qui ne l'empêche pas de lâcher la bride à son inconscient, le peintre aime représenter des visages. C'est son thème de prédilection, que ce soit sur de nouvelles séries empruntant à la technique de l'estampe, sur une valise ou sur La famille, un grand format qui remonte à 1995.

«C'est l'un de mes tableaux préférés, le dernier que j'ai fait au rouleau. Il attire l'attention chaque fois que je l'intègre à une exposition. Le monde essaie de compter les visages, mais ce n'est pas facile», mentionne l'artiste en souriant.

Aujourd'hui comme hier, il demeure un peintre instinctif. Sa démarche qui n'a rien de cérébral, qui se situe à mille lieues de l'approche académique, consiste à suivre ce qu'il faut bien appeler l'inspiration. «Je ne veux pas qu'il y ait de filtre entre ce qui vient d'en haut et ce que je fais sur la toile», résume Daniel T. Tremblay.

Se considérant comme un «outsider» au sein de la mouvance artistique régionale, il apprécie l'hospitalité d'une galerie comme celle de l'hôtel Chicoutimi, où il sera possible de le rencontrer le 21 août, de 13h à 16h. «La vente, ça ne me préoccupe pas, affirme l'artiste. Ce que je veux d'abord et avant tout, c'est présenter mon travail.»

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