Une douce quête d'harmonie

Ann Saint-Gelais est fière des toiles qui sont... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Ann Saint-Gelais est fière des toiles qui sont accrochées à La Corniche jusqu'au 16 juin. Parmi ses préférées, elle mentionne celle-ci, intitulée Le tonnerre fait rage au-dessus du ciel.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Si on pouvait se baigner dans une toile, celles d'Ann Saint-Gelais représenteraient le moyen idéal pour réaliser cette utopie.

Celles qui sont accrochées à la galerie d'art La Corniche de Chicoutimi, jusqu'au 16 juin, donnent en effet le goût de succomber à la rêverie, de s'abandonner aux charmes d'un été qui a tant tardé à se manifester.

Le ton est résolument doux, même dans les oeuvres qui plongent tête baissée dans l'abstraction. Parfois aussi, on croit reconnaître un étang, des fleurs aquatiques. Le mot croire est approprié, puisque les 24 oeuvres créées au cours des deux dernières années sont enveloppées dans une sorte de flou cotonneux.

À l'occasion d'une entrevue réalisée jeudi dernier, à quelques heures du vernissage de son exposition, Ann Saint-Gelais a raconté qu'elle vivait au bord du Saguenay. La brume qui coiffe le cours d'eau, surtout le matin, est devenue une fidèle compagne. Pas étonnant qu'on en retrouve la trace sur ses toiles.

«Mes nouvelles oeuvres sont inspirées par la nature. Je suis impressionniste à ma manière et c'est pourquoi j'aime travailler sur la réflexion de l'eau, mailler la figuration et l'abstraction», a souligné l'artiste originaire de Chicoutimi.

Éloge du flou

Ann Saint-Gelais peint lentement. Il lui arrive de prendre un an pour compléter une toile, le temps de trouver en elle l'émotion juste, une forme de vérité que saura exprimer sa technique éprouvée. «Je suis influencée par ce que je vis, mes émotions, les perceptions que j'arrive à faire ressortir», décrit l'artiste.

Elle qui parle doucement, à la manière de ses oeuvres, assume parfaitement son parti-pris en faveur de la beauté, de l'harmonie. Il paraît que sous la surface de certains tableaux se cachent des images sombres, tristes, qui détonneraient au sein de l'exposition. C'est avec soulagement, presque, que la dame les fait disparaître.

«Il y a des moments difficiles, des choses que je ne souhaite pas montrer. Je cherche à les transcender en présentant des oeuvres lumineuses. Je sais que dans le monde de l'art, c'est à la mode de peindre des scènes atroces, des images de guerre. Ce n'est pas le souvenir que je veux laisser», explique Ann Saint-Gelais.

Chaque phase créative l'entraîne vers de nouvelles pistes et parmi celles qu'on voit se déployer à La Corniche, il y a ces reflets roses et violets qui ont trouvé leur chemin sur quelques toiles. «On dit que le rose est une couleur qui guérit. J'ai eu besoin de cette lumière cette année, peut-être pour l'apaisement», laisse-t-elle entendre.

Une autre oeuvre, la plus récente de cette fournée, pointe le doigt vers la suite des choses. «C'est la bleue avec un point rouge, Tout au fond de soi. Et juste au-dessus, il y a deux personnages un peu abstraits. Ils regardent un coeur vert, ce qui est porteur d'espoir», avance la Chicoutimienne.

Il y a quelque chose d'asiatique dans sa quête d'harmonie, ainsi qu'une dimension spirituelle énoncée à demi-mot, ce qui la rend d'autant plus éloquente. Et c'est là que revient la brume évoquée tantôt, de même que le flou, son frère jumeau. «J'ai toujours besoin d'en mettre. C'est le filtre entre moi et la peinture», reconnaît Ann Saint-Gelais.

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