50 nuances de l'humour

Voici un homme dévoué, le comédien Martin Larocque... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Voici un homme dévoué, le comédien Martin Larocque au moment d'exécuter - avec succès - le grand écart sous les yeux de sa partenaire Albane Chateau.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Avant même l'arrivée des comédiens, hier, le ton était donné. Une voix diffusée à l'intérieur du Théâtre du Palais municipal de La Baie a annoncé que la performance durerait... 69 minutes sans entracte. Il a ensuite été question d'objets vibrants qu'il fallait neutraliser pendant le spectacle, quitte à les utiliser plus tard.

Le public qui occupait l'essentiel du parterre, à l'invitation de Diffusion Saguenay, venait d'entrer dans l'univers coquin de 50 Shades - La parodie musicale, adaptation québécoise d'une comédie américaine inspirée du roman érotique 50 nuances de Gray. Les rires ont fusé pour la première, mais vraiment pas la dernière fois de la soirée.

En prenant pour acquis qu'il s'agit d'un pur divertissement, l'unique obligation qu'avait la troupe consistait à amuser les gens et elle s'en est acquittée sans défaillir. Les scènes ont défilé vite, alternant entre le club de lecture où le best-seller suscite un intérêt frôlant l'obsession et les aventures d'Anastassia, l'héroïne improbable.

C'est cette femme qui aboutit dans le lit de Christian Gray, comme dans le roman. Aussi léger qu'une bulle de mousseux, le personnage campé par Albane Chateau brûle de connaître les joies de l'amour physique. On comprend donc son empressement lorsqu'une amie, la sulfureuse Katherine Kavanaugh, lui demande de réaliser une entrevue à sa place.

«Il y a un trou en moi que... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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«Il y a un trou en moi que je dois remplir», a alors chanté la belle enfant. Le texte à double sens était amusant, mais pas autant que la musique, calquée sur les ballades nounounes qui pullulent dans les films de Disney. Pourquoi se limiter à une parodie lorsqu'on peut atteindre deux cibles à la fois?L'histoire atteint un degré d'absurdité supplémentaire avec l'entrée en scène du millionnaire. On est loin du «toy boy» lorsque apparaît Martin Larocque, homme au physique généreux. Il parle d'une voix onctueuse, genre George Clooney à deux heures du matin, ce qui accentue habilement le contraste avec la réalité.«Il est cruel, froid et distant. C'est mon prince charmant», chante sa proie. Même la vue de Grey dans un costume d'exercice rouge laissant voir son ventre rebondi ne l'a pas refroidie. C'est à ce moment que le comédien sans peur et sans reproche a exécuté un grand écart qui a fait écarquiller bien des paires d'yeux.Parfois, aussi, les interprètes ont franchi le quatrième mur afin d'associer le public à leurs facéties. L'un d'eux a serré la main d'une dame tout en mimant une relation torride avec Katherine Kavanaugh (Léane Labrèche-Dor), tandis que l'une des membres du club de lecture, incarnation parfaite de la misère sexuelle, a fait la cour à un homme.Dans une veine similaire, il était drôle de voir Christian et Anastassia prétendant se déplacer en hélicoptère, alors qu'ils étaient assis sur la scène, nimbés d'un cône de lumière. Quand la fille s'est sauvée en courant, «oubliant» de tomber dans le vide, on a eu une pensée pour Sol et Gobelet, les maîtres absolus du faire semblant.Il s'agissait de l'unique représentation donnée chez nous et quand les neuf interprètes ont fermé les livres avec une pièce gospel, la joie ressentie par ceux qui avaient misé sur ce 50 Shades! n'a laissé place à aucun mystère. Pendant 90 minutes, pas 69, ils se sont souvenus que l'humour et le sexe sont des partenaire merveilleusement assortis.

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Deux membres d'un club de lecture exécutent une... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.1

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Deux membres d'un club de lecture exécutent une danse avec l'équivalent d'un fantasme sur deux pattes. C'est l'une des nombreuses chorégraphies qui émaillent le spectacle 50 Shades!.

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«Il y a un trou en moi que je dois remplir», a alors chanté la belle enfant. Le texte à double sens était amusant, mais pas autant que la musique, calquée sur les ballades nounounes qui pullulent dans les films de Disney. Pourquoi se limiter à une parodie lorsqu'on peut atteindre deux cibles à la fois?

L'histoire atteint un degré d'absurdité supplémentaire avec l'entrée en scène du millionnaire. On est loin du «toy boy» lorsque apparaît Martin Larocque, homme au physique généreux. Il parle d'une voix onctueuse, genre George Clooney à deux heures du matin, ce qui accentue habilement le contraste avec la réalité.

«Il est cruel, froid et distant. C'est mon prince charmant», chante sa proie. Même la vue de Grey dans un costume d'exercice rouge laissant voir son ventre rebondi ne l'a pas refroidie. C'est à ce moment que le comédien sans peur et sans reproche a exécuté un grand écart qui a fait écarquiller bien des paires d'yeux.

Parfois, aussi, les interprètes ont franchi le quatrième mur afin d'associer le public à leurs facéties. L'un d'eux a serré la main d'une dame tout en mimant une relation torride avec Katherine Kavanaugh (Léane Labrèche-Dor), tandis que l'une des membres du club de lecture, incarnation parfaite de la misère sexuelle, a fait la cour à un homme.

Dans une veine similaire, il était drôle de voir Christian et Anastassia prétendant se déplacer en hélicoptère, alors qu'ils étaient assis sur la scène, nimbés d'un cône de lumière. Quand la fille s'est sauvée en courant, «oubliant» de tomber dans le vide, on a eu une pensée pour Sol et Gobelet, les maîtres absolus du faire semblant.

Il s'agissait de l'unique représentation donnée chez nous et quand les neuf interprètes ont fermé les livres avec une pièce gospel, la joie ressentie par ceux qui avaient misé sur ce 50 Shades! n'a laissé place à aucun mystère. Pendant 90 minutes, pas 69, ils se sont souvenus que l'humour et le sexe sont des partenaire merveilleusement assortis.

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