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L'école passe avant le Concours de musique du Canada

Jérémy Turbide-Chiasson a renoncé à participer à la... (Photo courtoisie)

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Jérémy Turbide-Chiasson a renoncé à participer à la finale nationale du Concours de musique du Canada, le 22 juin, après avoir traversé avec succès les épreuves régionale et provinciale. Le Jonquiérois âgé de 17 ans a jugé plus important de bien préparer un examen de chimie.

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Daniel Coté
Le Quotidien

À sa troisième présence au Concours de musique du Canada, le baryton Jérémy Turbide-Chiasson a franchi avec succès l'étape des finales régionale et provinciale. Il a donc été invité à participer à l'ultime épreuve, la finale nationale tenue à Drummondville, mais demeurera chez lui afin de préparer un examen de chimie.

«J'aurais aimé chanter une nouvelle fois devant un public et entendre les commentaires formulés par les cinq juges. Je n'irai toutefois pas à Drummondville parce que je dois prioriser mes études», a confié le Jonquiérois au cours d'une entrevue accordée au Quotidien.

Pour comprendre sa décision, il faut savoir que l'interprète âgé de 17 ans complète son secondaire V à la Polyvalente Arvida, où il est inscrit dans un programme arts-études centré sur la musique. Chanter constitue une passion pour lui, mais la perspective d'entrer au Cégep de Jonquière l'a amené à faire un pas de côté.

«La décision de ne pas faire la grande finale a été dure à prendre. J'ai consulté mes parents avant d'effectuer mon choix il y a quelques jours. Je dois mettre l'accent sur un gros examen de chimie et renoncer au concours, mais j'ai confiance de pouvoir y retourner l'an prochain», estime Jérémy Turbide-Chiasson.

Pour justifier sa position, il invoque un autre moment important dans sa vie. Il y a un an, en effet, l'adolescent a mis une sourdine à son rêve de faire carrière en chant classique. «J'ai le talent pour ça, sauf qu'il est très difficile de percer. C'est une question de timing, de rencontres», fait-il remarquer.

La perspective de travailler très fort pour aboutir face à un mur, sans égard à ses capacités vocales et sa motivation, l'a incité à la prudence. «J'ai pris la décision de faire carrière en droit et pour y arriver, je dois faire mon cégep en sciences humaines», indique le Jonquiérois.

De soprano à baryton

Le désir de chanter à Drummondville était d'autant plus fort que Jérémy Turbide-Chiasson vient de compléter avec succès sa transition vocale. L'ancien soprano est devenu un baryton il y a deux ans, ce qui lui a donné le temps de bien maîtriser son instrument.

«La voix est stabilisée et j'aurais aimé voir ce que les juges pensent de ma technique et du travail que j'ai accompli depuis septembre avec Ariane Girard, mon nouveau professeur. J'ai aussi élargi mon répertoire, même si mon compositeur préféré demeure Mozart», énonce le chanteur.

À défaut de concourir pour l'un des grands prix, à l'image des Jonquiérois Samuel-San Vachon (contrebasse) et Marie-Pier Simard-Gagnon (violoncelle), de l'Almatois Francis Garneau (violon) et d'Élisabeth Boudreault (soprano), il chérira les souvenirs générés lors des premières étapes du concours. Chacune lui a réservé de belles surprises.

Au cours de la sélection régionale, l'interprétation de cinq airs, ce qui comprenait des lied de Schubert, lui a permis de récolter une note moyenne de 94,8%. Cet excellent résultat lui a donné le droit de participer à la finale provinciale, une épreuve tenue à Montréal.

«Ce fut une belle aventure, souligne Jérémy Turbide-Chiasson. Même si les autres chanteurs étaient plus âgés, j'ai été choisi après avoir interprété six pièces, dont trois lied de Richard Strauss. L'une de ces compositions est Je ne t'aime pas, de Kurt Weil. C'est grâce à elle que j'avais gagné un premier prix au Festival de musique du Royaume.»

Le Jonquiérois a été surpris, «flabbergasté» pour prendre son expression à lui, lorsqu'on a confirmé son passage à la finale nationale. C'est ce résultat inespéré qui l'a forcé à prendre une décision déchirante, ce qui ne signifie pas que le chant a été relégué au rang de hobby.

Avant de poursuivre sa formation à l'automne, en effet, il mettra sa voix au service de la Fédération régionale des OSBL d'habitation du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Chibougamau, Chapais et Côte-Nord. «Je vais chanter tout l'été dans des résidences pour personnes âgées, parfois deux ou trois fois par jour», se réjouit Jérémy Turbide-Chiasson.

L'occasion de voir les meilleurs interprètes

Puisqu'on entre dans la période de l'année où les Québécois ont la bougeotte, la directrice générale du Concours de musique du Canada, Marie-Claude Matton, invite les mélomanes du Saguenay-Lac-Saint-Jean à se rendre à Drummondville. C'est en effet dans cette ville que se déroule la finale nationale.

«L'entrée est gratuite et nous sommes contents d'accueillir le public. L'horaire est disponible sur notre site internet et pour les personnes qui n'ont jamais assisté à un concert, il s'agit d'une belle opportunité», a-t-elle mentionné au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

La finale nationale du Concours de musique du Canada réunit les meilleurs d'entre les meilleurs, soit 200 interprètes. Déjà, l'un des candidats provenant de la région, le contrebassiste Samuel-San Vachon, a été entendu par les juges. En tenant compte du retrait de Jérémy Turbide-Chiasson, il en reste trois dont on peut suivre le parcours.

La prochaine à se lancer sera la soprano Élisabeth Boudreault, inscrite dans la catégorie Chant 22 ans. Elle se produira lundi à 14h45, tandis que la violoncelliste Marie-Pier Simard Gagnon, associée au groupe Cordes 16 ans, est attendue le 23 juin à 14h15.

Le dernier à tenter sa chance à la Maison des arts Desjardins de Drummondville, le centre nerveux de la compétition, sera l'Almatois Francis Garneau. Cadet du groupe, puisqu'il figure dans la catégorie Cordes 7 ans, le violoniste entrera en scène le 3 juillet à 9h.

«L'objectif du concours consiste à stimuler la relève, le tout en complémentarité de ce qui est fait dans les écoles. Il favorise une forme d'esprit de famille parmi les participants, en plus de permettre aux juges de voir comment se profile la relève», fait valoir Marie-Claude Matton.

Elle ajoute que des prix d'une valeur de 150 000$ seront décernés cette année et que tous les instruments d'orchestre sont représentés, de même que la flûte à bec.

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