Quand les mots triomphent de la nature

Steve Veilleux a fait honneur aux poèmes de... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Steve Veilleux a fait honneur aux poèmes de Gérald Godin à l'occasion du spectacle d'ouverture du Festival de la chanson de Tadoussac.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il a fait un sale temps jeudi à Tadoussac, à un point tel que deux des chapiteaux dressés pour le Festival de la chanson ont failli se détacher du sol pour cause de vent intense. Des blocs de ciment prêtés par la municipalité ont réglé le problème, si bien que la 33e édition a pu commencer sans anicroche.

Seule la présence de nombreux sièges vides, en début de soirée, a témoigné de l'impact qu'ont eu les éléments sur le public potentiel. L'église qui accueillait Steve Veilleux en lever de rideau, en compagnie de deux excellents musiciens, paraissait bien grande, mais pas au point d'amoindrir le plaisir procuré par son spectacle intitulé T'en souviens-tu encore, Godin?

Les poèmes de Gérald Godin ont conservé leur pouvoir d'évocation, en effet. Ils pouvaient être tendrement baveux lorsqu'adressés à sa muse, Pauline Julien, ou tendres tout court s'il était question des immigrants (Tango de Montréal) ou de ceux qu'on appelait le petit peuple (Cantouque des hypothéqués).

Les mots restent les mots, mais les musiques imaginées par Steve Veilleux leur ont conféré une autre dimension. On aurait dit que les textes avaient été écrits hier, plutôt qu'avant-hier. Le Cantouque des hypothéqués est ainsi devenu un hymne, une histoire épique, pendant que Juin 68, évoquant l'émeute du 24 juin qui avait aidé Pierre Elliott Trudeau à obtenir un mandat majoritaire, le lendemain, a été bien servi par l'interprétation du chanteur, particulièrement habitée.

On ne parle plus de ces choses, aujourd'hui, ni du sort des classes laborieuses, ni de l'indépendance du Québec, si ce n'est pour décréter que c'est rendu «out», de la même manière que la coupe Longueuil. C'est pourquoi Steve Veilleux a du mérite de s'être engagé dans un sentier aussi peu fréquenté. À l'évidence, sa foi dans le Québec est enracinée plus profondément que les chapiteaux du festival.

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