En spectacle à chicoutimi, mercredi

Tiken Jah Fakoly, le reggae et l'Afrique

Tiken Jah Fakoly profitera de sa première visite... (Photo courtoisie, Youri Lenquette)

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Tiken Jah Fakoly profitera de sa première visite dans la région, mercredi, pour interpréter ses classiques à lui, de même que ceux des grands du reggae jamaïcain qui sont regroupés sur son nouvel album, intitulé Racines. Il se produira à l'hôtel La Saguenéenne à compter de 20h, à l'invitation des Productions Hakim.

Photo courtoisie, Youri Lenquette

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Daniel Coté
Le Quotidien

Tiken Jah Fakoly chantera pour la première fois dans la région, le 4 mai. Il se pointera à l'hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi avec l'intention de livrer les pièces qui ont fait de lui l'un des artistes africains les plus renommés, tout en partageant son amour du reggae par l'entremise des versions regroupées sur Racines, son plus récent album.

Joint mercredi, alors que le chanteur et musicien se trouvait à Bamako, au Mali, il a expliqué comment l'idée lui est venue de reprendre les classiques de ses idoles de jeunesse, des figures de légende comme Bob Marley, Pete Tosh et Burning Spear. Ça prenait une ligne directrice qui est venue de leur filiation avec la culture africaine.

«Au début de ma carrière, je refusais de faire des reprises parce que je voulais ressembler à qui j'étais, présenter du Tiken Jah. Il y a un an, par contre, j'ai trouvé que le message de Marley dans Get Up, Stand Up demeurait actuel et j'ai utilisé des instruments traditionnels africains pour tracer un lien avec les racines du reggae», décrit-il.

Sur le disque, on entend ainsi de la kora, du balafon, du djembé et du sokou, un violon comportant une seule corde. Il faut dire que Tiken Jah Fakoly et ses musiciens avaient pris le temps d'assimiler les chansons avant d'entrer en studio, quelque chose comme six mois.

«Moi aussi, j'ai eu besoin de temps pour apprendre les textes et bien les prononcer. Je suis content de l'avoir fait avec mon accent anglais d'Africain parce que c'est bien de respecter son style», fait remarquer l'artiste originaire de la Côte d'Ivoire.

Il restait à voir si l'autre partie de l'équation, les vétérans du Studio Tuff Gong de Kingston, en Jamaïque, se sentirait interpellée. On parle de types qui ont travaillé avec Marley et Tosh, d'individus comme Sly & Robbie qui ont l'habitude de voir des étrangers débarquer chez eux pour enregistrer quelques pistes.

«Comme j'ai travaillé là-bas en 2001 et 2004, je n'étais pas intimidé à l'idée d'y retourner, note Tiken Jah Fakoly. J'ai aussi senti que les gars m'accordaient plus de respect, maintenant que je suis plus connu, et qu'ils étaient contents de jouer sur Racines. Ils se demandaient pourquoi aucun Jamaïcain n'avait pensé à faire ce genre d'album.»

Il parle de séances conviviales émaillées de flashes nostalgiques, comme la fois où Robbie Shakespeare a enregistré African, la très belle chanson de Pete Tosh. «Il m'a dit que c'était la première fois qu'il faisait cette ligne de basse depuis la création de la pièce avec Tosh», confie l'auteur de Plus rien ne m'étonne.

Lui qui est âgé de 47 ans a donc vécu des moments de grâce dont l'origine remonte à son adolescence, une période de sa vie qui a coïncidé avec la découverte du reggae. C'était loin, la Jamaïque, mais on ne pourra jamais surestimer le lien spirituel qui unissait l'île au continent, par-delà les océans.

«Bob Marley s'est toujours réclamé de l'Afrique», résume ainsi Tiken Jah Fakoly.

L'espoir: des écoles et plus d'unité

«Je suis un Africain optimiste», affirme Tiken Jah Fakoly. Sensible à ce qui se passe sur le continent qui l'a vu naître, il prend acte des conflits qui sévissent dans certaines régions, mais aussi de l'espoir que suscitent les pays où la qualité de vie des gens s'apprécie. Dans chaque cas de figure, il y a des leçons à tirer.

L'une d'elles se rapporte à l'éducation. Signe de l'intérêt que lui porte le chanteur et musicien, il a financé la construction de cinq maisons d'enseignement grâce au projet Un concert, une école. «C'est un moyen de faire passer le message. Je souhaite qu'on mette les Africains à l'école», énonce-t-il.

À ses yeux, une population instruite fera de l'Afrique une terre où la vie sera meilleure. «Il y aura moins de manipulations par les politiciens», donne en exemple Tiken Jah Fakoly. Dans le même esprit, il rêve du jour où un seul passeport sera émis sur le continent. Ça voudra dire que ses 54 pays ont décidé de marcher à l'unisson.

«Tant que nous resterons divisés, nous ne gagnerons rien, plaide l'artiste. Il y a 20 millions d'habitants en Côte d'Ivoire. Comment voulez-vous que nous nous imposions face à des puissances comme les États-Unis? Nous serons forts lorsque nous serons unis.»

Réconciliation

Tout en admettant que cet objectif pourrait ne pas se concrétiser de son vivant, l'homme de 47 ans a choisi de prêcher par l'exemple en se réconciliant avec Alpha Blondy, son célèbre compatriote. La politique les avait brouillés, mais aujourd'hui, leurs relations sont harmonieuses, à défaut d'être amicales.

«Il est important que les artistes donnent l'exemple et c'est pour cette raison qu'il faut que nous soyons vus ensemble, moi et Alpha Blondy. Nous devons montrer qu'en démocratie, tout le monde n'est pas obligé de penser pareil», avance Tiken Jah Fakoly.

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