Pour l'amour du rock et de Mordicus

Le groupe Mordicus s'est produit devant un public... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Le groupe Mordicus s'est produit devant un public de tous âges, au sein duquel on remarquait plusieurs enfants regroupés près de la scène, à l'occasion d'un spectacle présenté à l'Agora de La Baie.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il est de bon ton d'affirmer que le rock est moribond, mais si tel est le cas, on a oublié d'avertir les membres du groupe Mordicus, ainsi que la foule substantielle qui, vendredi, a assisté au spectacle qu'il a présenté à La Baie. Même si c'était un brin frisquet à la fin, tous ces gens ont passé une soirée agréable à l'Agora du village portuaire.

Comme d'habitude, les gradins placés de chaque côté de la scène se sont remplis en premier. Il y avait toutefois une masse critique sur le parterre, un groupe de fans qui, tranquillement, s'est densifié et animé au point d'amener le chanteur Max Desrosiers à comparer cet espace à un «dance floor». Toutes les générations étaient là, des aînés jusqu'aux enfants, ce qui incluait les charmantes fillettes qui, très tôt, ont squatté un bout de scène. Loin des bars où il est souvent cantonné, le rock s'est montré sous son jour le plus lumineux. Il faisait d'ailleurs clair lorsque les invités de Diffusion Saguenay ont ouvert avec Grandville.

Une intro très rock, des guitares qui sonnaient comme sur un vieux vinyle d'Iggy Pop, un chanteur déjà allumé: ce titre provenant du dernier opus, Edgar Allan Pop, a lancé l'affaire sur les chapeaux de roues. «C'est l'amour qui fait tourner le monde», a ensuite lancé Max Desrosiers. Le moment était venu d'entendre Amour Révolution.

Là encore, les musiciens ont multiplié les références aux années 1960, qui constituent leur paradis perdu. Elles font partie de l'ADN de Mordicus, mais comme on a pu le constater tout au long de la soirée, les gars dosent savamment leurs effets. C'est à petites touches qu'on voit poindre des accents stoniens, un soupçon de Kinks ou de Who.

Ce qui est tout aussi soufflant, c'est la cohésion du combo, illustrée par cette capacité qu'il a de multiplier les textures. Un bel exemple a été fourni sur Weekend de fou, alors que les guitaristes Laurent Racine et Pier-Luc Laberge se sont livré un duel qui a tourné au duo incandescent, à la fois raide et de bon goût.

Un autre moment charmant fut l'interprétation de Oh Maman, l'un des succès du groupe. «Les kids, venez vous-en», a demandé Max Desrosiers d'un ton enjoué. Ce fut suffisant pour qu'une vingtaine de jeunes rejoignent les musiciens, certains dansant, d'autres chantant ou tapant dans leurs mains. Les adultes, conquis, les ont chaudement applaudis.

L'atmosphère était franchement conviviale quand les gars ont enchaîné avec Lève le son, le dernier titre avant les rappels. Signe de l'engouement du public, des cris et des sifflets ont retenti, lesquels ont été récompensés lorsque Mordicus a offert un bouquet de classiques.

Juste pour faire saliver les absents qui, dans ce cas-ci, avaient vraiment tort, précisons que ce volet délicieusement rétro comprenait You Really Got Me, Roadhouse Blues et l'excellent Fortunate Son, le texte le plus engagé de John Fogerty. C'était déjà copieux, mais le groupe avait gardé trois as dans sa manche.

Son allégeance aux Stones est connue. C'est donc avec un plaisir manifeste que les musiciens ont abordé Honky Tonk Women, Gimme Shelter et Miss You, cette dernière dans un format différent, moins disco et plus rock que la version originale. Ce fut la conclusion idéale d'une soirée à laquelle on ne pourra jamais repenser sans esquisser un sourire.

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