La biographie chantée de France Bellemare

France Bellemare a montré qu'elle n'était pas qu'une... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

France Bellemare a montré qu'elle n'était pas qu'une grande voix, mais une personnalité vibrante, du genre qui sait communiquer le plaisir que procure la musique.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

France Bellemare avait la responsabilité de lancer la saison de concerts du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, une mission dont elle s'est acquittée brillamment, mercredi soir, avec le concours du pianiste Jean-François Mailloux. La soprano originaire de Saint-Félicien a montré qu'elle n'était pas qu'une grande voix, mais une personnalité vibrante, du genre qui sait communiquer le plaisir que procure la musique.

Souhaitant présenter ses coups de coeur, la jeune femme ne s'est pas contentée d'aligner des airs qui lui sont familiers. À travers ses confidences, les anecdotes appuyant le choix de telle ou telle pièce, elle a permis au public de mieux la connaître. Il sait maintenant pourquoi elle chante et quelles personnes ont compté dans sa vie.

Si on commence par la fin, plus spécifiquement par le rappel, c'est l'une des idoles de son père, Luis Mariano, qui apparaît dans le rôle du modèle improbable. « J'ai alors découvert à quoi ressemble une voix opératique », a souligné France Bellemare en invitant les gens à l'accompagner dans son interprétation de Rossignol de mes amours. Plusieurs ont répondu à l'appel, surtout des femmes, et toute la salle a baigné dans un océan de félicité.

Une autre personne chère au coeur de la soprano est Hélène Fortin, son professeur au Conservatoire de musique de Québec. On la sentait émue en évoquant la personnalité pétillante de cette femme trop tôt disparue. Pour en éveiller le souvenir, elle a repris une pièce apprise à ses côtés, L'air des bijoux de Gounod. Son interprétation enjouée a fait ressortir la personnalité de Marguerite, la cocotte un brin coquette soumise à la tentation exercée par une cassette pleine de gros cailloux.

Un concert, c'est aussi le moment de satisfaire une ambition qui n'aura aucune chance de se concrétiser à l'opéra, a mentionné France Bellemare. Ainsi en est-il de Porgy and Bess, l'oeuvre de Gershwin relatant la vie d'une communauté noire vivant au sud des États-Unis. Trop blanche pour faire partie de la distribution, la soprano s'est fait plaisir en livrant une version de Summertime pleine de feeling, y compris dans la montée finale où les poutres en lamelé-collé qui supportent la toiture ont été testées pour la peine.

Deux autres titres ont illustré la capacité de la Jeannoise d'exprimer son talent dans un registre différent du classique. En lever de rideau, elle a ainsi proposé une interprétation de La vie en rose joliment affranchie des maniérismes de Piaf. Le texte a pris un coup de fraîcheur, ce qui fut aussi le cas pour Over The Rainbow, l'ultime chanson avant le rappel.

Ce qui est ressorti, cette fois, c'est la foi en des jours meilleurs que la jeune femme a exprimée d'une voix lumineuse. Ce n'était plus un succès hollywoodien qu'on entendait, mais un message d'espoir. Elle-même a parlé d'un baume au coeur, une expression qu'on pourrait étendre à l'ensemble de ce concert annonciateur d'un bien bel été sur les hauteurs de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

On a officialisé mercredi la décision du conseil... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

Agrandir

On a officialisé mercredi la décision du conseil d'administration de donner son nom au Pavillon des arts d'interprétation.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Bernard Angers, mélomane et bâtisseur

Le concert de France Bellemare a été précédé par un hommage rendu à l'ancien président du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Bernard Angers. On a alors officialisé la décision du conseil d'administration de donner son nom au Pavillon des arts d'interprétation.

Ainsi que l'a rappelé son successeur, Daniel Bouchard, Bernard Angers fut l'initiateur et le moteur de la campagne majeure de financement menée il y a une dizaine d'années afin de moderniser certaines infrastructures, notamment le bâtiment qui, désormais, perpétue sa mémoire. « L'objectif s'élevait à 500 000 $ et grâce à lui, on s'est rendus à 800 000 $ », a souligné le président.

Le secrétaire général de l'UQAC, Martin Côté, a également fait l'éloge des qualités de bâtisseur de celui qui fut son patron. Sous sa gouverne, en tant que recteur, l'institution d'enseignement a vu sortir de terre les pavillons des Humanités, des Arts, du Givrage et de la Foresterie, ainsi que trois résidences d'étudiants.

Le témoignage le plus senti, cependant, mélange d'humour et d'émotion, fut celui livré par l'épouse de Bernard Angers, Monique Caron. Elle a raconté qu'enfant, le Jonquiérois aurait aimé suivre des cours de musique, une ambition que n'ont pu satisfaire ses parents qui étaient de condition modeste.

Tout naturellement, le futur président du Camp musical est devenu un mélomane à l'âge adulte. Sa puissante chaîne stéréo, capable de faire trembler les murs de la résidence familiale, a résonné au son des marches militaires, puis du répertoire romantique qui l'a accompagné jusqu'à son décès survenu en février dernier.

On a aussi appris qu'il avait suivi des cours de musique, finalement, mais que son emploi du temps chargé l'a empêché d'aller au bout de cette expérience. Pas frustré pour deux sous, Bernard Angers s'est laissé bercer au son du piano dont jouait son épouse, un bonheur qui, même arrivé à ce temps de la vie où les ombres s'allongent, ne lui a jamais fait défaut.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer