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Prix Damase-Potvin: la révélation de Larry Tremblay

Porte-parole du Prix littéraire Damase-Potvin, Larry Tremblay affirme... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Porte-parole du Prix littéraire Damase-Potvin, Larry Tremblay affirme que de telles initiatives aident les écrivains en herbe à se faire confiance.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Quelques heures avant de rencontrer les lauréats du Prix littéraire Damase-Potvin, couronnés vendredi à La Baie, Larry Tremblay a remonté le cours du temps afin d'évoquer de quelle manière s'est définie sa vocation d'écrivain. Cette révélation est arrivée tôt dans sa vie.

«Enfant, je m'ennuyais parce que je voulais être un autre et me trouver ailleurs. Or, la littérature permet de voyager et c'est pourquoi j'ai beaucoup fréquenté la bibliothèque située en haut de la rue Racine, à Chicoutimi. J'aimais l'odeur des livres», a confié l'auteur de L'Orangeraie au cours d'une entrevue accordée au Quotidien.

Il ne se contentait pas de humer les ouvrages. Très vite, des préférences se sont manifestées: Gide, Proust, Sartre et Kafka. En parallèle, l'école lui a fourni maintes occasions d'écrire et de décrocher de bonnes notes. Grâce aux marques d'appréciation qui en ont résulté, il a développé une confiance en soi à laquelle sa timidité faisait écran.

«La reconnaissance, c'est important», soutient Larry Tremblay en faisant allusion au Prix Damase-Potvin, autant qu'à son parcours. Référant à l'effort consenti par les participants, il juge important de se donner des défis. C'était d'autant plus invitant que cette année, le thème était: in extremis.

«Les jeunes écrivains avaient de quoi écrire, puisque ce thème cerne bien notre époque. Il y a le climat qui s'est déréglé, les conflits ethniques, les feux de forêt et la politique qui ne va pas bien en France, ainsi qu'aux États-Unis», note le parrain du concours.

Double existence

Les oeuvres de jeunesse soumises à l'examen du jury, cette année, amènent Larry Tremblay à parler de sa première pièce, Le déclic du destin. Il avait 19 ans lorsqu'elle a pris forme sur les marches de la résidence familiale, au centre-ville de Chicoutimi. «Je ne savais pas que ça lancerait ma carrière», admet le dramaturge.

Comme il manquait d'argent, le texte a été soumis à Radio-Canada, qui en a tiré un enregistrement mettant en vedette Jean-Louis Millette, le même qui, plus tard, allait créer The Dragonfly Of Chicoutimi. Une autre adaptation a été produite par l'auteur, qui venait de fonder le Laboratoire gestuel. Elle fut jouée en Brésil et en Argentine.

Déjà, son besoin de vivre une double existence - du moins à titre professionnel - était manifeste. À la solitude du romancier devaient correspondre les penchants grégaires de l'homme de théâtre. Aujourd'hui encore, sa vie est rythmée par ces deux univers, ces deux respirations.

Il arrive également que des oeuvres l'imitent, comme c'est le cas pour L'Orangeraie. Le roman tant célébré, partout dans le monde, est devenu une pièce créée à Montréal, puis à Québec, où le Trident la présentera pour la dernière fois samedi, en présence de l'auteur. Il est aussi question d'un film, d'une coproduction avec l'Europe.

«J'ai appris la semaine passée qu'une troupe allemande voulait également présenter L'Orangeraie, mais qu'elle a renoncé à la suite des attentats de Bruxelles. Peut-être que ça se fera plus tard, quand les gens seront moins paranos. En même temps, je comprends cette réaction. Elle est humaine», énonce Larry Tremblay.

Lui-même n'a guère le temps de s'appesantir sur les misères de notre époque, puisque la fin de l'été verra apparaître deux livres portant sa signature, ainsi que de deux oeuvres théâtrales. Et on ne parle pas des voyages qui figurent à son agenda, dont celui qui, le mois prochain, le mènera à Bruxelles afin de participer à un festival.

Là encore, on touche à son rapport à l'écriture parce que chaque déplacement tend à faire surgir des idées, aide à dénouer des impasses. «Je vis la même chose avec l'eau. Plonger dans un lac, c'est aussi être en mouvement et pour moi, ça fait partie du processus de création. Je suis un écrivain physique», résume Larry Tremblay.

Six auteurs couronnés cette année

Six personnes ont été récompensées vendredi, lors d'une cérémonie tenue au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Lauréates du Prix littéraire Damase-Potvin, elles ont produit des textes ayant pour trait commun d'avoir séduit les juges, tout en correspondant au thème imposé cette année: in extremis.

Il s'agissait de la 21e édition et près de 40 textes ont été soumis à l'attention du comité organisateur. Chacun devait épouser la forme d'une nouvelle et s'étendre sur deux ou trois pages. Des bourses totalisant 3000$ ont été décernées et la plus importante, d'une valeur de 1000$, fait désormais partie du patrimoine de Carl-Keven Korb.

Il a dominé le classement dans la catégorie professionnelle avec une histoire intitulée Marlon et la mer. C'était la deuxième année seulement que le Prix littéraire Damase-Potvin tendait la main aux professionnels et justement, le nouveau lauréat a reçu une mention en 2015.

Chez les adultes âgés de 21 à 35 ans, par ailleurs, Philippe-David Gagné a hérité du premier rang grâce à Champ de glace. Léa St-Pierre-Castonguay a hérité de la deuxième place avec Le bleu de ton crayon n'est pas aussi bleu que tu l'avais espéré, tandis que Les passages secretsont permis à Julien Lavoie d'accéder à la troisième marche du podium.

Tant chez les professionnels que les adultes, la participation a été bonne, affirme le comité organisateur. En revanche, les problèmes relevés l'an dernier, au sein de la catégorie jeunesse, 15 à 20 ans, persistent. Il y a eu si peu de candidats qu'on n'a récompensé que deux auteurs, plutôt que trois.

Anouk Lefèvre a hérité du premier rang avec Notre table en terrasse, alors que Marc-Antoine Nunez s'est classé deuxième grâce à une nouvelle baptisée Ça me prend. Seront-ils les derniers lauréats dans cette catégorie? La réponse est non, ce qui ne veut pas dire que le statu quo persistera.

«C'est un problème que vivent d'autres concours littéraires et qui nous amènera à réfléchir dans les prochains mois. Nous n'abolirons pas cette catégorie, mais il faut trouver une meilleure façon de rejoindre les gens. On ne veut pas que la participation soit aussi faible pour une troisième année», indique le président du concours, Philippe Belley.

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