Les mondes parallèles de Thomas Fersen

Thomas Fersen s'est fait tantôt chanteur, tantôt conteur,... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Thomas Fersen s'est fait tantôt chanteur, tantôt conteur, à l'occasion du spectacle qu'il a présenté vendredi soir, dans le cadre du Festival de la chanson de Tadoussac.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il est souvent question de la mort dans les chansons de Thomas Fersen, mais vendredi soir, ce n'est pas dans l'Autre monde qu'il a emmené le public, nombreux, qui est allé à sa rencontre à la Salle Marie-Clarisse de l'hôtel Tadoussac. C'est une succession de petits mondes que cet artiste lunaire, plus poète que chanteur, un brin conteur, a fait vivre au fil d'un spectacle qui a passé bien trop vite.

Plus tard, ceux qui ont répondu à l'invitation du Festival de la chanson auront le sentiment d'avoir rêvé ce moment. Ce grand bonhomme vêtu de noir, à la voix joliment graveleuse, a-t-il vraiment offert à une femme de le marier sous trois noms différents, ceux que son métier l'oblige à porter? A-t-il réellement connu l'amour à 100 ans? Cohabité avec un lion?

Ses chansons se prêtent à de telles fantaisies, bien sûr. Zaza parle de sa chienne sur un air sautillant, tandis que La chauve-souris révèle que cet animal peut être propriétaire d'un parapluie, le tout enrobé dans une musique qui aurait convenu aux poursuites dans les films muets. Ça allait si vite qu'on n'a retenu que l'impression d'ensemble et l'idée, séduisante, qu'on s'était fait monter un bateau plus grand que la baie de Tadoussac.

Même lorsqu'il parlait, ce qui est arrivé fréquemment, Thomas Fersen est demeuré ancré dans son monde parallèle. Il s'est fait conteur et un peu, beaucoup humoriste, jouant avec les mots, les concepts, avec une habileté qu'on associe d'ordinaire à Raymond Devos. Qui d'autre pourrait impunément faire rimer kir et fakir? Relater de manière aussi absurde son premier baiser, arraché à une Anglaise à qui il aurait fini par lécher les amygdales?

Le public, gagné d'avance, a facilement trouvé ses repères, chantant sur quelques pièces et répétant le mot soutien-gorge pendant l'un des contes, riant aux bonnes places, écoutant quand c'était le temps. Pourtant, Thomas Fersen est rarement sorti de son texte. Il y a eu les deux fois où sa mémoire lui a joué des tours et celles où, taquin, il a salué les efforts de sa chorale improvisée en lançant: «Pétard, quel accent!»

L'homme a également signalé qu'une enfant s'était endormie dans la première rangée, faisant mine de croire que c'était sa faute. Mais si, par hasard, elle rêvait, son souvenir de cette soirée ne sera pas différent de celui que garderont - et chériront - les heureux adultes qui l'entouraient.

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