Micro diffusion, maxi bonheur

Toujours actif, trois ans après son ouverture, L'Espace...

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Toujours actif, trois ans après son ouverture, L'Espace M. Lavoie accueillera Marion Cousineau et Jacques Rochon, le 13 août. Ils rendront hommage à un artiste disparu beaucoup trop tôt, Allain Leprest.

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Daniel Coté
Le Quotidien

L'une des premières chansons écrites par Martin Lavoie a pour titre Je dois être un peu fou. Peut-être était-elle prémonitoire, puisque cet artiste opère, depuis trois ans, une salle de spectacles aménagée dans la maison centenaire où il a grandi.

Situé à Saint-Bruno, L'Espace M. Lavoie renferme 50 places qui parfois sont toutes occupées et parfois non. Il est arrivé que deux personnes, le propriétaire et sa conjointe, forment 100 % de l'assistance. À d'autres moments, comme l'été dernier, lors du passage du Espalégendaire Georges Chelon, il y a autant de monde qu'à un party de Noël des années 1960.

« Ce fut l'un des plus beaux moments depuis l'ouverture de la salle. Pour un gars comme moi qui aime la chanson à texte, les gens qui écrivent bien, c'était gratifiant », a souligné le Jeannois il y a quelques jours, lors d'une entrevue accordée au journal.

Vocation inchangée

C'est avec une relative sérénité que Martin Lavoie assume son rôle de diffuseur. Sa spécificité tient à la capacité, pour un artiste, de se « booker » chez lui à deux semaines d'avis. Ce n'est pas l'idéal pour faire le plein de spectateurs, mais l'idée de passer à côté d'une rencontre potentiellement intéressante lui est étrangère.

« On fonctionne de manière intermittente, en marge des circuits officiels. Je suis ouvert à toutes sortes d'aventures », note celui qui, parallèlement à la chanson, s'adonne à la peinture et à la sculpture.

Une visite dans la salle permet d'admirer quelques-unes de ses oeuvres. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il y a trois ans, elle avait pour nom L'Espace multiarts Martin Lavoie. S'il a été raccourci, la vocation du lieu, elle, est demeurée inchangée.

« J'ai des toiles, des sculptures. C'est le fun d'avoir des expressions variées au même endroit. Pour moi, cette salle constitue un lieu de vie, de travail et de diffusion. Et je suis content de voir qu'elle a maintenant pris sa place dans le monde de la chanson », fait observer le Jeannois.

Nouvelle collaboration

Preuve qu'est est actif 12 mois par année, Martin Lavoie accueillera deux camarades qui, le 13 août à 20 h 30, rendront hommage à Allain Leprest. Il s'agit de Jacques Rochon et Marion Cousineau, qui s'accompagneront au piano et à la basse.

« Jacques opère un bar où j'ai eu l'occasion de chanter il y a deux mois. Il possède une belle voix chaude », fait valoir le diffuseur. Toujours en août, plus précisément le 26, le propriétaire présentera ses pièces à lui, un privilège qu'il ne s'est pas accordé depuis un certain temps.

Ce sera le prélude à la rentrée, dont on sait qu'elle comportera quelques rendez-vous mettant le talent local à contribution. « Le 10 septembre, je recevrai un groupe d'Hébertville, 4 Bucks, tandis que le 17, on découvrira deux interprètes choisies par Normand Gasnier, celui qui a créé l'opéra RABBI », note Martin Lavoie.

Il annonce également la présence du Belge Geoffroy en octobre, tout en laissant entrevoir que ce sera le premier jalon d'un partenariat avec l'agence Notre Sentier, établie à l'île d'Orléans. Elle pourrait amener d'autres artistes à se pointer au 512 rue Saint-Alphonse dans les prochains mois.

Un chanteur fidèle à ses convictions

Martin Lavoie étudiait en arts visuels à l'Université Laval, en 1975, lorsqu'il a donné ses premiers spectacles. Tout naturellement, c'est à Québec que le gars de Saint-Bruno a apprivoisé la scène. Il affectionnait les bars du centre-ville : le Grenadier, le Créneau, Chez son père et le Foyer, de même que le célèbre Gaulois, de regrettée mémoire.

Lui qui affectionnait la chanson à texte était arrivé au bon moment, puisque le Québec vivait un âge d'or en matière de créativité. Piché, Rivard, Séguin, Corcoran, Flynn et plein de camarades inspirés trônaient au sommet du palmarès. Pour une fois, les gros vendeurs étaient aussi les plus doués.

Appelé à définir sa manière à lui, le Jeannois évoque le folk, tout en référant à sa formation en arts visuels. « Je suis un coloriste », résume-t-il. L'un de ses succès fut Curriculum vitae, où le jeune homme avait poussé l'audace jusqu'à adopter un phrasé proche du rap. Il a aussi été inspiré par son coin de pays, ce qui a donné Comme un lac.

Sortie sur un 45 tours, à la faveur d'un lancement tenu en 1978, à Alma, cette pièce a coïncidé avec une période de sa vie où toutes les avenues semblaient ouvertes. Quand il ne participait pas à des tournées organisées aux États-Unis, à l'initiative du gouvernement du Québec, le chanteur se pointait au petit écran.

« J'ai fait Curriculum vitae à Ad lib, aux Démons du midi et au Train de 5 h animé par Jacques Boulanger », raconte-t-il. Disant avoir mené une drôle de carrière, Martin Lavoie a exploré des pistes improbables. Il a chanté dans des cabanes à sucre, participé à l'inauguration de marchés Loblaws, tout en faisant le circuit des boîtes à chansons en France.

Aujourd'hui encore, il crée des compositions et prend plaisir à jouer de la guitare. Il n'est pas rare, non plus, de le voir hanter les boîtes qui sont demeurées fidèles à la chanson à texte, un peu partout au Québec. Les années ont passé, mais son intérêt pour ce mode d'expression est aussi inusable qu'un classique de Félix ou Brassens.

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