La musique n'a pas de frontière

Jayanta Guha et Surojit... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jayanta Guha et Surojit

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« La musique n'a pas de langage, elle est universelle. »

C'est ce qui permet au fondateur du groupe Mosaïque, Jayanta Guha, aux autres membres de la formation saguenéenne et au chanteur indien Surojit Chatterjee d'entretenir une réelle amitié même s'ils vivent à l'opposé sur la planète. En plus de présenter un spectacle le 23 juillet à Jonquière, ils travaillent à la production d'un second album conjoint.

La chimie de leur relation a commencé en 2003. « J'étais dans un magasin de disques en Inde pour le lancement d'un album. Jayanta était là, comme n'importe quel acheteur. Ç'a cliqué et on est amis depuis ce jour. Après, je suis venu au Saguenay et j'ai rencontré le reste de Mosaïque. Ce sont des musiciens vraiment polyvalents et de très sympathiques personnes », raconte Surojit, qui est une figure internationale de la musique folk bengali.

Celui qui monte sur scène près de 250 fois par année, partout dans le monde, est en visite dans la région pour quelques semaines. Des moments de répétition et d'enregistrements sont prévus, mais aussi des rencontres amicales avec d'autres musiciens et une prestation devant les élèves du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à Métabetchouan.

Surojit Chatterjee a fondé sa propre école de musique et joue de plusieurs instruments. Il est aussi le directeur musical de nombreux films indiens et sa dernière participation, une adaptation d'une chanson traditionnelle dans le long métrage Praktan, a plus de 200 000 vues sur YouTube.

« Quand Mosaïque a fait le voyage en Inde en 2015, les membres ont réalisé à quel point il était populaire. Surojit est vraiment aimé et les gens lui montrent beaucoup de respect. C'est un génie de la musique, qui a fait redécouvrir la musique bengali, mais c'est aussi un grand humaniste qui en fait beaucoup pour les milieux défavorisés », fait part Jayanta Guha.

Les deux amis ont de beaux souvenirs de cette expérience, comme la visite d'une institution pour les Bâuls, des musiciens itinérants et spirituels. Une quarantaine de ces familles bénéficient d'une assurance médicale grâce à des commanditaires de Surojit. « Ça nous a marqués », confie M. Guha. Son compagnon évoque la découverte des plats locaux. Il retient d'ailleurs trois mots pour décrire son aventure avec Mosaïque : nourriture, musique et amitié.

Ce n'est pas une coïncidence, selon Surojit Chatterjee, si le groupe et lui ont un lien spécial, qu'il ne connaît pas avec d'autres artistes sur la planète. « C'est la musique qui nous tient ensemble. Nous avons une tonne de différences, la langue, le climat, la nourriture, mais tout ça n'est pas important avec la musique. »

Des demandes en Inde

Ceux qui manqueront le spectacle du 23 juillet à la salle Pierrette-Gaudreault devront se rendre en Inde s'ils veulent revoir Surojit et Mosaïque sur une même scène à moyen terme.

Le musicien Jayanta Guha rigole, mais à peine. Le voyage indien du groupe saguenéen a été marquant en 2015. « Après leur départ, j'ai rencontré plusieurs responsables de salle qui avaient entendu parler de Mosaïque et qui étaient déçus de ne pas en avoir été informés. Ils se sont produits deux fois et la réponse a été très positive. Je reçois des demandes pour qu'ils reviennent, mais c'est coûteux, alors je cherche des commanditaires », explique Surojit Chatterjee, qui en est à son quatrième passage au Québec.

Le Bengali se rappelle comment il était nerveux lors de sa venue dans la région en 2006, où il s'était produit deux fois. Surojit a vite réalisé que les Saguenéens et les Jeannois sont « très musicaux » et qu'ils embarquent à fond dans ses chansons en langue étrangère, même s'ils sont francophones.

Plusieurs artistes seront réunis samedi prochain à 20 h. Des anciens de Mosaïque feront leur tour, comme l'accordéoniste Julie Yargeau qui fait le voyage spécialement depuis Québec. Un violoncelliste et un joueur de tabla, un instrument à percussion indien, sont également invités, ainsi que deux danseurs de Racines Gumboot.

« Ce sera très original. Il y aura beaucoup de nouveau matériel et de mélanges. Mosaïque participera autant aux chansons de Surojit, et vice-versa. Le spectacle est une ouverture sur le monde », décrit Jayanta Guha.

Album

Ce sera l'occasion d'avoir un aperçu du second album préparé par la formation saguenéenne et le musicien indien, après Folk Fusion sorti en 2015. Lorsque Surojit repartira, la création se fera par échanges de courriels, un processus qui a été quand même efficace pour le précédent titre. « J'envoie une voix, puis eux m'envoient une autre version, on passe au mixage... Ç'a pris environ un an à produire la dernière fois », indique Surojit.

L'album sera réalisé par le musicien Yvon Dachille. Même si lui et Surojit avaient déjà collaboré, ils ne s'étaient jamais rencontrés, ce qui a été fait mercredi. « C'était spécial. On s'est simplement assis et on a joué plusieurs chansons ensemble », raconte le Bengali. Spontanément, le Québécois ajoutait sa touche blues à ses chansons.

Surojit Chatterjee voit une « foule de possibilités » pour le prochain album. Du folk bengali, des pièces instrumentales... Sa présence sera « optimisée » pour enregistrer la base de six ou sept chansons.

« Mosaïque est avant tout un groupe de percussions, et ça amène vraiment la musique traditionnelle bengali à un autre niveau, croit le chanteur. Notre dernier album a été bien apprécié en Inde. Les gens aiment beaucoup Moyna Re, qui a été écrite par ma femme et qui est chantée dans notre langue d'origine avec un accent français par Élyse Bergeron. »

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