Gisèle Benoit, peintre et naturaliste

Gisèle Benoit a profité de son passage au... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Gisèle Benoit a profité de son passage au Musée du Fjord de La Baie pour présenter le livre Frisson sacré du monde sauvage, ainsi que les tableaux qui forment l'exposition Les cervidés, muses d'artistes. Parmi ceux-ci, on remarque cette oeuvre magnifique intitulée Le parrain.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

«Les gens sont de plus en plus déconnectés de la nature et ça me fait peur parce que ça veut dire qu'ils sont déconnectés de la Terre. Ils sont comme des extraterrestres», a déploré Gisèle Benoit, jeudi, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

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L'exposition Panache: caribous et autres cervidés est présentée jusqu'au 8 janvier au Musée du Fjord.

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L'exposition Panache: caribous et autres cervidés est présentée jusqu'au 8 janvier au Musée du Fjord.

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Elle se trouvait dans la salle du Musée du Fjord où l'exposition Panache: caribous et autres cervidés est présentée jusqu'au 8 janvier. Une toile de la peintre animalière y est accrochée, une huile magnifique baptisée Le parrain. Elle montre un orignal robuste, suivi par un sujet plus jeune. Le parrain du titre et celui qui l'a pris pour modèle.

Deux bonnes raisons ont justifié sa présence à La Baie, en compagnie de ses parents Raynald et Monique Benoit. Elles tenaient à une autre exposition, Les cervidés, muses d'artistes, qui regroupe une quinzaine d'oeuvres portant sa signature, de même que celle de sa mère. S'y ajoutait le lancement du livre Frisson sacré du monde sauvage.

Cet ouvrage somptueux renferme une biographie de la famille rendue célèbre par les tableaux créés par les deux femmes, ainsi que les films et les émissions de télévision réalisés par le père. Il aide à comprendre ce qui anime ces amants de la nature, tout en présentant une sélection d'oeuvres qui donnent envie de partir en forêt.

«Grâce au livre, les gens verront quel fut notre parcours», note Gisèle Benoit. Avant même sa naissance, ses parents aimaient observer les orignaux dans leur habitat naturel. Il y avait également ses deux tantes qui vivaient ensemble à Saint-Hilaire. L'une d'elles faisait de la taxidermie et de la photographie, en plus de collectionner les insectes.

«J'étais âgée de sept ou huit ans lorsque j'ai décidé de consacrer ma vie aux animaux», raconte l'artiste. Mettant ses pas dans ceux de sa mère, elle s'est rapidement mise à la peinture avant de pratiquer le contact de proximité. Il s'agit d'aller à la rencontre des bêtes pour mieux les observer.

«C'est pour être près des orignaux, des loups et des lynx. Je regarde comment ils se comportent et c'est fascinant», décrit Gisèle Benoit. Puisque ses parents sont parties prenantes de sa démarche, il arrive que son père filme ses interventions. Chaque sortie mène aussi à des échanges, à un patient travail de décodage en sa compagnie.

Une passion commune

Animés par une passion commune, les Benoit ne craignent pas de s'isoler pendant des semaines, des mois, dans un camp perdu au fond des bois. Ils le font de bon coeur parce que c'est ainsi que naissent des tableaux et des films, que s'accumulent des couches de savoir qu'on peut ensuite partager.

C'est avec cette logique en tête qu'ont été produites les toiles accrochées au Musée du Fjord. «L'art sert à toucher les gens en créant de la beauté, mais on a également besoin de la science pour comprendre», fait remarquer Gisèle Benoit.

Parmi les causes chères à son coeur, il y a celle des loups. Plusieurs fois, elle a eu la chance de les côtoyer et jamais ils ne l'ont menacée. Pourtant, on continue de les mépriser. «Il y a un gros travail de vulgarisation à faire à ce sujet, affirme l'artiste. Le problème est qu'au Québec, on a si peur des animaux sauvages.»

C'est l'une des conséquences de la déconnexion évoquée plus haut. On craint ce qu'on ne connaît pas et simultanément, on ne se soucie guère de la préservation des milieux de vie. Parce qu'ils sont de plus en plus rares, les endroits où les animaux peuvent demeurer entre eux, affranchis de la présence des humains.

«Lorsqu'on examine une carte du Québec, on réalise à quel point les parcs occupent peu d'espace, comparativement aux réserves fauniques. Il faudrait inverser ça afin de préserver la nature, la biodiversité. Ça prendrait aussi des corridors pour relier ces territoires», soutient Gisèle Benoit.

C'est pour porter ce genre de message qu'elle et sa mère ont formé une collection de tableaux missionnaires, des oeuvres qui ne sont pas vendues, mais destinées à être vues. Par un curieux retour des choses, ce sont donc leurs sujets, les animaux, qui plaident en faveur de leur cause.

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