Tadoussac a ressenti l'écho du drame d'Orlando

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L'un des participants, Shawn Jobin, a profité de son passage sur la scène pour évoquer la mort de 50 personnes dans un bar.

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Daniel Coté
Le Quotidien

La planète a tellement rapetissé que la tragédie survenue en Floride, dans la nuit de samedi à dimanche, a trouvé un écho jusqu'à Tadoussac. C'est arrivé pendant le concert de clôture, tenu au cours de l'après-midi à l'église du village.

L'un des participants, Shawn Jobin, a profité de son passage sur la scène pour évoquer la mort de 50 personnes dans un bar. «Je dédie cette chanson aux victimes de la nuit passée, des gens qui faisaient ce dont il est question dans le texte», a mentionné l'artiste originaire de la Saskatchewan.

Dans cette pièce au beat entraînant, le jeune adepte du hip-hop répète fréquemment la phrase: «Danse ta vie». Pas étonnant que le public, nombreux et très allumé, ait accueilli cette interprétation avec un surcroît d'enthousiasme. «Merci. Vous êtes chaleureux», a répondu l'artiste, qu'on sentait ému.

Le hasard a voulu qu'avant lui, un trio provenant de la France livre trois titres laissant voir son humour singulier, de même que la finesse de ses harmonies vocales. L'un d'eux consistait en une reprise hilarante du Staying Alive des Bee Gees, Reste vivant. Et le nom du groupe? Orlando, comme la ville endeuillée.

Un beatbox sur deux pattes

Animé par le Saguenéen Blaise Gagnon, le spectacle de clôture a montré à quel point l'édition 2016 du Festival de la chanson de Tadoussac fut riche en talents. Aucun des neuf invités ne constituait une tête d'affiche. Ils n'ont pas la notoriété d'un Plume ou d'une Isabelle Boulay, mais plusieurs fois, le public a été soufflé par leurs performances.

Du lot, il faut placer sur un piédestal le duo français Krissmenn & Alem. L'un d'eux chante des airs traditionnels de la Bretagne que l'autre, uniquement grâce aux bruits provenant de sa bouche, habille d'effets sonores semblables à ceux que produit un beatbox.

Signe de l'intérêt qu'a généré cette approche, le public s'est levé spontanément après la troisième pièce. C'est la seule fois qu'une telle chose est arrivée pendant le spectacle et ce qui est tout aussi remarquable, c'est le fait qu'on ait laissé le groupe exécuter quatre numéros, alors que la règle veut qu'on s'arrête à deux.

Dans un genre différent, un autre artiste de l'Hexagone, Hildebrandt, a touché les gens en rendant hommage à son épouse, ce qu'il a fait en chantant avec une infinie douceur, tout en réduisant les arrangements au strict minimum. Il venait pourtant de faire le pitre avec Tu dévoiles, le véhicule idéal pour parodier les vedettes pop.

Les gars de Cherry Chérie, eux, font moins dans la parodie que le trip nostalgique avec leurs compositions yéyé. Elles sont tellement bien écrites et bien exécutées qu'on s'étonne de ne pas voir les musiciens en noir et blanc. Eux aussi ont agrandi leur banque d'amis pour la peine.

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Le directeur général du Festival de la chanson de Tadoussac, Charles Breton

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Malgré le mauvais temps, le pire a été évité

Deux miracles sont survenus pendant le Festival de la chanson de Tadoussac, dont la 33e édition a pris fin dimanche. Le premier, rapporté par Plume, tient au fait que l'eau avalée pendant son spectacle tenu samedi, à l'église, s'est changée en bière quelque part entre sa bouche et son estomac. L'autre, c'est que le mauvais temps n'a pas fait fuir le public.

Rappelons que jeudi, des pointes de vent de force huit ont failli soulever deux chapiteaux, ce qui aurait compromis une large tranche de la programmation. Par bonheur, la pluie a pris congé vendredi et samedi, les journées les plus importantes en ce qui touche la fréquentation. Sans cette pause, Dieu sait quelles auraient été les conséquences pour le comité organisateur.

« Une chance qu'on a eu nos plus belles journées vendredi et samedi, sinon j'aurais été obligé de quitter le village incognito parce qu'il y a des comptes qui n'auraient pas été payés », a lancé avec humour le directeur général du festival, Charles Breton. S'exprimant à l'occasion du spectacle de clôture, il a précisé que malgré le temps maussade, l'objectif en matière de ventes a été atteint à hauteur de 93 %.

« On a aussi enregistré une baisse de fréquentation de 4 %, par rapport à ce qui était attendu. Ce n'est pas si mal », a ajouté le patron de l'événement. L'occasion était belle de plaider en faveur du changement de dates qui sera officialisé en 2017, alors que les artistes seront convoqués dans la dernière semaine de juin. En se collant à la Fête du Canada, on espère qu'il fera plus chaud, tout en profitant du congé férié pour gagner une journée.

Au cours d'une entrevue accordée au Quotidien, Charles Breton a fait valoir d'autres avantages découlant de cette décision. Les vacances scolaires seront commencées, ce qui pourrait inciter plus de clients potentiels à se rendre à Tadoussac. En parallèle, il y a les retombées que générera la présentation, au même moment, du festival de Petite-Vallée. « On pourra collaborer pour l'international, le transport et les commandites », énonce-t-il.

Le directeur général croit que ce partenariat aidera le Festival de la chanson à se distinguer des événements qui, dans les régions limitrophes, ont essaimé dans les dernières années. Ils inciteraient des gens à rester chez eux, particulièrement quand le temps est vilain à Tadoussac, en se disant que d'autres activités s'en viennent, parfois dans leur environnement immédiat.

« C'est dans ce contexte que nous devons travailler sur ce qui fait notre différence, notamment le volet international », fait observer Charles Breton. Le financement demeure toutefois le nerf de la guerre et la présence, dimanche, de la nouvelle ministre du Tourisme du Québec, Julie Boulet, lui semble de bon augure. « Nous sommes contents de sa nomination parce qu'elle connaît la réalité régionale », note le directeur général au sujet de l'élue de la Mauricie.

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