Des portraits bien arrangés

Dany Lefrançois et Patrick Simard sont photographiés à... (Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

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Dany Lefrançois et Patrick Simard sont photographiés à la galerie La Corniche, devant deux des portraits réalisés par ce dernier.

Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

L'exposition la plus brève de la saison a eu lieu mercredi soir, à la galerie La Corniche de Chicoutimi.

Pendant une ou deux heures, on a pu apprécier le travail de Patrick Simard, qui se définit comme un photographiste. Il a accroché 35 oeuvres amalgamant des photos et des objets dans la foulée de la campagne intitulée Se faire arranger le portrait.

L'idée est venue de la propriétaire de la galerie, Chantale Hudon, qui est aussi membre du conseil d'administration du Théâtre de la Tortue Noire. Puisque cette compagnie pratique le théâtre d'objets, pourquoi ne pas immortaliser des gens avec un objet de leur choix, en retour d'une somme de 250$?

Cette proposition semblait audacieuse lorsqu'elle a été lancée au cours de l'hiver. En s'appuyant sur le programme Mécénat Placements Culture initié par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, qui double les montants récoltés, on espérait constituer un profit de 10 000$. Au final, 15 160$ auront été amassés.

«Nous investissons beaucoup de notre passion dans la compagnie et de voir l'appui que nous accordent le conseil d'administration, ainsi que les personnes qui ont commandé un portrait, ça nous donne des ailes», a confié le directeur artistique de la Tortue Noire, Dany Lefrançois, en regardant les oeuvres accrochées à La Corniche.

Lui-même s'est prêté à l'exercice, comme sa consoeur Sara Moisan, et il est tombé sous le charme en voyant comment Patrick Simard l'a maillé à un trèfle à quatre feuilles. «Je passe l'été à en chercher et celui que j'avais apporté à la séance, qui était tout petit, fait penser à un masque posé sur mon visage», a commenté l'homme de théâtre.

Le fiscaliste François Imbeau, lui, cohabite avec une magnifique mouche témoignant de son goût pour la pêche. Celle-ci est en couleurs, alors qu'à l'origine, Patrick Simard ne devait utiliser que le noir et blanc. Pour comprendre ce qui l'a amené à changer d'idée, il suffit d'examiner la tête de Marcel Ouellet.

Grand fan de Pink Floyd, ses traits sont jumelés au célèbre triangle qui orne la pochette de l'album Dark Side Of The Moon. Sans les couleurs, ça n'aurait pas marché. «J'étais présent lors de la séance et j'ai fait jouer une pièce du groupe. Ç'a créé un beau moment», raconte Dany Lefrançois.

Certains ont préféré s'associer à des membres de leur famille, alors que d'autres, comme la consoeur Julie Larouche avec son micro, ont fait allusion au métier qu'ils pratiquent. En voyant tous ces portraits, on mesure l'ampleur du défi qu'a relevé Patrick Simard, qui a disposé de deux semaines pour livrer des oeuvres achevées. «C'est dans la continuité de ce que je fais: le graphisme et les affiches de théâtre. La différence est qu'au début de l'exercice, j'ai été paralysé par le stress. Tant de gens avaient embarqué dans le jeu et me faisaient confiance. Ils avaient déboursé un certain montant et s'attendaient à s'aimer», relate Patrick Simard.

Il pouvait enfin respirer, mercredi soir, en songeant au succès de la campagne et à l'attrait qu'exercent ses photographies. Pas étonnant que la demande ait dépassé l'offre, que des noms aient abouti sur une liste d'attente. Dans deux ans, sauf imprévu, ces personnes auront aussi le privilège de se faire arranger le portrait.

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